Les médias n’en feront certainement pas un fromage, demain, mais l’acteur et chanteur Philippe Clay vient de mourir. Voilà une bien triste nouvelle. L’animal s’était
distingué, notamment, par plusieurs chansons « anti-contestataires » peu après Mai 68, qui lui avaient valu la dignité honorifique de « chanteur de droite ». C’est notamment avec la complainte «
Mes universités » ( 1971 ), qu’il avait exprimé sa réticence à l’égard du mouvement étudiant gauchiste : « Mes
universités / C'était pas Jussieu, c'était pas Censier, c'était pas Nanterre / Mes universités / C'était le pavé, le pavé de paris, le Paris de la guerre »On lui doit également le générique de la série tv « Les brigades du tigres » ( mais si, vous savez : « M’sieur Clémenceau, etc. »), ainsi qu’une interprétation inoubliable de la chanson « Monsieur William » de Jean-Roger Caussimon et Léo Ferré. L’animal avait aussi été un acteur de Pierre Schoendoerffer…
Mini-bio :
L'interprète de "Mes Universités", chanson qui lui avait valu d'être catalogué à droite, avait joué pour la dernière fois au théâtre l'an passé dans "L'escale" de l'Autrichien Paul Hengge au La Bruyère à Paris. Son dernier film était "Là-haut" de Pierre Schoendoerffer en 2004. Enfin, il apparaissait dans la série télévisée "La commune", diffusée actuellement sur Canal+.
Outre "Mes Universités", sa chanson la plus connue, il avait notamment interprété "La complainte des apaches", générique de la série TV "Les brigades du Tigre" (musique de Claude Bolling).
Philippe Clay, né Philippe Mathevet le 7 mars 1927 à Paris, a commencé à chanter au lendemain de la guerre, après avoir remporté un concours amateur auquel l'avaient inscrit des copains au café "La colonne de la Bastille".
Avec pour tout bagage quelques leçons de comédie, il se lance dans la chanson. Mais sa carrière ne débute vraiment qu'en 1953, lorsqu'il rentre de trois ans en Afrique du Nord où, dit-il, "j'avais rodé un vrai répertoire avec quinze chansons". Il connaît son premier "tube" avec "Le noyé assassiné", chanson écrite pour lui par Charles Aznavour.
"Les voyous", "Festival d'Aubervilliers" et "Le danseur de Charleston" sont aussi des succès.
Philipe Clay promène sa longue - 1,90 m - et maigre silhouette dans les plus grands cabarets où il interprète Charles Aznavour, Claude Nougaro, Jean-Roger Caussimon, Boris Vian, Serge Gainsbourg, Jean Yanne, Léo Ferré, Jacques Datin, Jean-Claude Massoulier ou Bernard Dimey, qui sont ses amis.
Il sera balayé par la vague yéyé des années 60 mais il refait surface après Mai 68, avec quelques chansons anti-contestataires. "Mes Universités", qui oppose l'esprit de Mai 68 à celui de la Résistance, le situe clairement à droite, d'autant plus qu'il s'engage au RPR.
Pour lui, sa chanson a été "politisée". "Or +Mes Universités", c'est une chanson autobiographique. A 15 ans et demi, je suis parti me battre précisément contre le fascisme", souligne-t-il.
Artiste touche-à-tout, amateur de livres, de vieilles pierres et de bowling, Philippe Clay, marié et père d'un enfant, s'essaie également au cinéma et à la télévision, tournant dans une trentaine de films et de nombreux feuilletons et téléfilms.
Au cinéma, il est souvent abonné aux seconds rôles. Sa silhouette lui vaut cependant d'incarner Valentin le Désossé dans "French Cancan" de Jean Renoir (1955). Deux ans plus tard, il est Clopin Trouillefou, roi des voleurs, dans "Notre-Dame de Paris" de Jean Delannoy, au côté de Gina Lollobrigida et d'Anthony Quinn.
A la télévision, l'interprète de "La quarantaine" et de "Cigarettes, whisky et p'tites pépées" apparaît notamment dans le feuilleton "Le chevalier de Pardaillan" (1985), "Le Gerfaud" (1988) ou "La Grande Béké" (1998).
Mais c'est la scène qui, dit-il, lui procure "le plus de plaisir". Don Quichotte (1966), Monte-Christo (1975), "Le barbier de Séville" (1988), "L'aiglon" (1993) ou "Visites à Mister Green" (2001) témoignent de l'éclectisme et de la vitalité d'un artiste qui aimait cependant se dire d'"une fainéantise maladive".
(source de la bio : afp )
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par Apocoloquintose
publié dans :
Musique

Alors que l’Afghanistan est encore à feu et à sang, déchiré par des attentats quotidiens, le mythique cinéaste et romancier Pierre Schoendoerffer a rendu une visite de courtoisie aux « paras » français qui sont actuellement en opération sur place, dans le cadre de l’ISAF.
C’était un retour aux sources, pour le vieux « Crabe » après le film « La passe du diable » qu’il a réalisé sur place, avec Joseph Kessel, au milieu des années 50… Compte-rendu de cette visite et analyse.
(Texte publié initialement sur le blog de Jérôme Di Costanzo. )
par François-Xavier Ajavon (1)
Une information importante, et émouvante, est passée presque inaperçue. Il y a quelques semaines, au début du mois de septembre, le romancier et cinéaste Pierre Schoendoerffer, 79 ans, a accompagné un régiment de l’armée française opérant en Afghanistan. L’événement, a fait l’objet d’une longue dépêche AFP le 15 septembre dernier, intitulée : « Pierre Schoendoerffer à Kaboul 50 ans plus tard avec son ancien régiment »(2) mais elle n’a été reprise par aucun grand média. Puis le 8 novembre Schoendoerffer a signé dans le Figaro une belle tribune : « A Kaboul avec les paras du 1er RCP ». L’évènement n’a pas eu plus d’écho que cela : une dépêche et une tribune de presse. Etonnant. C’était pourtant comme un retour aux sources, un pèlerinage en terre Sainte, un exil au berceau, pour le célèbre réalisateur, membre de l’Institut. On semble souvent oublier que l’auteur du « Crabe Tambour » a débuté sa carrière, en fanfare, dans l’ombre de Joseph Kessel, en co-réalisant le film « La passe du diable » ( 1956 ), un long-métrage documentaire sur l’Afghanistan.
Inutile de souligner ici ce que cette visite en terre afghane peut avoir de particulièrement symbolique, cinquante ans après la sortie de ce film… si Schoendoerffer n’a pas changé ( à peine quelques rides… ), si son film n’a pas trop mal vieilli (3), le pays a connu bon nombre de bouleversements, d’innombrables crises, et d’incessants combats dans ce laps de temps. En cinquante ans de solitude le visage de l’Afghanistan s’est complètement métamorphosé. Triste métamorphose, qui a mis le pays à terre.
« La Passe du diable », dont le scénario et la narration sont signés Kessel, est un portrait vivant et percutant du peuple Afghan. C’est un documentaire « romancé », mêlant séquences « mises en scène », organisées, écrites, et séquences spontanées, prises sur le vif. Au cœur de ce portrait filmé d’un peuple, il y a le sport, éternel liant universel entre les hommes. « La passe du diable » décrit l’entraînement âpre et viril de cavaliers préparant le grand tournoi royal de bouzkachi, se tenant à Kaboul. Pratique sportive ancestrale, le bouzkachi oppose des cavaliers devant se saisir de la carcasse d’un bélier et la déposer dans une zone matérialisée au sol. Un jeu violent et authentique, plein d’histoire et de noblesse, bien loin d’un quelconque folklore pour touristes. Dans « La Passe du diable », Schoendoerffer filme surtout le destin tragique de deux frères, issus d’un village reculé d’Afghanistan : le grand frère, Mokkhi, un émérite cavalier, un « tchopendoz », préparant le tournoi de bouzkachi, et son petit frère, Rahim, rêvant de devenir lui-même un « tchopendoz » et rejoignant clandestinement la capitale pour assister à l’événement royal. Le destin faisant toujours mal les choses ( et l’Afghanistan semble être un théâtre idéal pour que les destins les plus tragiques s’accomplissent ), le petit Rahim meurt accidentellement sous les sabots du cheval de son frère, alors que ce dernier sort victorieux de la mêlée furieuse.
Cavaliers afghans
Accompagnant les hommes du 1er Régiment de chasseurs parachutistes ( opérant en Afghanistan dans le cadre de la Force Internationale d’assistance à la sécurité ISAF/Otan ), Schoendoerffer a évoqué sa nostalgie d’un pays jadis rayonnant et voluptueux, qu’il a connu au moment du tournage de ce film. Le Colonel Collet, commandant le 1er RCP, évoque sa rencontre avec le réalisateur : « Il nous a raconté un pays dont la culture était à l’époque encore très présente, très palpable. Ne serait-ce que dans les vestiges qu’il en restait un peu partout, mais qui malheureusement pour nous ont totalement disparu. » Que reste t-il de cette profondeur historique ? De cette épaisseur esthétique ? Plus grand-chose… Schoendoerffer fait référence au plateau du Bamiyan et aux bouddhas géants, taillés à flanc de montagne, détruits par les talibans en 2001. Dans le Figaro le cinéaste évoque le souvenir du patrimoine culturel afghan : « O la cuvette de Kaboul dans la poussière de sable rose ! Maymana au farouche cavalier tchopendoz du bouzkachi, Mazar-e Charif la sainte, Balkh, détruite comme Carthage, Kondôz, Faïzâbâd, les ruines de la ville rouge. Bamiyan, aux deux immenses bouddhas presque intacts. » (4) Un peuple qui détruit son patrimoine n’a plus aucun avenir. Et même Paris n’avait pas brûlé à la fin de la seconde guerre mondiale… L’Afghanistan n’aura mis que quelques années à s’autodétruire complètement, à s’automutiler jusqu’à la mort, à s’effacer de la carte géopolitique du monde.
« La passe du diable » est donc un témoignage saisissant sur un Afghanistan idéal, primitif, rural, et anti-moderne. En deux mots, le paysage onirique dans lequel Kessel et Schoendoerffer plongent les spectateurs relève de la mythologie. Et la mythologie d’un peuple en particulier, au-delà de la couche de folklore, de pittoresque, d’anecdotes inessentielles, de bavardages, révèle tout ce qu’il faut connaître d’universel sur l’homme. Les nobles cavaliers de la « Passe du diable » ont cette particularité de vivre avec une cruelle authenticité toute la palette des sentiments humains… ils vivent dans un monde où le sport est une puissante confrontation, ils vivent dans un monde où la douleur est une anti-chambre de la mort ; ils vivent dans un monde où l’honneur est un engagement absolu devant soi-même et les siens ; ils vivent dans un monde - sans profit - où la culture du clan n’offre pas d’alternatives ; ils vivent aussi, dans un monde où la liberté se traduit jusque dans les paysages. Ces cavaliers à la noblesse antique – descendants de Gengis Khan (5) - ne sont pas des surhommes dans l’esprit de Kessel, mais ce sont les visages radieux d’une anti-modernité enracinée.
Il y a une histoire d’amour entre Kessel et l’Afghanistan, une histoire passionnelle qui s’étirera sur quelques livres, de nombreux articles, et le film « La Passe du Diable ». Depuis son reportage « Le jeu du roi » ( récit de voyage de 1965 ), jusqu’aux « Cavaliers » ( 1967 : vaste épopée reprenant le thème du tournoi de bouzkachi ), en passant par plusieurs participations à des films documentaires, notamment pour la télévision, Kessel a souvent fait le portrait de ces hommes d’Asie centrale, qui le fascinaient tant.

Joseph Kessel ( à gauche )
La rencontre entre Schoendoerffer et Kessel relève aussi du roman : « C’est dans une fumerie de Kowloon que Schoendoerffer raconta à Kessel son expérience indochinoise, la guerre, la découverte du monde, la captivité, les tentatives d’évasion » rapporte Yves Courrière dans sa biographie de Kessel (6). C’est dans ce contexte que le jeune Schoendoerffer raconta au vieux « lion » que le livre « Fortune carrée » ( 1932 ) avait été une révélation pour lui. L’amitié entre les deux hommes était scellée. Le cinéaste écrit dans le Figaro : « Il y a plus d'un demi-siècle (…) je rencontre Joseph Kessel à Hongkong. Kessel, le géant, dont les livres (ah ! Fortune carrée) ont bouleversé mon adolescence - qui me bouleversent encore aujourd'hui. » (7)
Quand le projet de « La Passe du diable » mûrit dans l’esprit de Kessel, l’écrivain imposa alors son jeune ami en tant que metteur en scène. Le producteur Georges de Beauregard, alors âgé d’une trentaine d’années s’enthousiasma immédiatement pour ce projet de docu-fiction lyrique sur l’Afghanistan (8). Yves Courrière indique : « Kessel le connaissait à peine mais comme il savait rire et bien boire – qualités essentielles à ses yeux – il le jugea seul capable de l’aider à réaliser un documentaire pour lequel il avait déjà l’opérateur rêvé : Pierre Schoendoerffer » (9). L’aventure était pourtant risquée : le metteur en scène, Schoendoerffer, n’avait jamais réalisé de long-métrages et était issu du reportage d’actualité ; et le chef opérateur, Raoul Coutard, était un jeune photographe qui n’avait eu aucun contact physique avec une caméra… Schoendoerffer deviendra l’un des plus grands cinéastes de sa génération, et Raoul Coutard deviendra l’un des principaux « chef’op » de la « Nouvelle vague ». Le Centre national de la cinématographie française, co-financeur du projet, fut plus difficile à convaincre que Georges de Beauregard : Jacques Dupont, réalisateur diplômé de l’IDHEC fut greffé au projet, en gage de sérieux. Yves Courrière raconte la fête démentielle que Kessel offrit à l’équipe de son film, à la veille de son départ pour Kaboul : « Rien ne valait la vodka pour souder une équipe… et pour oublier l’angoisse (…) de l’interminable itinéraire emprunté par le Constellation d’Air India pour rallier New-Delhi par Genève, Athènes, Khartoum et Karachi » (10).
Le destin du film fut comme frappé par une malédiction : « Le résultat sera superbe… mais bien peu de cinéphiles auront le loisir d’en juger. Beauregard, en difficulté, avait cédé ses droits à une major company américaine qui avait épongé les dettes sans autre garantie. ‘La Passe du diable’ sortira, vierge de toute publicité, le 21 mai 1958, dans une seule salle des Champs-Elysées, et faute de spectateurs sera retirée de l’affiche au bout de quinze jours. » (11). Et Yves Courrière, biographe de Kessel, de chercher des explications logiques à cette désaffection du public : une France morne vivant la fin de la IV ème République, le vote de l’état d’urgence par l’Assemblée, la crise algérienne, etc… « La France se souciait plus des complots d’Alger que des splendeurs de l’Afghanistan » (12). Dix ans plus tard Kessel tenta de relancer le film, en organisant des projections au cinéma Publicis, mais l’immeuble du Drugstore Champs-Elysées fut détruit par les flammes peu de temps après. Une sorte de malédiction s’acharna donc sur ce film, qui reste encore à découvrir pour la plupart des amateurs de cinéma français (13)…
L’expérience cinématographique de Kessel et Schoendoerffer, dans « La Passe du diable », visait à « donner à voir » un pays tel que l’Afghanistan à travers le prisme de l’épopée humaine. A mille lieux des documentaires « ethnologiques » qui sont à présent légion sur tous nos écrans, et qui prétendent comprendre des groupes humains en les disséquant à travers un regard clinique, « La Passe du diable » ne prétend à rien d’autre qu’à saisir l’homme, l’homme éternel et universel derrière le masque du cavalier afghan. Antique cavalier afghan de fantasmes, occupé à ses violents combats de Bouzkachi, et ignorant le reste du monde, sans toutefois le mépriser.
Si l’histoire de l’Afghanistan ressemble à un cadavre exquis surréaliste, triste agrégat de maints épisodes syncopés, révolution et contre-révolution, république et monarchie, c’est en 1978, avec l’invasion du pays par les troupes soviétiques, que la région sombre dans le chaos. S’en suivront dix ans de guerre, qui épuiseront cette grande malade qu’était déjà l’URSS, et qui laisseront l’Afghanistan exsangue.
Evidemment la figure de Massoud, commandant de l’Alliance du nord, dont l’assassinat en 2001 marqua le début d’un cycle international de perturbations guerrières entre le monde arabe et l’occident, s’impose dans cette sombre histoire. Massoud l’Afghan. Massoud le résistant. Il n’est, cependant, que l’ombre de l’ombre des « cavaliers » de Kessel. Partageant leur noblesse, certes, mais partageant aussi la faiblesse et la médiocrité de notre temps. ( A t-on idée de se faire tuer par une caméra de télévision piégée ? N’est-ce pas là le destin d’une icône médiatique ?) Ce sont bientôt les talibans islamistes qui s’installent au pouvoir, et imposent aux populations leurs fanatiques dictats religieux et politiques. La suite est connue, elle est dans tous les livres : l’attentat contre les Twin-towers, et la libération de l’Afghanistan par les troupes US. Depuis le peuple est libre, mais la guerre civile fait rage… chaque semaine des dizaines de personnes sont tuées dans des attentats permanents, et le sentiment anti-occidental, tel un cancer, progresse incontestablement.
On comprend mieux le sentiment de désarroi de Schoendoerffer, revenant à Kaboul avec le 1er RCP. L’Afghanistan qu’il avait voulu montrer, avec Kessel, est aussi détruit que les grands Bouddhas des montagnes, aussi ravagé que les temples antiques réduits en poussière dans la vallée du Panshir… Si Schoendoerffer et Kessel évoquaient avec honnêteté les femmes musulmanes voilées, dans « La Passe du diable », et leur insupportable mise à l’écart de la société des hommes, ils étaient sans doute assez loin de s’imaginer les ravages qu’a pu faire l’islamisme, en quelques années, à un pays déjà terrassé par la guerre. Il faut peu de choses pour mettre fin au règne d’une aristocratie de « cavaliers » des montagnes… il faut bien peu de choses... un prophète suffit.
Ces cinquante ans de solitude font résonner en nous ce proverbe afghan : « Notre passé est sinistre, Notre présent est invivable, Heureusement, nous n'avons pas d'avenir. »
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Visuel en haut à gauche : affiche originale du film "La Passe du diable"
Notes
1 L’auteur a écrit, à propos de l’œuvre de Pierre Schoendoerfer, l’article : « Crabe Tambour : trouver l’homme au bout de l’océan » dans la Revue de Défense Nationale, de décembre 2007.
2 Ecrite par Béatrice Khadige.
3 A l’image de toute la première partie de son œuvre, dont le remarquable et méconnu « Pêcheur d’Islande », 1958.
4 Pierre Schoendoerffer « A Kaboul avec les paras du 1er RCP », Le Figaro, 8 novembre 2007
5 A propos de son film Kessel écrira dans France Soir le reportage titré avec espièglerie : « J’ai fait tourner les fils de Gengis Khan » ( France Soir, du 3 au 19 décembre 1957 ).
6 Yves Courrière, Joseph Kessel ou Sur la piste du lion, Plon, p. 704.
7 Ibid.
8 Georges de Beauregard produira ensuite la quasi-totalité des films de Pierre Schoendoerffer, dont quelques grands succès dont « 317ème Section », « Le Crabe Tambour » et « Dien Bien Phu ».
9 Ibid. p. 710
10 Ibid. p. 712.
11 Ibid. p. 740
12 Ibid.
13 Il a été rendu accessible au grand public par le site de Video on demand de MK2 : www.mk2vod.com
par Apocoloquintose
publié dans :
Cinéma
Mais que font Josiane Balasko et Carole Bouquet face à un tel scandale ? Il arrive parfois que l'AFP nous amuse...

La police française chasse les "sans papiers"
©AFP Général - Mardi 4 Décembre 2007 - 20:24 - Heure Paris (363 mots)
Animaux-cirque-insolite
Un hippopotame sans papiers envoyé en Afrique du Sud
Aldo, un jeune hippopotame de 13 ans né en France et détenu illégalement par un cirque du Gard, a été remis mardi à la Fondation 30 Millions d'Amis avant son transfert vers une réserve d'Afrique du Sud, a constaté un journaliste de l'AFP.
Serge Landri, directeur du cirque de Venise, anciennement cirque de Monaco, n'a jamais obtenu les certificats de capacité que la préfecture du Gard, dont le cirque dépend, aurait dû lui délivrer pour posséder légalement un tel animal sur le sol français.
La préfecture estimait que les conditions de détention de l'hippopotame ne respectaient pas ses besoins physiologiques. Le tribunal de grande instance de Valence lui a donné raison en mars.
Le transfert de l'animal, né au parc zoologique de Maubeuge (Nord), a eu lieu à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) entre la famille Landri et la Fondation 30 Millions d'Amis, qui finance le transfert de l'animal vers le sanctuaire de Sanwilde Wildlife dans le parc Kruger en Afrique du Sud, où il évoluera en semi-liberté après une période de quarantaine.
Sous contrôle vétérinaire, l'animal doit être acheminé par camion à Amsterdam (Pays-Bas) par une société belge spécialisée dans le transport d'animaux exotiques. De là, il prendra l'avion, jeudi, pour Johannesburg. Le coût total de l'opération est de 40.000 euros.
Après trois ans de procédure entre la famille et la préfecture, le jugement définitif de l'affaire sera rendu le 18 décembre. Serge Landri encoure une amende pour détention illicite d'une espèce non domestique protégée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).
Jean-François Legueulle, délégué général de la Fondation 30 Millions d'Amis, présent lors du transfert, espère que "cette histoire servira de base à d'autres sauvetages" d'animaux.
bur-ppy/DS
Animaux-cirque-insolite
Un hippopotame sans papiers envoyé en Afrique du Sud
Aldo, un jeune hippopotame de 13 ans né en France et détenu illégalement par un cirque du Gard, a été remis mardi à la Fondation 30 Millions d'Amis avant son transfert vers une réserve d'Afrique du Sud, a constaté un journaliste de l'AFP.
Serge Landri, directeur du cirque de Venise, anciennement cirque de Monaco, n'a jamais obtenu les certificats de capacité que la préfecture du Gard, dont le cirque dépend, aurait dû lui délivrer pour posséder légalement un tel animal sur le sol français.
La préfecture estimait que les conditions de détention de l'hippopotame ne respectaient pas ses besoins physiologiques. Le tribunal de grande instance de Valence lui a donné raison en mars.
Le transfert de l'animal, né au parc zoologique de Maubeuge (Nord), a eu lieu à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) entre la famille Landri et la Fondation 30 Millions d'Amis, qui finance le transfert de l'animal vers le sanctuaire de Sanwilde Wildlife dans le parc Kruger en Afrique du Sud, où il évoluera en semi-liberté après une période de quarantaine.
Sous contrôle vétérinaire, l'animal doit être acheminé par camion à Amsterdam (Pays-Bas) par une société belge spécialisée dans le transport d'animaux exotiques. De là, il prendra l'avion, jeudi, pour Johannesburg. Le coût total de l'opération est de 40.000 euros.
Après trois ans de procédure entre la famille et la préfecture, le jugement définitif de l'affaire sera rendu le 18 décembre. Serge Landri encoure une amende pour détention illicite d'une espèce non domestique protégée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).
Jean-François Legueulle, délégué général de la Fondation 30 Millions d'Amis, présent lors du transfert, espère que "cette histoire servira de base à d'autres sauvetages" d'animaux.
bur-ppy/DS
Hippopotame égyptien (vers 1820 avant J.-C.)
par Apocoloquintose
publié dans :
polemique pure
La chasse aux
musiciens de droite est ouverte. C’est parti pour la chasse aux sorcières ! C’est parti pour la chasse aux Snark ! Qu’on se le dise ! On savait déjà que les Rita Mitsouko étaient passés, il y a quelques semaines, devant le grand tribunal du « Bien », et avaient du répondre dans l’hebdomadaire
Marianne de plusieurs chefs d’inculpation tels que : anti-communisme, sympathie sarkozyste passive, crainte des intégrismes religieux, amitié pour Maurice G. Dantec, etc. mais la fête
n’est pas finie.L’opération de purification politique de l’aristocratie du spectacle n’est pas terminée. La manœuvre de liquidation des miasmes anti-progressistes est en cours. Le remplacement de toutes les piquantes individualités politiques et philosophiques, par un monde d’« intermittents du spectacle » dominants, homogènes et obéissants, n’est pas achevé. Quelques boulons doivent être encore resserrés.
Le grand « Show », fébrile et permanent, tonitruant et médiatique, qui soutient habituellement les artistes, n’hésite pas à les dévorer quand l’occasion se présente. Le grand Moloch médiatique, « saturne africain », le bel Ba’al Hammon à carte de presse, réclame sa pitance sacrificielle. Le dieu cosmique carthaginois des réseaux d’information veut de la chair fraîche, du rocker culte, du guitariste virtuose, du chanteur glamour… Il en veut toujours plus. Toujours ! Toujours ! Un jour, quoi qu’il arrive, il veut détruire, avaler, ravaler, reprendre ce qu’il a construit…
Fred Chichin, des Rita Mitsouko, nous a quitté la semaine dernière, mais la presse française a trouvé dès ce week-end une nouvelle cible « rock n’roll » à diaboliser : le formidable chanteur britannique Morrissey, ex-leader du groupe culte « The Smiths », et maître à penser glam de toute une génération.
L’excellent webzine de gauche Rue89.com, qui est en général une source d’information particulièrement intéressante, nous livre ce samedi un article dissonant qui règle son compte de manière un peu expéditive, et sans plus d’enquête, au chanteur Morrissey : "Pour Morrissey, l'Angleterre est "submergée" par les étrangers".

"Morrissey" en mode "pieds de poule" et "studio harcourt"
Les objets du délit ? Morrissey a donné une interview téléphonique au célèbre magazine britannique « NME » ( New musical express ), dans laquelle il tient des propos particulièrement « limites », à la marge de la xénophobie, sur la question de l’immigration en Grande-Bretagne. Pierre Rouchaléou de Rue89 écrit : "(Morrissey) s’est engagé dans un chemin bourbeux, en déclarant (…) que l’identité britannique est menacée de disparaître, le Royaume-Uni étant "submergé" par les étrangers." Le chanteur déclarant notamment que : « (…) plus l'afflux d’étrangers est en hausse en Angleterre et plus l'identité britannique disparaît. ».
Vivant entre Los Angeles et Rome, Morrissey n’est plus directement concerné par la situation migratoire britannique, dont il s’est éloigné. Il a notamment coupé le lien avec Leicester "première ville du Royaume-Uni où les Blancs sont en minorité" comme le rappelle malicieusement l’article de Rue89. Morrissey, échaudé, déclare au magazine anglais NME : "Si vous voyagez en Allemagne, c'est toujours absolument l'Allemagne. Si vous voyagez en Suède, celle-ci a toujours une identité suédoise. Mais si vous voyagez en Angleterre, vous n'aurez aucune idée où vous êtes."
Tiens, il ne parle pas de la Frnace… Poussières de xénophobie ? Traces ? Certainement. Et on le regrette, parce qu’on l’adore « Moz »… Mais « racisme » ? Certainement pas. Nulle part, dans la presse ou sur le web, Morrissey n’a fait état de son allégeance à des théories raciales. Quoi d’autre ? Crainte paranoïde face au visage « hyper-tolérant », « ultra-diversifié » et « super-ouvert » que la Grande-Bretagne a choisi de se donner depuis quelques années, et qui a notamment conduit au scandale du « Londonistan » ?
Avec une mauvaise foi exemplaire ( et un brin d’humour qui me fait quand même aimer Rue89… pardonnez-moi… ), l’auteur de l’article contre-argumente faiblement : « Lors de mon dernier séjour Outre-Manche, on conduisait toujours à gauche sur l’Albert Bridge peint en blanc et rose, et les toasts, sandwichs, cheddar, puddings, fudge du "five o’clock tea" au Berners Hotel à Londres étaient toujours, comment dire, plus ou moins inspirés. Mind the gap ! ».
« Mind the gap » : fameuse inscription jaune – mythique - sur les quais des stations de métro londoniennes, informant de la proximité des rails… « Attention à la bordure du quai », « Attention danger ». « Attention Morrissey, tu deviens ‘limite’ » ? On aime bien l’approche du journaliste, mais on aimerait de la part du journaliste plus d’honnêteté. Loin de moi l’ambition de justifier les propos de Morrissey, que je trouve globalement assez regrettables ( ne serait-ce que par le tort que cela va encore lui causer… ), mais il faut tenter de comprendre ce qu’est devenue la Grande-Bretagne depuis quelques années… Il faut tenter d’approcher de l’esprit les prêcheurs radicaux musulmans, faisant l'apologie ( voilée, ou non… ) des attentats du 11 septembre 2001, à la Mosquée de Finsbury Park… Finsbury Park, tentez de vous approcher… Il faut tenter de le pénétrer ce « Londonistan » inquiétant, avec ses fidèles radicaux…. trop longtemps tolérés par les autorités britanniques, et dont certains fidèles seraient tombés dans la clandestinité au cours des années 2003-2005, peu avant les attentats du 7 juillet 2005 à Londres. Cela n’excuse en rien la xénophobie « téléphonique » de Morrissey, mais cela apporte des éléments de contexte au dossier…

"Une cravate est une corde au cou" ( Malraux )
On s’étonne de la conclusion de l’article du magazine britannique : « Si Morrissey fut jadis la voix d’une génération, aujourd’hui, elle ne l’est plus pour nous »… signe de la political correctness du NME ou de la méconnaissance de Morrissey par le journaliste ? En réalité cela fait des années que l’on accuse Morrissey de faire de la provocation subversive sur le thème de l’apologie de l’identité britannique… dans « National Front Disco » ( album « Your Arsenal », 1992, EMI ) il avait déjà provoqué l’indignation, en chantant « England for the English ! » ( dans une chanson évoquant le parcours de jeunes britanniques désespérés « finissant » au National Front et dans le hooliganisme ) ; Morrissey avait également choqué avec « Bengali in Platforms » ( album « Viva Hate », 1988, EMI ) à propos de l’immigration pakistanaise. Qui saura faire la part des choses entre provocation subversive ( dans un temps de tolérance absolu ) et adhésion sincère au nationalisme U.K ?
On reproche même au chanteur, ça et là, d’apparaître parfois sur scène enveloppé dans le drapeau britannique, l’Union Jack…on croit rêver… en furetant un peu sur le web on découvre que l’un des sites du Nouvel Observateur, Obstyles ( le portail des nouvelles tendances ), n’hésite pas à écrire : « (Morrissey) a toujours été proche de l’idéologie du mouvement skinhead, n’hésitant pas à apparaître lors de ses concerts enveloppé dans le drapeau Union Jack, symbole des nationalistes. » Diantre. Voilà « Moz » skinhead ( Ces quatre ou cinq dingues aux crânes rasés qui sillonnent l’Île-de-France ? Vraiment ? ), et l’Union Jack devenu un symbole fasciste… Peut-être est-ce là le crime intellectuel d’une jeune stagiaire de l’Obs... mais on ne saurait tout de même lui pardonner… et le drapeau français est-il devenu un symbole pétainiste ? Vraiment ? Aïe… j’ai mail à mon cerveau…
On ne saurait effacer, à l’aune de ces différents éléments contradictoires et discordants, la dimension essentielle des chansons de Morrissey et des Smiths dans l’histoire de la pop musique actuelle. Rien ne saurait effacer : « The Queen is dead », « Maladjusted », « Driving your girlfriend home », « Angel, angel, down we go together », « Piccadilly Palare », « Speedway », etc., etc., etc,...
On se délectera aussi de l’addenda qui a été prudemment mis en ligne, dès le lendemain de la publication de cet article par Rue89 : « Mise a jour 1 Dec 07 Morrissey a porté plainte contre le magazine NME pour diffamation. Les avocats de Morrissey ont publié une mise au point sur le site www.true-to-you.net ».
Dont acte.
Alors simple xénophobie…. xénophobie « téléphonique » ? Passagère ? Injustifiée ? Simple accident d’interview ? Simple inadvertance idéologique ? Appel trop tardif ? Appel au saut du lit ? Habituelles techniques journalistiques de piégeage ? Guet-apens en bonne et due forme ? On repense au texte de la sublime chanson « Speedway » : « I’ve always been true to you…in my own strange way… I’ve always been true to you… in my own sick way… I’ll always stay true to you… ». Je serai toujours honnête avec vous…
Jusqu’où ira la chasse aux vieux Snark, délicieusement réacs et glamours, du « Rock n’Roll » mondial ? Qui sera la prochaine victime pop-culturelle de la néo-inquisition
politique des médias ? Quel innocent ? Mick ? Paul Mac’Ca’ ? Elton ? La chasse aux musiciens de droite est ouverte. C’est parti pour la chasse aux sorcières ! C’est parti pour la chasse aux
Snark ! Qu’on se le dise !
La fête n’est pas terminée ! Le procès est à venir ! Les procès sont à venir… et que – par pitié – pendant que les très dignes et brillants lawers britanniques engrangent leurs honoraires, le « rock » ne cesse pas de se faire, surtout pas… right side/left side… le rock n’a pas besoin d’avocats, ni d’inquisiteurs syndiqués, fussent-ils « Maladjusted », ni même de chasseurs de Snark, ou de têtes, curieux ou malsains… le rock réclame un peu de silence médiatique à présent. Le grand « Show » a besoin de se régénérer en silence, en neutralité, en discrétion…. dans l’écho d’un silence, ou dans l’ombre de l’ombre de géants tels que Morrissey…
La fête n’est pas terminée ! Le procès est à venir ! Les procès sont à venir… et que – par pitié – pendant que les très dignes et brillants lawers britanniques engrangent leurs honoraires, le « rock » ne cesse pas de se faire, surtout pas… right side/left side… le rock n’a pas besoin d’avocats, ni d’inquisiteurs syndiqués, fussent-ils « Maladjusted », ni même de chasseurs de Snark, ou de têtes, curieux ou malsains… le rock réclame un peu de silence médiatique à présent. Le grand « Show » a besoin de se régénérer en silence, en neutralité, en discrétion…. dans l’écho d’un silence, ou dans l’ombre de l’ombre de géants tels que Morrissey…
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PS : en haut à gauche de cet article, c'est Jean Marais qui est face contre terre, la tronche dans l'eau, sous l'oeil photographique de Jean Cocteau... et alors ?
par Apocoloquintose
publié dans :
Musique


