
Marine à gauche, Jean-Marie, à droite...
Serge Gainsbourg ( propos rapportés par Gilles Verlant ) :

Il m’est arrivé une histoire hallucinante après le « Jeu de la vérité ». Je sors dans les boîtes. Arrive une jeune-fille assez jolie qui se met à ma table et se colle à moi en m’accablant de compliments. Elle me raconte que son père a adoré l’émission, en particulier l’histoire du petit immigré que j’ai raconté à la première personne : Je vais voir Mitterrand et je lui demande « Combien vous me donnez pour que j’me casse ? ». Il m’répond : « Dix briques ! »

Marine Le Pen
J’vais voir Raymond Barre, même question, il me propose 50 briques. Chirac me répond 750.000 balles. Puis j’vais voir Le Pen : « Combien vous m’donnez pour que je me tire ? – Il me répondit… Cinq minutes ! »

Serge, dans un bar...
« Mon père était plié en deux » me dit la fille, puis elle continua à me cirer les pompes. Je finis par lui demander : « Mais qui c’est votre père ? » …
Et bien c’était la fille de Le Pen…
Les « Post-Homerica »
de Quintus de Smyrne
( Ou le féminisme pris à son propre piège )
Dans la série « Les livres que vous n’avez pas lu » ( et tant mieux ).
Il faut être honnête, la « Suite d’Homère » de Quintus de Smyrne (Κόϊντος Σμυρναiος ) ce n’est pas vraiment la Grèce antique… on a retrouvé les parchemins en Calabre, dans un codex qui regroupait aussi des textes de Collouthos. La Calabre c’est tout au sud de l’Italie, face à la Méditerranée flamboyante. Et Quintus écrivait au III ème ou IV ème siècle de notre ère.

Papyrus grec.
Le chant I est particulièrement instructif. Dans une séquence très célèbre on y voit la superbe reine Amazone Penthésilée défier fièrement Ajax, et sa bande de boys dégénérés en costume d’argent. L’outrageante Penthésilée avance d’abord au devant des preux guerriers homériques pour les défier :
« Approchez donc au travers de la mêlée, que vous appreniez quelle force gonfle la poitrine des Amazones. Ma race, autant que la vôtre, est vouée à Arès ; mais ce n’est pas un mortel qui m’a donné le jour, c’est Arès en personne, que jamais ne lasse la huée de la guerre ».

Ajax versus Penthésilée par Henry Chapront (1928)
Tout le reste est à l’avenant. Penthésilée est une authentique « super-nana » à la mode féministe contemporaine, du genre qui ne va pas se laisser faire sous les coups de boutoirs phallocrates et misogynes de la société moderne. Elle avise, elle tente de dominer, avec les moyens du bord.
Evidemment les pantins sauvages d’Ajax se moquent d’elle, ils se moquent de son impuissance, de sa faiblesse de femme esseulée face à la bêtise des mâles en meute, de son arrogance, et de sa mort prochaine… Cependant Penthésilée ose attaquer Ajax : sa lance frappe sa jambière d’argent, sans effet aucun. Même pas mal.

Ajax versus Penthésilée. Représentation sur un vase grec.
En tant que représentante des Amazones Penthésilée a tenté de faire valoir la supériorité de son peuple de femmes sur les hommes, mais sa volonté s’est brisée sur les jambières d’Ajax. Ce dernier ne tarde pas, d’ailleurs, dans le splendide récit de Quintus de Smyrne, à imposer les règles d’un rapport de force authentique : lui et ses amis sont les descendants en ligne directe de Cronos, et ils ne vont pas se laisser emmerder par un gang approximatif de nanas privées de leur poney par leur papa…
« Femme, c’est bien en vain que tu prenais plaisir à braver, quand l’envie de combattre t’a portée contre nous, qui sommes sur cette terre, et de loin, les premiers des héros ».
La suite va de soi… après de nombreux reproches, Ajax lance son javelot mortel et furieux contre la gracieuse et douce Penthésilée… la lance transperce le cheval de la reine des Amazones avant de la frapper sous le sein droit…
« Du premier coup, il blesse la guerrière Penthésilée au-dessus du sein droit. Son sang noir gicle à flots : la force de ses membres se brise net : la grande hache lui glisse de la main, la nuit embrume ses yeux et la douleur pénètre jusqu’au diaphragme… ».
Pas sérieuse la super-nana…
« Ajax retira sa pique, le fils de Pelée. Du corps du cheval rapide et de la malheureuse Penthésilée. Tous deux palpitèrent une dernière fois, victime du même coup. Ajax lui arracha son casque semblable aux rayons du soleil ou aux éclairs du Dieu tonnant. Et la fille resta rejetée dans la poussière et dans le sang. Son beau visage brillait encore d’un éclat fait pour l’amour. Encore qu’elle fût morte, et les Grecs qui étaient là tout autour étaient frappés d’admiration, car elle était pareille aux déesses… Et tous souhaitaient quand ils retourneraient chez eux de trouver les caresses, dans leur lit, d’une femme qui fût aussi belle que celle-là. Et Ajax lui-même, au fond du cœur sentit la peine soudaine qui était là, parce qu’il l’avait tué et qu’il aurait pu l’emmener comme femme, dans sa Patrie aux beaux chevaux, cette grande fille délectable, sans un défaut. »
On ne sait jamais quand saisir sa chance avec les femmes…

En mai 1959, pour fêter son 500ème numéro, la fameuse revue « Science & Vie » proposait à ses lecteurs un récit de prospective titré « La vie en l’an 2000 ». « L’an 2000, cela paraît loin, ce ne l’est pourtant pas plus que 1920 de 1959… »

Couverture du n°500 de Science et Vie. 1959
Extraits du texte de Paul-Jacques Quermont…
René Lachaume – nationalité européenne, né à Paris-Ouest en 1963 – se lève cinq jours par semaine à 10h. Car, en l’an 2000, l’automation et la rationalisation du travail ont porté la semaine ouvrable à 12h. Sa toilette est bien plus brève que l’était celle de son grand-père : une lotion spéciale dissout en quelques instants les barbes les plus rétives. Pour s’habiller, M. Lachaume n’a qu’à passer l’une des trois combinaisons isolantes, indémaillables, « insalissables » et inusables qui composent la plupart des gardes-robes masculines. Il prend son petit déjeune en compagnie de sa femme et de ses enfants, Pierre, Sylvie et Luc. Ils observent un peu distraitement le programme d’informations diffusé sur leur écran plat de la TV européenne ; depuis l’accord établi entre les Etats-Unis d’Europe et les Etats-Unis d’Asie, la femme Lachaume peut suivre aussi les émission de TV Pékin ; les relais internationaux fonctionnent bien, mais les programmes chinois sont ennuyeux. Aussi, tout le monde se rend-il de bon gré au désir du cadet, Luc, qui veut capter l’émission scientifique spéciale du satellite Alpha.

Maison-dome "à la Fuller"
Paris-Ouest s’étend à plus de 100 km de l’ancien Paris ; c’est un district boisé rationnellement, et c’est le seul où l’on ait le droit de construire des pavillons individuels. Traditionaliste, comme beaucoup de ses compatriotes, M. Lachaume n’a pas voulu des maisons hémisphériques inventées en 1950 par l’américain Buckminster Fuller, et dont on voit encore quelques spécimens en France ; c’est en URSS qu’elles ont eu le plus grand succès. Il s’est fait construire une villa de deux étages d’un style dépouillé et dont tous les murs extérieurs sont en vitral, sorte de verre très dur, opaque de l’extérieur, transparent de l’intérieur et filtrant.
La construction de cette villa n’a duré que 48H, grâce à l’application des procédés inventés aux environs de 1950 par l’architecte français Jacques Couelle : on construit d’abord une structure de tubes d’acier comprenant tout le système « nerveux » et « circulatoire », eau, gaz, électricité, tout-à-l’égout ; puis des cloisons en fusée-céramique ( composées de briques en forme d’épi de blé s’emboîtant les unes dans les autres ) ont habillé ce squelette, un mélange de mortier et de résine polyester isolante a été appliqué au pistolet et a séché en deux heures.
(A Paris-Ouest) l’électricité est fournie par une centrale souterraine autonome, installée à 15 M sous terre, sous de grands terrains d’horticulture ; c’est une centrale du modèle classique de 1975, modèle qui n’est pas près de changer ; sa source d’énergie est la tourbe de Bretagne. Ce vieux combustible est placé dans des cuves en acier inoxydable où des cultures bactériennes la transforment de façon continue en gaz.
M. Lachaume évoque parfois les querelles qui ont déchiré le monde industriel et savant lors de cette révolution de l’énergie ; il décrit avec amusement la grande consternation de certains atomistes lorsqu’on a formé les centrales à fusion qui fonctionnaient déjà, mais dont les accidents paraissent trop redoutables. Ces centrales sont, néanmoins, toujours entretenues comme réserves de guerre : en cas de conflit leur énergie quasi-illimitée étendrait au-dessus de la région parisienne une barrière potentielle qu’aucune particule et qu’aucun rayon ne pourraient franchir. Le cauchemar atomique n’existe plus.

Métro "Sprague" en service dans les années 50 à Paris.
M. Lachaume se rend à son travail, à Paris-Central, à 10 heures. Il prend le métro. Il doit ce métro aux ingénieurs russes et américains. Aux Russes, parce que ce sont eux qui ont découvert, en 1958, que l’eau irradiée de rayons gamma devient un solvant extrêmement puissant et dissout, en particulier, toutes les roches avec la plus grande facilité ; aussi, en l’an 2000, le percement de tunnels est-il devenu un jeu d’enfant. Il doit aussi ce métro aux Américains parce que ce sont eux qui ont mis au point le métro, capable de filer dans un tunnel vide à la vitesse de 225Km/h propulsé par des impulsions à haute fréquence provenant d’électro-aimants, ce métro est incroyablement confortable et silencieux.
M. Lachaume songe quelquefois que son père prenait l’auto pour aller à Paris, c’était alors une voiture à essence ; mais, depuis 1975, Paris-Central a été interdit aux automobilistes. En conséquence, le taux des maladies nerveuses dans la région parisienne a diminué de 75%, l’air s’est considérablement assaini et l’on a pu, ainsi, sauver de la destruction les monuments historiques de la capitale, qui commençaient à être dangereusement rongés par la maladie de la pierre ( en 1960, par exemple, un quart des statues parisiennes avaient perdu leurs extrémités et leurs têtes ). A Paris, désormais, on marche. Le climat de la région parisienne, comme celui de toutes les grandes villes du monde, est rigoureusement contrôlé par des machines projetant dans l’air des particules électriquement chargées ; la pluie ne tombe plus que de 2 à 6 heures du matin.
La ville s’est partiellement dépeuplée ; les deux tiers de ses habitants d’autrefois ont émigré à la compagne dès 1980 ; seuls les célibataires et les couples sans enfants peuvent obtenir la permission d’y résider. Les grandes affaires commerciales et industrielles se sont déplacées dans les districts ; ne restent au centre de Paris que les ministères, les musées, les principaux théâtres, les grandes maisons d’édition, le centre de la TV française.

Telex "vintage"
(… ) la firme de M. Lachaume ( spécialisée dans le commerce des matières insonorisantes, puisque le silence est la grande passion de l’an 2000… ) n’écrit plus à ses fournisseurs comme elle le faisait il y a 30 ans, en 1970. Ses dactylos tapent sur un clavier de téléscripteur un message qui s’imprime immédiatement chez les destinataires de Lyon ou de Bruxelles. Quant à Mme. Lachaume, elle peut prendre des nouvelles de la santé de son père, qui habite al nouvelle forêt des Causses, par télécom.
Le problème de la fin du monde , étroitement lié à celui de sa surpopulation, a cessé d’obséder savants et politiciens depuis l’application des systèmes de contrôle des naissances par la Convention internationale de Bombay en 1987. La population de la terre ne dépassera plus quelque trois milliards. (…) Le reboisement du Sahara a également permis de reconquérir des territoires jusque là stériles ; à chaque printemps, depuis 1980, les vertes collines du Sahara embaument le parfum des orangers et des pommiers en fleurs.
Les gouvernements apportent donc, en l’an 2000, un grand soin à protéger les systèmes nerveux de leurs sujets : l’étalement obligatoire du travail, trois mois de vacances par an, la suppression des bruits des villes par l’emploi obligatoire de véhicules silencieux, l’interdiction des publicités agressives visuelles et sonores aussi bien que des films trop violents à la télévision – les cinémas ont disparu – un contrôle des informations destinée à éviter des anxiétés ou des paniques injustifiées, tout cela enfin a rendu la vie beaucoup plus facile aux citadins du XXI ème siècle naissant.

Jolie ménagère des années 50...
C’est vers 15 heures que René Lachaume rentre chez lui, et c’est à la même heure que ses enfants quittent l’école. Mme. Lachaume a, depuis le matin, fini son ménage : l’aspirateur électrostatique, la lessiveuse à ultra-sons, et, d’une façon générale, la simplicité du mobilier lui permettent d’achever touts les jours ses travaux en une heure. Il reste donc aux Lachaume, comme à tous leurs contemporains, de grands loisirs. Ce sont d’étranges loisirs, selon l’ancienne optique de leurs parents. Ils sont consacrés, en grande partie, à l’étude.
« Science et Vie » - l’un des rares périodiques qui ait survécu au bouleversement de la presse aux environs de 1985, quotidiens et magazines ayant été définitivement battus de vitesse par les développements de la télévision, « Science et Vie » a publié l’autre mois une extraordinaire interview : celle de la commission d’ingénieurs des Etats-Unis d’Europe et d’Amérique. Il est dit que c’est entièrement par antigravitation que les éléments de la superstation interplanétaire Gamma seraient expédiés à l’altitude de 10.000 Km au-dessus de la Terre, soit deux fois plus loin que les satellites Alpha et Beta.
Ce n’est pourtant pas que les gens de l’an 2000 soient parfaitement heureux. D’abord, le peu de marge laissé à leurs initiatives personnelles par la systématisation de la Société les déprime un peu : personne n’a plus le droit d’être malade et de ne pas appeler le médecin ; on ne peut plus se marier librement, et l’union livre a été définitivement et mondialement proscrite. La naissance d’un enfant qui n’aurait pas été prévue et autorisée par le Ministère de la population poserait des problèmes tellement compliqués que peu de couples, mariés ou non, s’y laissent entraîner. (…) Ensuite, s’ils sont libérés de l’angoisse atomique, les citoyens de l’an 2000 sont désormais en proie à l’angoisse cosmique.

Alors, pas de voiture volante en l'an 2000 ?
La rationalisation de l’existence a eu des conséquences prévues par les psychologues et les sociologues du demi-siècle : d’abord une considérable renaissance du sentiment religieux ( personne, par exemple, ne s’est étonné de ce que les deux satellites Alpha et Beta comprennent des chapelles, et, parmi leurs équipages des « aumôniers de l’espace » ) ; ensuite, on enregistre un considérable regain d’intérêt pour les phénomènes parapsychiques.
(C) Science et Vie, 1959.
Nan...je plaisante...


Steevy Boulay, blue on blue...
Soutenons les terroristes qui ont enlevé Bourriquet :


