Archive TV de 1976.
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Figure flamboyante des années 70, le juge François Renaud, dit « Le shériff », ancien résistant et formé dans la « Coloniale » au métier de magistrat (
magistrat dans la coloniale c’est : apprendre à être flic+juge+gardien de prison+aventurier… ) était respecté des milieux policiers et foncièrement détesté par toute la pègre lyonnaise…
c’est certainement pour cette raison qu’il fut exécuté froidement.
Avec sa gueule de séducteur, à mi-chemin entre Romain Gary et Carry Grant, le juge Renaud n’avait pas peur de brutaliser les gangsters de sa juridiction de « shériff »… c’était un
authentique provocateur, ennemi du juridiquement-correct qui règne de nos jours ( « Les pauvres petits anges ne sont pas vraiment responsables de leurs violences, c’est la
société inégalitaire, injuste et violente qui les a poussé à faire ceci et cela, etc. et blablabla » ) … Le juge Renaud, lui, n’avait pas peur de prendre des décisions efficaces et
rudes, telles que le mandat de dépôt à la barre ou encore la pression psychologique à l’encontre des familles de mis en examen… ( gardes à vue, incarcérations, etc. ) pas le genre de mec à
prendre sa carte au Syndicat de la Magistrature, quoi…

Le juge François Renaud
Jeudi 3 juillet 1975, 2 h 45. Après avoir passé la soirée chez des amis, François Renaud, premier juge d'instruction au tribunal de Lyon, a regagné à bord de sa BMW son domicile de la montée de l'Observance, sur les pentes de Fourvière. Il fait très doux et, après avoir garé sa voiture, le juge et l'amie qui l'accompagne cheminent jusqu'à la tour La Vigie, où il habite. Lorsque la vitre du conducteur d'une Audi 80 en stationnement s'abaisse et qu'apparaissent les silhouettes de trois hommes, François Renaud réalise brusquement le danger. Il s'enfuit avec son amie, un coup de feu claque, le juge est atteint dans le dos. Il parvient à se traîner derrière une VW coccinelle et s'y recroqueville avec sa compagne. Un homme masqué s'approche, et tire deux balles dans la nuque du blessé.
Pour la première fois en France, un juge en exercice vient d'être assassiné. Le crime est le point d'orgue d'une décennie furieuse. Enlèvements, règlements de comptes, braquages... Lyon est alors surnommée " Chicago-sur-Rhône ".
La série documentaire « Faites entrer l’accusé » de France 2, présentée par Christophe Hondelatte, a consacré au personnage, et aux très troubles
circonstances de son assassinat, un numéro assez intéressant. Le voici.
Voici la seconde partie.
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par François-Xavier Ajavon.
Le Figaro.fr attire notre attention, en cette fin de semaine, sur la
publication d’une nouvelle vidéo du terroriste international Oussama Ben Laden, patron de la multinationale de la terreur Al-Qaida. Le document vidéo de vingt-six minutes serait
analysé, en ce moment, par les experts les plus pointus des services américains … mais - heureusement pour la France - le grand quotidien du boulevard Haussmann, a réussi à en obtenir une copie…
hourra ! Et l’a mise à disposition du grand public sur Dailymotion. Ben Laden voulait faire une surprise à l’occident pour l’anniversaire des attentats du 11 septembre, mais nous pouvons
profiter, dés aujourd’hui, du contenu de son message. Les vidéos d’Oussama Ben Laden sont attendues avec autant de ferveur et d'agitation que les rares films de Rhomer ou de Godard. Les critiques
sont sur le pied de guerre, ils piétinent, mais il n’est pourtant pas nécessaire d’avoir une accréditation pour voir le triste film en avant-première…
Voilà la description que le Figaro.fr donne de cette nouvelle vidéo ( la dernière apparition filmée du terroriste remontait à 2004 ) : « Ben Laden y apparaît vêtu d’une chemise traditionnelle arabe blanche, un manteau doré posé sur les épaules. Il porte une coiffe blanche. Ses traits sont marqués, mais il n’a l’air ni affaibli ni fatigué. Sa barbe, qui apparaissait grisonnante sur la précédente vidéo, est sur ces nouvelles images noire et fournie. Les mains posées sur un pupitre invisible, devant un fond brun neutre, Ben Laden parle posément. »

Le vidéaste amateur Oussama Ben Laden
Le contenu n’a rien d’étonnant : Ben Laden dénonce l’impérialisme supposé des américains, en citant, notamment, les analyses du linguiste engagé Noam Chomsky…
Mais il est temps de s’intéresser au dispositif vidéo… car Ben Laden est le plus mauvais vidéaste du monde. Le plus mauvais. Si ses vidéos n’étaient pas si drôles ( une référence à
Chomsky… ah ah ah… on se croirait dans le Monde Diplo’ ), si pathétiques ( il déclare : « Bush, Blair, Sarkozy et Brown, continuent de parler de droits de
l’homme. Y-a-t-il une forme la plus dangereuse de terrorisme ? » - et le droit-de-l’hommisme tiers-mondiste ? ) ou si effrayantes… elles n’attireraient pas autant l’attention des foules.
Pourquoi ? Oussama n’est pas au niveau sur le plan technique…
Oussama utilise du matériel de tournage dépassé. Certainement un vieux caméscope S-VHS, Hi-8, ou même « 8 »… datant
des années 90. Il n’est pas impossible, même, que Ben Laden tourne ses saynètes avec une vieille caméra épaulière VHS de la fin des années 80. De vieux dinosaures de l’ère pré-numérique qui
savent à merveille donner le teint jaune et dénaturer les couleurs réelles. On se doute qu’il n’a quand même pas une caméra à tubes vintage des 70’s, avec son magnétoscope à porter en
bandoulière… mais certainement une mono-CCD à la papa… allemande, ou plus certainement japonaise. Une Sony ou une JVC, poussiéreuse, dont les batteries sont mortes depuis des lustres, et qu’il a
du bricoler pour qu’elle puisse s’alimenter sur la batterie de son tracteur…
On lui conseille vivement d’investir dans un matériel dernier cri. Il destine ses vidéos aux chaînes de télévision internationales, pas à télé-bédouins… il doit comprendre que depuis l’émergence
du câble, de l’ADSL et du satellite, les structures de production modernes, au sein des chaînes de télé, sont numériques, et qu’il doit envoyer désormais à Al Jezeera des cassettes DV ou Beta
numérique, s’il ne veut pas donner l’impression que le terrorisme international en est à la pré-histoire de la vidéo.

Le matos vintage d'Oussama Ben L.
Investissement prévisionnel : de quelques milliers d’euros pour une très bonne caméra DV semi-pro, au prix d’une grosse berline européenne d’occasion pour une caméra professionnelle Beta Numérique SONY, équipée d’une excellente optique ( Objectifs Angénieux, Zeiss ou Canon par exemple ).
Oussama use et abuse de l’éthique du plan-séquence. D’accord, il n’y a rien de plus honnête avec le téléspectateur que le plan-séquence. Qu’est-ce que le plan-séquence ? Une séquence continue, sans aucun montage, montrant une action complète. ( Cf. la plupart des séquences de Elephant de Gus Van Sant par exemple ). Oussama pourrait donner plus d’ampleur et de dynamisme à son propos s’il osait le montage dynamique, le plan de coupe, l’alternance des points de vue ( un plan large, un gros plan sur ses mains tournant les feuilles de son discours, un plan sur son visage, retour en plan large, etc. ). Tel-quel on dirait que sa vidéo est un numéro inédit des « Amphis de France 5 » : une heure en caméra fixe sur un prof de dynamique des fluides, à l’Ecole Centrale, qui fait des schémas compliqués au tableau, que l’on ne distingue pas.
Oussama devrait faire attention à l’éclairage. Dans cette dernière vidéo on a le sentiment qu’un petit spot vient éclairer le décors, en arrière-plan, mais pas le visage de Ben Laden. Un système d’éclairage plus sophistiqué aurait certainement donné à ce programme un impact plus grand. Il est évident, ici, que le visage du terroriste n’est pas suffisamment éclairé.
Oussama devrait travailler davantage son arrière plan. Il s’exprime devant une sorte de cloison, ou de tenture, hésitant entre le jaune chiasseux et le
beige… c’est assez moche. ( Et la prise de vue, ainsi que la caméra, y sont certainement pour beaucoup… ). Oussama devrait oser la technique du « fond
bleu » : il parlerait ainsi devant une paroi strictement bleue, qui est transformée en régie, grâce à un effet spécial électronique rudimentaire, connu depuis les années 60, en
n’importe quelle image photo ou vidéo. Cela lui permettrait de s’exprimer depuis la surface de la lune, depuis le Mont-Saint-Michel, depuis Ground-0 à New-York, depuis le bureau de Poste de
Saint-Nom la Bretèche ou encore devant l’océan pacifique… Ce serait franchement plus joli.

Même Evelyne Dheliat de TF1 maîtrise le tournage sur "fond bleu"
Plus d’informations sur la technique de tournage sur fond bleu ou vert.
Oussama devrait faire attention à la prise de son. C’est capital. Dans cette vidéo on a l’impression qu’il s’exprime depuis le fond d’un silos à grains.
Echos et réverbérations sont au rendez-vous. Brrr…. on ne comprend rien. Manifestement, le message a été enregistré en « son direct », c’est à dire avec le micro du caméscope….
ts-ts-ts… un micro-cravate-HF entrerait parfaitement dans le budget de M. Ben Laden, et cela aurait rendu son message nettement plus audible…

Je conseille vivement à Oussama,
cet excellent kit micro-cravate H-F SHURE
Oussama devrait oser une mise en scène plus ambitieuse. Je ne lui suggère pas le short en strass d’une Killy Minogue, non, non… de toute façons nous sommes
encore loin de l’esthétique « MTV »… mais Ben Laden reste tout le temps assis sur sa chaise, vissé sur ce foutu siège… à lire les feuilles de son discours. Il ressemble à PPDA ou
Marc-Olivier Fogiel… il ressemble à un présentateur de télé saoudien. Il devrait se déployer, parler en marchant, se montrer en homme-debout, déambuler, occuper l’espace, cela n’en donnerait que
plus de dynamisme à son propos. Et puis… Oussama devrait oser le prompteur…

Oussama, le pire metteur en scène de l'histoire de l'image
Au fond, ce qu’il manque à Oussama, c’est un metteur en scène…
Il est triste de noter un relâchement artistique et technique notoire, du même genre, concernant les images vidéos de la plupart des terroristes en vogue… depuis les FARC
colombiennes jusqu’à Ben Laden, en passant par les testaments filmés des kamikazes palestiniens, et les séquences clandestines des indépendantistes corses et basques…
Messieurs les terroristes, pour que vos messages apparaissent plus sérieux aux yeux d’un Occident gavé d’images cinématographiques et télévisuelles, léchées, travaillées, marketées, sous-pesées, bêta-testées, destinées à la consommation de masse… osez la FORME… osez l’approche artistique… osez la douce futilité du narcissisme… osez être plus beaux que menaçants… osez être plus beaux que moralistes… osez être plus télévisuels que virils... N’oubliez surtout pas, Messieurs les terroristes, que vous n’êtes pas concurrents entre vous, mais que vous passez tous dans le même journal-tv, dans le même pipe... pris en sandwich dans un grand flux publicitaire ( que vous alimentez grassement …) entre un jeu de télé-réalité débile, un sitcom tourné à Las Vegas, et un film d’action avec Chuck Norris…
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Nous fêtons cette année les trente ans du film mythique de Pierre Schoendoerffer Le crabe Tambour ( 1977 ) ; épopée militaire, austère et lyrique, à la gloire d’un héros ambigu de la guerre d’Indochine, pris dans le mouvement « Algérie française »…

Affiche du Crabe Tambour : lyrisme et austérité
Accéder à la bande-annonce du Crabe Tambour en cliquant sur ce lien.
A cette occasion la Cinémathèque française consacrera une rétrospective à l’œuvre de Pierre Schoendoerffer, du 21 novembre au 2 décembre 2007. A ne surtout pas manquer : certains films programmés sont parfaitement introuvables en dvd/vhs…

Pierre Schoendoerrfer, réalisateur, écrivain
Dans la prochaine livraison de la Revue de Défense Nationale ( début octobre ), je signe une analyse de neuf pages sur le Crabe Tambour. En voici l’introduction, en avant-première.
Par François-Xavier Ajavon.
« Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts,
et ceux qui sont en mer »
Platon
En 1977, il y a trente ans cette année, sortait sur les écrans français le long-métrage de Pierre Schoendoerffer Le Crabe Tambour, adapté de son roman éponyme, paru en librairie l’année précédente et couronné par le Grand Prix du roman de l’Académie française. Cette histoire de marins, complexe et philosophique, sur fond de quête insensée de l’homme et de nostalgie coloniale, fut un grand succès commercial. Il n’était pourtant pas aisé pour Schoendoerffer d’imposer son univers à une France des années 70, encore mollement contestataire et recroquevillée sur un tropisme pseudo-subversif né de mai 68. Quel est l’univers de Schoendoerffer ? Un monde perdu et idéalisé, contre-culturel, où des valeurs morales telles que la droiture et l’honneur l’emportent sur toute autre considération ; un univers très ancienne France, un peu en ruine, où des Institutions telles que l’église catholique et l’armée ont encore un prestige réel et une authentique autorité au sein de la société.
Pour Schoendoerffer ( engagé volontaire en Indochine en 1952 et prisonnier à Dien Bien Phu en 1954 ), la mise en scène de militaires est un moyen d’atteindre l’homme dans sa plus pure condition, et de s’interroger sur l’étendue de ses choix moraux : « J’ai choisi de montrer dans mes films des militaires (…) Ce qui m’intéresse dans la condition militaire, c’est que c’est une société sans profit, qui a une certaine rigueur intérieure, une organisation stricte, et cela m’a permis de pouvoir élaguer tout ce ‘petit quotidien’ qui ne m’intéressait pas ». Schoendoerffer avait déjà abordé plusieurs fois l’univers militaire ( 317 ème Section, en 1964, sur quelques épisodes de la guerre d’Indochine ) et il reviendra à cette thématique avec L’honneur d’un capitaine, en 1982, sur la guerre d’Algérie, puis avec Dien Bien Phu, en 1992 ; ou encore avec Là-haut ( Un roi au-dessus des nuages ), en 2004, sur la question de la mémoire de l’armée.
Avec le Crabe Tambour, Schoendoerffer donne sa plus fine réflexion morale et philosophique sur la condition humaine en général et la condition militaire en particulier, autour d’axiomes tels que l’honneur, le mépris de la mort, la prééminence de l’intérêt collectif sur les angoisses intimes, la liberté de conscience, ou encore la question ( et donc la remise en question ) du respect d’une autorité hiérarchique et politique.
La Marine Nationale, entre épopée et allégorie
Le Crabe Tambour raconte la quête presque mystique du commandant d’un escorteur d’escadre de la Marine Nationale ( le Jauréguiberry, dédié à l’assistance à la pêche sur les mers de Terre-Neuve ), qui – sur le point d’être emporté par un cancer - veut revoir une dernière fois un héros ambigu et légendaire des guerres coloniales françaises, devenu simple pêcheur, Willsdorff, surnommé le « Crabe Tambour ». Le film est construit autour du dialogue entre ce commandant ( joué par Jean Rochefort ) et le médecin de bord ( Claude Rich ), qui ont tout deux connu ce militaire atypique, quelque peu « anarchiste de droite », incontrôlable et poète… dialogue émaillé de flash-back sur le parcours du « Crabe Tambour » ( joué par Jacques Perrin ) depuis la guerre d’Indochine jusqu’à la guerre d’Algérie, durant laquelle son engagement en faveur de l’Algérie française après le putsch des généraux lui vaudra plusieurs années de prison. Cette narration croisée, entrecoupée de plans oniriques sur le Jauréguiberry fendant les flots, est ponctuée, aussi, d’incises poétiques sur le discours décousu du chef mécanicien ( joué par Jacques Dufilho ) témoignant, depuis le carré des officiers, de la morale catholique confuse de son « recteur fou », en pays Bigouden.
(...)
La suite au mois d’octobre dans la Revue de Défense Nationale.
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