Jeudi 12 avril 2007
Voilà un petit papier que j'ai soumis il y a quelques jours, sans espoir réel de publication, ( période électorale oblige ) à la rédaction du Monde, en réponse à une précédente tribune féministe de Benoîte Groult. Bonne lecture.


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Benoîte Groult, célèbre féministe, a signé dans le Monde du 10 avril une tribune de soutien à  Ségolène Royal, sous le titre « Ségolène et les ‘papas’ », dans laquelle elle dénonce les attaques misogynes dirigées contre la candidate socialiste à l’élection présidentielle, et affirme que voter pour elle constitue un acte féministe militant. Il n’y a rien de surprenant à voir Mme. Groult exprimer à nouveau son engagement politique en faveur du socialisme et de la cause des femmes : assurer la présidence de la Commission de terminologie pour la féminisation des noms de métiers, de grades et de fonctions, fondée par Yvette Roudy durant les années Mitterrand, ça vous classe un intellectuel… Mais la rhétorique développée par la brillante femme de lettres dans cet article présente plusieurs propositions spécieuses, qu’il est important de souligner.





La féministe professionnelle Benoîte Groult.


Ségolène d’abord. Selon Mme. Groult il y a des « phénomènes inconscients », fatalement misogynes, qui pousseraient certains français à la méfiance face à la candidature de Mme. Royal. L’opinion publique, en proie à une crainte ancestrale, rejetterait la figure de Ségolène à quelques jours des élections, car cette dernière voudrait transgresser la « vieille loi salique ». Par « loi salique » il faut entendre la volonté des hommes de ne pas partager le pouvoir avec les femmes. Selon Mme. Groult, les électrices féminines qui devraient être mues naturellement à voter pour Mme. Royal ( comme un acte militant ), pourraient être prises – dans moment de soumission à « papa » - d’une volonté de glisser dans la fente de l’urne républicaine un bulletin portant le nom de François Bayrou, voire même de Nicolas Sarkozy. Le raisonnement est spécieux : Mme. Groult est bien méprisante à l’égard des françaises en pensant que le vote féminin est dicté par des considérations « symboliques » liées uniquement au sexe des candidats. Si tel était vraiment le cas, avec les nombreuses autres femmes candidates lors des élections présidentielles précédentes, le locataire de l’Elysée serait déjà une femme. Ensuite Mme. Groult estime que Nicolas Sarkozy, en tant qu’homme, véhicule une image « viriliste et agressive » : il est bien étonnant de lire en creux, sous la plume d’une féministe, un tel éloge de la douceur et de la « maternitude » féminine de Mme. Royal. Mme. Groult défend aussi la candidature de Mme. Royal au nom d’une « misogynie à l’envers », concept étrange, visant à l’érection « philogynique » de statues symboliques de « surfemmes » dans notre paysage politique. On se demandera avec angoisse s’il faut aussi conseiller à d’autres populations frappées par les discriminations de développer par exemple un « racisme à l’envers » ou une « homophobie à l’envers » ?

Alain Etchegoyen, philosophe qui vient de décéder, avait écrit dans Le Figaro l’année dernière une analyse piquante de la position politique de Ségolène Royal : « Le ségolisme, cache-misère de la panne idéologique de la gauche ». Il notait qu’avec la candidate socialiste «  les atouts périphériques (femme, jeune, maman) se substituent à l'essentiel. Pour une gauche historiquement avide de contenus, de projets, de programmes et de propositions, la situation est désespérante. ». Mme. Groult voudrait donc que les françaises choisissent Ségolène pour ses atouts périphériques et non pour ses propositions. Et si ce débat inepte sur le sexe des anges n’était que pure manœuvre de diversion, afin de détourner l’attention du public de la réalité de la situation de Ségolène ? Une réalité cruelle, faite de l’érosion de son image médiatique, du manque d’enthousiasme pour sa candidature chez les cadres historiques du PS, d’une accumulation de petites bourdes comiques mais handicapantes, de l’émergence d’une idéologie de l’alternative anti-système par le troisième homme ( Bayrou, Le Pen, etc. ), de la séduction exercée sur le peuple de gauche par les candidats trotskistes et enfin la perte de confiance de nombreuses catégories socio-professionnelles qui étaient traditionnellement acquises au parti socialiste.





Sacha... qui était contre les femmes, tout contre...


La question des femmes, ensuite. Mme. Groult, dans son article, stigmatise une misogynie « nationale » qui aurait pour spécificités sympathiques d’être « fraîche, joyeuse et spontanée ». On sent poindre l’attaque contre l’esprit populaire grivois, contre les éternelles gauloiseries quotidiennes dont les hommes savent accabler les femmes… la critique de Sacha Guitry n’est pas loin, lui qui disait « Je suis contre les femmes… je suis tout contre ». Mais la complainte de Mme. Groult est finalement assez conventionnelle : les femmes ont été longtemps discriminées, elles ont été longtemps écartées par les hommes des responsabilités politiques et elles ont longtemps été marginalisées dans la société. Rappelant son parcours de femme née en 1920 ( c’est à dire ayant obtenu le droit de vote et le droit d’ouvrir un compte bancaire aux alentours de 25 ans… ), elle souligne que la victoire de Mme. Royal serait le signe que les femmes sont devenues « majeures ». On serait autorisé à se demander si Mme. Groult n’investit pas trop d’importance « symbolique » dans le statut du président de la République, tel qu’il est défini par la V ème République ? Le président est un homme de pouvoir, mais c’est le gouvernement qui gouverne, et dans notre contexte démocratique la souveraineté vient du peuple… En soutenant Ségolène, Mme. Groult aspire – en somme – à ce que le futur président ne soit pas l’ambassadeur de la France, mais du « féminin ». Ce n’est hélas pas son rôle constitutionnel…

Mme. Groult termine son texte par cette interrogation naïve : « Dieu n'est-il pas toujours mâle dans nos trois religions monothéistes, qui ne se soucient guère de parité ? ». Ce serait bien mal connaître la religion catholique, que de ne pas voir la place centrale que le culte marial y occupe. Et Marie était une femme exceptionnelle, qui n’avait pourtant pas vraiment le goût du pouvoir…  les féministes doivent comprendre que les femmes peuvent se distinguer aussi en dehors des horribles schémas masculins traditionnels du pouvoir, de la domination d’autrui par la manipulation, et de l’affirmation de soi par la soumission d’autrui.



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par Apocoloquintose publié dans : surfemme
Lundi 9 avril 2007
Mme. Martha Argerich s'attaque au 3ème concerto pour piano de Serge Prokofiev, à l'antenne de la télé itanienne...  et ici, en France, on ne laisse rien filtrer.... grrrrr.....



Prokofiev, Piano Concerto n°3
envoyé par Tournemal




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par Apocoloquintose publié dans : surfemme
Dimanche 8 avril 2007
Pour le dernier carré de mes fidèles, voilà quelques petits textes publiés récemment sur le Ring :






Houellebecq, témoin de la sélection sexuelle

Article sur l’œuvre de Michel Houellebecq, initialement publié dans la revue canadienne Egards.


Enquête exclusive sur les casseurs de la gare du nord.

Petite fantaisie fictionnelle sur le « face à face houleux » qui a opposé flics et émeutiers à la gare du nord.


Divorces hyperfestifs

Petite fiction sur la mode parisienne, démentielle, des « fêtes du divorce ».



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par Apocoloquintose publié dans : polemique pure
Jeudi 5 avril 2007

Rien de spécial à célébrer cette année concernant le vieux bouc Michel Simon ( 1895-1975 ), rien à fêter… juste l’envie de le saluer sur le web et de rendre hommage à cet immense acteur  français.


 

Michel Simon ( à gauche ), Simenon, Fernandel

 

 

 

Il disait de lui : « Je suis né en 1895, et comme un malheur n’arrive jamais seul, cette année-là les Frères Lumières inventaient le cinématographe »…


 

 

 

 

 

 

 
 
 

Extrait de "Fric-frac"

 

de Claude Autant-Lara & Maurice Lehmann, 1939

 
Arletty, Michel Simon, Fernandel…

 

 

 

 

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par Apocoloquintose publié dans : Cinéma

F-X AJAVON

Jusqu'à preuve du contraire, je suis François-Xavier Ajavon, né en 1977.

Au-delà du blog, lisez mes publications dans les domaines de la philosophie et de la littérature.


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