On se souvient tous de l’image du cinéaste Maurice Pialat recevant, en 1987, une Palme d’Or « houleuse » au festival de Cannes, pour le film « Sous le soleil de Satan », réalisé d’après l’œuvre de l’écrivain catholique Georges Bernanos… j’avais dix ans…. le réalisateur barbu, magnifique, allait chercher sa récompense sous les sifflets et les huées de certains journalistes obtus dénonçant son « jésuitisme » et son attachement au classicisme de Bernanos…
"... je ne vous aime pas beaucoup..."
N’oublions pas, en ce dimanche solennel de remise des prix ( plus que quelques heures avant de connaître la « Palme »… ) que ce grand film de Pialat, « Sous le
soleil de Satan », fut le dernier long-métrage français à être salué par le jury cannois… c'était en 1987...
Mais heureusement… Pialat n’est pas mort… un documentaire émouvant lui est consacré : « Maurice Pialat, l'amour existe » par Anne-Marie Faux et Jean-Pierre Devilliers. Le film est présenté en sélection officielle, hors compétition. Maurice Pialat, né en 1925 et mort en 2003, était un grand cinéaste dont la place est restée vacante. De « L'amour existe » au « Garçu » en passant par « Nous ne vieillirons pas ensemble » , « A nos amours » , « Police » , « L'enfance nue » ..., il n'a cessé de raconter des histoires et des dialogues qui lui ressemblent. Marqué par une enfance modeste, se sentant mal aimé, il trimballera sa souffrance et son mauvais caractère, creusant ainsi sa mauvaise réputation. Les coauteurs de ce documentaire rappellent ses larmes de bonheur devant les files d'attente des cinémas des Champs-Élysées, lors de la sortie de « Nous ne vieillirons pas ensemble », justement. « L'idée d'être un cinéaste " marginal" lui était insupportable », lui qui était un provocateur dans l'âme, osant s'en prendre à la Nouvelle Vague, à l'exception de Godard. Ni laudatif ni polémiste, ce documentaire produit par sa femme Sylvie lui rend un bel hommage à travers un portrait richement étayé par de nombreux documents et témoignages, de Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire et beaucoup d'autres...

Maurice Pialat, l'arme au poing...
En remontant le temps, les réalisateurs explorent l'enfant blessé, l'homme et le père qu'il devint sur le tard, pour mieux expliquer l'artiste rare, et parfois compliqué. A l'arrivée, on se dit simplement qu'il nous manque et que, sans doute, il manque aujourd'hui encore au cinéma français.

"... Je ne vous aime pas beaucoup..."
Ah et puis j'oubliais...
©AFP International - Samedi 11 Janvier 2003 - 10:01 - Heure Paris (471 mots)
France-cinéma
Décès du réalisateur Maurice Pialat (BIO-EXPRESS)
PARIS, 11 jan (AFP) - Le réalisateur de cinéma Maurice Pialat, décédé à l'âge de 77 ans, a laissé une dizaine de films qui ont marqué le cinéma français par une recherche de l'authenticité à l’œuvre dans "Sous le soleil de Satan", "Van Gogh" ou "Nous ne vieillirons pas ensemble". Salué par le producteur Daniel Toscan du Plantier comme une "des grandes pointures du cinéma" et l'héritier de Jean Renoir, Pialat était né en août 1925 dans le Puy de Dôme. D'abord attiré par la peinture, il fréquente l'école des arts décoratifs, puis les Beaux-Arts. Il fera même l'acteur à l'occasion, pour vivre. On le verra par exemple dans "Que la bête meure" de Claude Chabrol en 1969. Il se lance dans le cinéma en 1958 et son premier court-métrage, "L'amour existe" (1960), obtient le prix Louis Delluc et un autre prix à Venise. Maurice Pialat travaille ensuite pour la télévision avec un autre court-métrage, "Janine" (1961), sur un scénario de Claude Berri, puis "Maître Galip" (1962), et réalise un feuilleton remarqué, "La maison des bois" (1970/71). En 1967, il tourne "L'enfance nue", son premier long métrage pour le cinéma. Il obtient la notoriété avec son deuxième film, "Nous ne vieillirons pas ensemble", en 1972, avec Jean Yanne et Marlène Jobert. Il enchaîne avec "La gueule ouverte" (1974), "Passe ton bac d'abord" (1978/79). Puis viennent "Loulou" et ses blousons noirs (1980, avec Gérard Depardieu et Isabelle Huppert), "A Nos amours" (1983, avec Sandrine Bonnaire et lui-même dans le rôle du père). Un rôle qu'il a toujours tenu derrière la caméra, au grand dam de ses acteurs et surtout de ses actrices. Suit "Police" avec Sophie Marceau en 1985 et "Sous le soleil de Satan" avec Gérard Depardieu et lui-même, toujours dans le rôle d'un père, spirituel cette fois. Inspiré du roman de Bernanos, le film remporte la Palme d'or à Cannes en 1987. "Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus", avait-il lancé alors qu'il était sifflé par une partie du public lors de la remise de la Palme. Son "Van Gogh" enfin (1991), qui le fait entrer définitivement dans le panthéon des grands réalisateurs, est un hommage à la peinture, sa première passion, avec un Jacques Dutronc, particulièrement inspiré, dans le rôle titre.. Il réalise enfin "Le garçu" en 1995.
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Le cabinet de curiosités était un lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l'hétéroclisme et l'inédit. On y trouvait couramment des médailles, des antiquités, des objets d'histoire naturelle (comme des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des carapaces, des herbiers, des fossiles) ou des œuvres d'art. On dit souvent que les cabinets de curiosités sont les ancêtres des musées contemporains…

( avec Wikipedia )
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Le site Rue89.com, crée et animé par d’anciens journalistes de Libération, attire notre attention sur une hilarante parodie de manifestation « de droite », organisée par plusieurs associations gauchistes. Ces spécialistes émérites de l’Agit-Prop donnent ici une vraie leçon de non-sens et de dérision politique… à base de petites filles à barrette façon « triplés du Figaro », de tailleurs Chanel et de gugusses en costume trois pièces fêtant fièrement la victoire de Nicolas Sarkozy… ils organisent une sorte d’authentique marche des fiertés « réac-libérale », dans une ambiance très festivus-festivus. Ils ne se moquent pas seulement de l’idéologie des gens de droite, mais de leur incapacité totale à organiser ce genre d’opérations de communication…
Est-ce que le « peuple de droite » aurait suffisamment de fantaisie en stock, pour organiser une fausse manif gauchiste ?
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Ségolène Royal a été sévèrement battue. Dans un premier temps, avant de se féliciter de la victoire de Nicolas Sarkozy, il faut donc constater la mort cérébrale de la gauche française, que l’on peut certainement ranger au poussiéreux magasin des accessoires politiques amusants ou dans un cabinet de curiosités psychologiques. La France n’a pas connu de président de la République issu de la gauche depuis près de vingt-ans, et n’en connaîtra certainement plus jamais. Le parti communiste ne représente plus qu’une infime minorité de l’électorat hexagonal et le parti socialiste français, incapable de faire son aggiornamento, et de s’adapter au pays réel, est entré dans un état de coma profond… dont il n’est pas certain que les années d’opposition qui s’offrent à lui, ces cinq ou dix prochaines années, lui permettent de reprendre de la vigueur. Né en 1977, je me demande sincèrement si je n’appartiens pas à la dernière génération de français a avoir vécu sa prime jeunesse sous la houlette d’un président socialiste…
La victoire de Nicolas Sarkozy, à l’issue du second tour de l’élection présidentielle française marque un tournant dans l’histoire politique de notre pays. Sarkozy n’est pas un président comme les autres. Il n’appartient pas à une génération qui a été confrontée à la seconde guerre mondiale, et la fracture entre collaborateurs, résistants et bienheureux indifférents. Il est né au milieu des années 50, dans une Europe pacifiée, et n’a fait aucune guerre. C’est un président qui ne sait ni faire son lit au carré, ni ramper dans la terre boueuse sous les ordres d’un sous-off illettré, ni démonter puis remonter un Famas dans le noir, habillé en treillis… il tient sa virilité d’ailleurs, de l’action politique et de ses actions publiques, mais certainement pas d’un primitif imaginaire de légionnaire en perm. Rares étaient, avant lui, depuis le Général De Gaulle, les présidents à n’avoir pas joué sur leur passé de résistant ou de soldat…
Nicolas Sarkozy est l’un des seuls présidents de la République française à n’être pas sorti d’une grande école ( Chirac est énarque, Giscard polytechnicien, Pompidou était normalien… ). S’il entre à Sciences Po, il en rate l’examen final… Avocat, militant, il est pourtant parvenu à atteindre l’élite politique française, sans entrer dans les circuits de discrimination de classe de ces grandes écoles… Et puis la vie familiale de Nicolas Sarkozy ressemble à celle de beaucoup de français : divorcé et remarié, il est à la tête d’une famille recomposée, et son couple vacille parfois sous les yeux cruels et amusés de la presse… Ecce Homo en somme… c’est un vrai homme, un homme vrai… entre tentation de la puissance et failles de brisure…
Enfin, Nicolas Sarkozy est l’un des premiers présidents de la République a avoir composé avec les médias depuis le début de sa carrière. Quand De Gaulle est arrivé au pouvoir en 1958, il n’y avait qu’une seule chaîne de télévision et il avait la main dessus. Quand Pompidou a pris le pouvoir en 1969 il y avait deux chaînes, dont il avait aussi le contrôle. Sous Giscard d’Estaing est née FR3, la chaîne des régions, qui était également dans le giron d’un état plutôt censeur. L’ère Mitterrand a vu l’efflorescence des chaînes de télévision privées, mais les médias restaient sous contrôle, entre censure et auto-censure. Le papa de Mazarine avait d’ailleurs placé l’un de ses meilleurs amis, André Rousselet, à la tête de Canal+… le si fameux « esprit canal » pouvait donc éclore, et la chaîne privée commencer une longue opération de soutien du pouvoir socialo-communiste, contre l’opposition de droite. Si Jacques Chirac a été le premier président d’un « paysage audiovisuel français » ouvert et pluraliste, Nicolas Sarkozy est le tout premier président français de l’ère Internet… il est le premier a devoir composer vraiment avec les multiples canaux d’information du web, depuis les forums jusqu’aux blogs militants, en passant par les sites d’information et les plates-formes vidéos. Voici le premier président de la République qui est presque dans l’impossibilité d’organiser une propagande d’état…
Nicolas Sarkozy est le premier président a jouer autant avec les médias. En réalité, sa campagne présidentielle a commencé en 1993, quand il a contribué à la neutralisation d’un malade mental qui tenait en otage les bambins dans une école maternelle. Mais oui… souvenez-vous… Ministre du budget et maire de Neuilly-sur-Seine, Sarkozy n’avait pas hésité à dialoguer avec « Human Bomb », pour faire sortir quelques gosses de la « nasse », avant que le Raid face place nette. Rétrospectivement, ces images d’archive nous parlent beaucoup… c’est certainement ce jour-là que Nicolas Sarkozy a gagné cette élection et qu’il a signé un pacte avec les français. Qu’aurait fait Ségolène Royal, d’ailleurs, face à « HB », avec ses escarpins à 1000€ et son sourire Colgate… aurait-elle proposé un « débat » ? Un débat « participatif » ?
Mais Nicolas Sarkozy, arrivé au sommet de l’état, porté par une large majorité de français, dont beaucoup de jeunes, a beaucoup plus de responsabilités que ses illustres prédécesseurs à la magistrature suprême. Le Général de Gaulle devait gérer une vigoureuse croissance d’après-guerre et une France de « veaux » heureux ; Pompidou devait gérer l’après-68, apporter un peu de poésie dans le gaullisme et soigner ses métastases. Giscard devait moderniser la France. Mitterrand devait répondre au désir d’alternance des français, et soigner ses métastases. Chirac avait pour seule responsabilité d’expédier les affaires courantes en attendant que ça se passe, avec l’obsession de ne jamais lâcher la barre – tout en serrant la main à David Douillet.
Pour Nicolas Sarkozy c’est différent. Bien des choses sont différentes. Sa responsabilité écrasante, mais exaltante, sera de liquider les dernières traces de pensée et de pratiques soixante-huitardes dans l’hexagone. Ce n’est pas rien de se poser en pourfendeur des idéaux de 68. La mission politique de Nicolas Sarkozy, en somme, est presque philosophique : il doit faire subir à la France une incroyable révolution copernicienne…la révolution qui doit remettre en cause des dogmes poussiéreux qui sont autant de tumeurs malignes dans notre société, depuis la nouvelle pédagogie jusqu’à l’idéologie libérale de l’amour libre ( et son sinistre corollaire, la diabolisation du couple ), en passant par un puéril relativisme culturel qui voudrait nous faire croire que tout vaut tout, que tout est dans tout, et que la culture n’est pas une écume d’excellence, mais le varech puant du quotidien.
Ce soir quelques lueurs d’espoir sont visibles dans le crépuscule de la terre de France. Le ciel de Paris est orageux, l’ambiance est électrique, et l’atmosphère est superbe… il commence même à pleuvoir. Ce soir, le peuple de gauche pleure la défaite de sa jolie petite passionaria qui n’a rien compris à la France, les centristes affûtent sobrement leurs arguments pour les élections législatives, la plupart des partisans du Front National sont secrètement heureux de l’arrivée au pouvoir de l’homme au « kärsher »… et les militants de l’UMP et des « Jeunes Populaires » n’en ont pas fini de se repasser en boucle le film de la victoire. Ce soir quelques lueurs d’espoir sont visibles dans le crépuscule de la terre de France, parce que Nicolas Sarkozy s’est engagé à renouveler profondément la politique française.
Lors de sa première prise de parole à la salle Gaveau, quelques minutes après l’annonce officielle des résultats, Nicolas Sarkozy abordait déjà frontalement certaines thématiques qui étaient strictement interdites sous l’ère Chirac : soutien aux amis nord-américains, exaltation de l’identité nationale française, condamnation de la logique de l’éternelle repentance envers les communautés, qui est une « haine de soi », appel à la refondation du pays par des valeurs immortelles… dont le travail et la nation… et je sais déjà que certains nervis gauchistes se demandent déjà si Nicolas Sarkozy a pour ambition de réhabiliter le triptyque pétainiste travail-famille-patrie… ce serait bien mal connaître le nouveau président, qui ne va certainement pas entamer à son âge une carrière de dictateur, ou même de Maréchal.

La victoire de Nicolas Sarkozy, à l’issue du second tour de l’élection présidentielle française marque un tournant dans l’histoire politique de notre pays. Espérons que ces déclarations d’intention audacieuses présagent d’un quinquennat original et actif, tourné vers la jeunesse… une image a marqué bon nombre de français ce soir… le vainqueur du scrutin, sur le siège arrière d’une Renault VelSatis, en compagnie de deux ravissantes jeunes-femmes blondes mal connues… Judith et Jeanne-Marie, les filles de son épouse Cécilia. Image étonnante de fraîcheur et de jeunesse, qui n’est pas sans rappeler le documentaire de Raymond Depardon « Une partie de campagne », concernant la victoire de Valery Giscard d’Estaing aux élections présidentielles de 1974… où il était souvent accompagné de sa jolie et jeune fille, Valérie-Anne, qui avait à peine 20 ans. Images fugaces et futiles, certes, mais tellement symboliques…
Espérons que Nicolas Sarkozy, à l’instar du VGE des années 70, saura porter un espoir collectif de renouveau, un espoir de remise à plat des pseudos « acquis » de la culture de Mai-68, et qu’il saura se situer intelligemment dans la recomposition en cours du paysage politique français… entre effondrement total du socialisme post-ségolien, et émergence d’un « Parti démocrate » centriste puissant, mené par un François Bayrou, sagace et inspiré… qui deviendra dans les semaines à venir la principale figure de l’opposition. Et il faudra compter sur son sympathique bégaiement et ses chevaux racés…
Mais n’anticipons pas… et dans l’attente des élections législatives, célébrons ce soir avec candeur et naïveté les funérailles de l’ancienne France… de l’ancien régime.
Et comme disait Chénier… « La victoire en chantant nous ouvre la barrière… la liberté guide nos pas… et du Nord au Midi la trompette guerrière… a sonné l’heure des combats… la République nous appelle… sachons vaincre ou sachons périr…».
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