Jeudi 28 juin 2007
Discours d'André Malraux.
par Apocoloquintose publié dans : philosophie
Lundi 18 juin 2007
La direction générale de la chaîne de télévision France 5, par la voix de son directeur des programmes, Philippe Vilamitjana, a confirmé la fin brutale de l’émission de décryptage des médias, « Arrêt sur images », qui était la plus ancienne de la chaîne éducative. L’émission de Daniel Schneidermann, fleuron hebdomadaire du service public, de par son exigence intellectuelle, la qualité de ses invités ( qui a invité Pierre Bourdieu et Régis Debray à la table dominicale des français, entre la messe et le gigot ? ), et l’intérêt des débats qui s’y sont tenus.



 Daniel Schneidarmann te regarde et t'observe...

 

La chaîne motive cette décision de mettre fin à « Arrêt sur images » par une érosion de l’audience ( les mesures de Mediamétrie indiquaient pourtant que la dernière émission de la saison, dimanche dernier, avait réalisé 5,9 % de part d’audience sur les 4 ans et plus… les 4 ans et plus… 5.9% entre « Bob l’éponge » et « Oui-Oui »… franchement, argument tangible ? ), ainsi que par une volonté de réorganiser la grille de programmes de France 5. Selon LeMonde.fr, le directeur des programmes de la chaîne, Philippe Vilamitjana, aurait déclaré au producteur de l’émission, Alain Taïeb, que l’émission lancée en 1995 était « formidable mais usée ». Doit-on s’attendrir sur cette « formidable » adolescente télévisuelle d’à peine douze ans… qui serait déjà « usée » ? Par quoi ? La mauvaise vie ? Les pressions politiques internes ?

La singulière émission de Daniel Schneidermann avait réuni une véritable communauté de téléspectateurs, qui interagissaient avec l’équipe de l’émission via le forum de son site internet et les interventions de sa médiatrice, l’écrivain Chloé Delaume ; « Arrêt sur images » avait suscité de nombreux débats de haut niveau autour de la possibilité, ou non, de critiquer les médias au sein même des médias ( cf. le film documentaire « Enfin pris » de Pierre Carles ) ; l’émission de Schneidermann avait permis l’émergence de nombre de chroniqueurs et journalistes de qualité, tels de David Abiker, Pascale Clarke, Colombe Schneck ou Sébastien Bohler…

Daniel Schneidermann écrit sur le Bigbanblog : « Au fond, la question n’est pas : pourquoi s’arrête Arrêt sur images ? La question est : pourquoi ne s’arrête-t-elle que maintenant ? ». Question malicieuse. Le journaliste avait fait état de sa difficulté à inviter sur son plateau des représentants des chaînes de télévision privées, afin de discuter de leurs programmes, et des pressions subies au sein de France Télévision quand il se penchait sur des sujets liées aux chaînes du groupe. Une décision politique, donc ? Il est extrêmement désagréable que le hasard des calendriers médiatique et politique, fasse intervenir une telle décision de suspension de l’émission « Arrêt sur image », quelques semaines après l’élection de Nicolas Sarkozy à la magistrature suprême, et au lendemain même du second tour de l’élection législative…

Avec des accents dignes d’un Philippe Muray, Schneidermann note sur son blog : « Peut-être sommes-nous entrés dans l’éternité décomplexée de la Star Ac, des rires et des applaudissements. Peut-être sommes-nous entrés dans le triomphe décomplexé des tambours. On verra bien. ». Veut-on vraiment de la victoire de cette superficielle télévision hyper-festive et ultra-commerciale, sans aucun contre-poids critique ? Devons-nous admettre avec le génial acteur Bruno Crémer que : « Il ne faut jamais oublier que la télévision n'est qu'un appareil électroménager » ? Seulement cela ?

Non. Nous apportons ici notre signature afin que France Télévisions reconsidère sa décision, et rende l’antenne à « Arrêt sur images » pour la saison 2007-2008 à venir…




L'article, co-signé, a été publié dans l'édition du jeudi 21 juin 2007 de Libération.

Co-signataires :
François-Xavier Ajavon, chercheur en philosophie.
Mathieu Bollon, documentaliste INA.
Antoine Buéno, écrivain.
Michel-Georges Micberth, éditeur.
François Guerriéri, chercheur en philosophie.

Signez en ligne la pétition demandant le retour à l'antenne de ASI.


Schneidermann sur Apocoloquintose :
- Schneidermann amoureux d'Ardisson ?
- Poirot-Delpech est mort… Schneidermann à l’Académie Française… !!


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tag : Agoravox

par Apocoloquintose publié dans : medias
Jeudi 7 juin 2007

par François-Xavier Ajavon.


Le problème des œuvres incontournables, c’est qu’elles bloquent le passage. Tel est le cas de la comédie musicale « West Side Story », composée par Léonard Bernstein en 1957, et dont tout le petit monde de la musique classique s’apprête à fêter dignement le jubilé. Ainsi, cinquante ans après sa création, la très célèbre comédie musicale américaine, popularisée jusqu’à la rupture d’anévrisme par le film de Robert Wise, retrouve une nouvelle jeunesse sur les planches de Broadway. Une tournée mondiale suivra, avec une escale prévue à Paris, au théâtre du Châtelet ( novembre-décembre 2007 ). Autant dire que nous allons en souper des « Shark » et des « Jets »… Poings serrés, pas chassés, claquements de doigts cadencés... love-story naïve et murs délabrés de l'Upper West Side, New York. On aurait beau jeu de faire remarquer que de nos jours les bandes rivales s’attaquent au fusil d’assaut et que les new-yorkaises branchées ont renoncé définitivement à la jupe plissée… la poésie demeure.

 

 

 

Mais le problème des œuvres incontournables, c’est qu’elles bloquent le passage. L’empan de la créativité de Léonard Bernstein ( 1918-1990 ), s’étend bien au-delà de la comédie musicale... depuis la musique symphonique jusqu’à la musique religieuse, en passant par d’ambitieux cycles vocaux méconnus. Mais certains artistes sont manifestement condamnés à être les hommes d’une seule création : on pense à la Carmen de Georges Bizet, qui a complètement éclipsé ses autres œuvres lyriques ; on pense à l’Adagio de Samuel Barber qui a jeté dans l’oubli le reste de son catalogue ; on pense au Boléro de Ravel, et même au Pierrot lunaire de Schoenberg, pourquoi pas…

 


 

Le succès de Léonard Bernstein, en France, n’est plus à prouver. L’année dernière, déjà, les représentations de son opéra « Candide » au théâtre du Châtelet ont affiché complet, et la retransmission de ce spectacle à la télévision a battu tous les indices d’écoute. D’ailleurs la plupart des mélomanes européens connaissent bien Léonard Bernstein comme chef d’orchestre, directeur musical de l’Orchestre philharmonique de New-York dans les années soixante, et chef associé à quelques unes des plus prestigieuses phalanges internationales : l'Orchestre philharmonique d'Israël, l'Orchestre philharmonique de Vienne, l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, l'Orchestre symphonique de Londres et l'Orchestre national de France. La plupart des mélomanes européens connaissent bien Bernstein grâce aux « Young People's Concerts », émissions de télévision ( 1958-1973 )  ludiques et élégantes, destinées à un public familial, régulièrement rediffusées, qui ont fait la culture musicale de générations entières de kids grossiers, ignorant tout de la « forme sonate » et du répertoire de Stravinsky. La recette du succès ? Un art de la didactique à toute épreuve, une élégance vintage qui ne laisse pas indifférentes les mères de famille, une télégénie évidente, et un indéniable goût du show

 

 

 

Ce que l’on connaît moins, en général, c’est le Léonard Bernstein intime… le Bernstein authentique. L’opiniâtre travailleur attaché à son « Œuvre » musicale, le mystique juif passionné par la Thora, le père de famille exemplaire, le chef d’orchestre qui défendait les opus d’autres compositeurs comme si leur survie en dépendait, et la sienne aussi… On connaît moins bien le Bernstein authentique… celui qui a composé une étonnante « Messe » en 1971 pour orchestre symphonique traditionnel et orchestre de « rock », celui qui a composé en 1954 un étrange concerto pour violon,  « Serenade », sur l’ambitieux argument du Banquet de Platon… on connaît moins bien le Bernstein composant dans les années cinquante une musique de film pour Elian Kazan, ou écrivant un cycle vocal en langue française, « La bonne cuisine », sur la trame baroque des pages d’un livre de recettes culinaires…

 


 

Bernstein, certainement un peu farceur, déclarait quelques jours avant sa mort qu’il décidait de cesser de diriger des orchestres pour se consacrer exclusivement à la composition. Que c’était mieux comme ça… que c’était plus prudent. Peu après l’annonce de sa mort, le violoniste Isaac Stern déclarait : « Une époque spectaculaire de la musique américaine disparaît… ». En effet… et il faut remarquer que la musique classique américaine s’était bien cherchée auparavant, entre l’intégration de la syncope jazzique avec Aaron Copland ou George Gershwin, et l’ingestion de la tradition musicale européenne Mitteleuropa, avec force cordes lyriques et pathos tragique. L’œuvre de Bernstein marque assurément la réussite, manifeste et internationale, du projet démesuré et naïf qu’était la musique classique américaine… qu’est-ce que la « musique américaine » ? La musique d’une bande de migrants européens, affamés, plutôt incultes, amateurs de cantiques religieux protestants et imprégnés de culture européenne… ? Même Dvorak, compositeur tchèque invité au conservatoire de New-York à la toute fin du XIX ème siècle, ne parvint pas, avec sa fameuse « Symphonie du nouveau monde » ( n°9 – opus 95 ), à donner une réelle identité nationale à la musique nord-américaine… croyant à tort que cette dernière devait se nourrir des chants traditionnels indiens, les « native americans ». Bernstein avait, de son côté, parfaitement compris ce qui faisait le corps et l’esprit de la musique américaine : une spontanéité franche jusqu’à la brutalité, un goût décomplexé du « récit » mélodique, une disposition naturelle au spectacle…

 

 

 

Dans une « master-class » filmée en 1987, Léonard Bernstein disait que la direction d'orchestre devait permettre de « communiquer l'esprit de la musique ». « Communiquer », s’il vous plait…qu’on me permette de le souligner… Qui, aujourd’hui, oserait encore cette conjonction politiquement incorrecte des mots « communiquer » et « musique » ? Communication et art… stratégie et gratuité. Efficacité. Transmission.

 

 

 

Comme nous le disions ci-avant : le problème des œuvres incontournables, c’est qu’elles bloquent le passage. Espérons que le succès médiatique annoncé de la reprise à Paris de « West-Side Story », dans quelques mois, ne masquera pas aux français, l’ensemble de l’œuvre de Bernstein, compositeur américain authentique et « communicateur » de musique hors-pair…



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par Apocoloquintose publié dans : Musique
Dimanche 3 juin 2007

"…le choix de l’homme n’est pas entre ce qu’il croit être le bien et le mal…

 



L'escorteur d'escadre Jauréguiberry

 

…mais entre un bien et un autre bien… il faut choisir…"


Bande-annonce du Crabe-Tambour.



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par Apocoloquintose publié dans : Cinéma

F-X AJAVON

Jusqu'à preuve du contraire, je suis François-Xavier Ajavon, né en 1977.

Au-delà du blog, lisez mes publications dans les domaines de la philosophie et de la littérature.


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