Dimanche 14 octobre 2007
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Une honorable correspondante, Peggy Maurras, opérant dans l’éducation nationale, me fait suivre ce reportage de France 3 ( journal
national ), ainsi que le corrigé de l’exercice de lecture d’image qu’elle a soumis à ses élèves de CM1.
Amadou G., est en fait le président de l'association de quartier "l'amikal de Chicago Kfri" pour lui, la valorisation de l'initiative personnelle et
l'accession à la propriété, fut-elle embryonnaire, sont des vecteurs forts d'épanouissement individuel. Ce terreau dans lequel germe les solidarités vibrantes est ce dans quoi s'enracine une
authentique vie de quartier, à l'écart de la lourdeur administrativo-institutionnelle qu'on trouvera même dans un foyer ou centre socio-culturel. Interlocuteur de la mairie dès qu'il s'agit
d'obtenir le droit d'aller taper le ballon entre deux spliffs dans un gymnase, il ne veut pas lâcher sa tune dans une fédé ou dans un club avec des gens formés et responsables.
Indépendant, il se félicite de pouvoir jouir d'un espace de liberté dédié aux jeunes.
Medhy B., lui, est éducateur au club de prévention œuvrant justement dans ce quartier. Pour lui, encarté CGT après avoir été de longues années militant à la LCR, le "con-container" est un symbole
de la société de consommation et ses nombreux miroirs aux alouettes. Outre le fait qu'il représente un outil de circulation des flux divers animant le marché et sa mécanique capitalistique, le
container est un lieu d'entreposage cyniquement dévoyé ici. Caricatural et stigmatisant, ce faux hall sans cadre est un acte politique dangereux et pernicieux qui marginalise encore plus le jeune
qu'on entrepose dans un container insensé à l'écart des lieux de vie, des vrais immeubles. Désocialisant, ce container est néfaste, il aurait préféré un lieu charmant (chalet montagnard dans le
Nord) servant de foyer dans lequel on pourrait trouver un outil de médiation élémentaire (un baby foot) pour pouvoir exercer son métier dans de bonnes conditions et assurer ainsi un lien
socialisant avec les jeunes des quartiers afin d’œuvrer à leur intégration dans la société.
Adama S.D.D, en revanche, est animateur sportif en contrat de professionnalisation au sein de la commune. Issu des quartiers, il a découvert les métiers
du sport grâce à la transmutation de ses TIG en stage de découverte, résultat d'un partenariat efficace entre le SPIP et la Mission Locale qui l'a ensuite orienté sur un préqualifiant
animation/sport porté par l'UCPA. Ce parcours exemplaire lui a donné une bonne conscience politique d'où son analyse fine de l'acte politique comme "déplacement du problème autre part". Pour lui,
ce lieu ouvert et sans cadre est dangereusement irresponsable. Aucune action pédagogique n'y est menée et en bon professionnel, il se préoccupe évidemment des problèmes de sécurité, notamment
pour les plus jeunes usagers, posés par le défaut de surveillance et d'encadrement des activités. Aucune socialisation ne pourra avoir lieu dans cet endroit. Il aurait mieux valu construire un
stade avec des animateurs diplômés chargés de faire des animations constructives pour canaliser et faire faire l'expérience de la citoyenneté par le sport aux jeunes du
quartier.
Michèle L., gardienne d'immeuble (responsable d'antenne Alcéane selon la nouvelle appellation des postes élaborée lors de la procédure de mise en conformité des intitulés avec la
codification ROME et la convention collective des OPHLM), elle, alors qu'elle doit son pseudo à sa réputation de mauvaise collectrice des échéances des dettes locatives, s'avère plutôt
favorable à cette initiative de sa direction. En effet, elle note que ce lieu dédié aux jeunes n'est pas dégradé et quand bien le serait-il, elle s'en fout car elle est payée pour nettoyer les
parties communes des locaux d'habitations et pas le machin en tôle d'à côté. En plus, les boites à lettres sont fausses, il n'y a pas d'ascenseur dans lequel uriner et les murs sont en aluminium
peint bien plus facile à dé-taguer.
En conclusion, cette initiative est certainement le résultat d’un pari cynique – et savoureux - entre notables quinquas du Havre, au terme d’une soirée
bien arrosée…
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« Et, Jean-Pierre, toi tu te plains toujours des frais que tu dois engager pour la réfection des parties communes de tes HLM, à cause des dégradations… pourquoi tu ferais pas un hall sans
immeuble, pour tes petits cons ? »
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« Arrête Bob, c’est idiot…. Euh, remarque… ce serait une occasion de passer à la télé… »
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« Et en plus tu pourrais présenter ça comme une œuvre d’art conceptuelle… »
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« Banco ! »
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