Partager l'article ! Dutourd : qu'allait-il faire dans cette magnifique "Galère" ?: Dans la série "Les livres que vous n'avez pas lu" : Gal&egr ...

Bienvenue sur le blog culturel, antique, médiéval et philosophique Apocoloquintose and Co., lancé en l'an de grâce 2006. Vous y trouverez quelques uns de mes textes publiés dans la presse, quelques réflexions inédites, et tout un fatras philosophico théologico littéraire de bon goût.
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Jean Dutourd, écrivain français connu surtout pour son grand roman Au bon beurre ( adapté au cinéma ) et pour les Taxis de la Marne, Académicien "conservateur" respecté, traducteur en français d’Hemingway et de Truman Capote, publiait dans l’indifférence quasiment générale - en 1947 - un somptueux recueil de poèmes introuvable aujourd’hui : Galère.
Jean Dutourd, poète, écrivain, académicien.
On se délectera de « Galère », le beau texte qui ouvre ce livre hors-norme, et nous offre un échantillon d’un talent que Jean Dutourd n’a pas exploité suffisamment… mais est-il trop tard, Monsieur Jean ?
Galère.
Lourdes ailes, rangs de rames,
Humes grosses du Levant,
Drapeaux, fanions et flammes,
Tous pressés sur le devant,
Etendards et boucliers
Mâts que le cordage racle
Avec de fins bruits d’osier,
Conspirez au beau spectacle :
La mélodieuse Galère,
Douce à la ferme chair des eaux,
S’attachant des rubans d’oiseaux,
Quitte le soleil et la terre.
Portant l’accord fructueux
De la boussole aux étoiles,
Dans ses escaliers de voiles
S’enfle un vent majestueux.
La mer marche sous sa coque ;
Elle ira jusqu’au Cancer ;
C’est un monument baroque,
Dressé sur la courbe mer.
Stable et aventureux palais,
Poisson rond comme une planète,
Elle prend l’or et le rejette
Aux cieux, aux flots et aux galets,
Cependant que meurt – il est mort –
Derrière un ultime pilastre,
Sans cri, sans mouvement, le Port
Qui poudroie aux gloires de l’Astre.