Bienvenue sur le blog culturel, antique, médiéval et philosophique Apocoloquintose and Co.,
lancé en l'an de grâce 2006. Vous y trouverez quelques uns de mes textes publiés dans la presse, quelques réflexions inédites, et tout un fatras philosophico théologico littéraire de bon
goût.
Elisabeth Levy me publie sur Causeur, et m’accable de cette gentille petite présentation : « François-Xavier Ajavon, 30 ans, dont certains naïfs affirment qu’il
soutiendra un jour sa thèse de philosophie, devrait avoir résolu son complexe d'Œdipe depuis le retour d'Ingrid B, notre mère à tous. »
Dans le papier « Aux armes, et caetera » je m’occupe sérieusement du cas des ridicules petits comiques du Stade de France qui ont sifflé l’hymne national, dans l'unique espoir de passer à la
télé...
Le papier sera également publié dans l’édition du mois de novembre de la Revue de Défense Nationale, sous la forme d'une version légèrement modifiée.
Les médias n’en feront certainement pas un fromage, demain, mais l’acteur et chanteur Philippe Clay vient de mourir. Voilà une bien triste nouvelle. L’animal s’était
distingué, notamment, par plusieurs chansons « anti-contestataires » peu après Mai 68, qui lui avaient valu la dignité honorifique de « chanteur de droite ». C’est notamment avec la complainte «
Mes universités » ( 1971 ), qu’il avait exprimé sa réticence à l’égard du mouvement étudiant gauchiste : « Mes
universités / C'était pas Jussieu, c'était pas Censier, c'était pas Nanterre / Mes universités / C'était le pavé, le pavé de paris, le Paris de la guerre »
On lui doit également le générique de la série tv « Les brigades du tigres » ( mais si, vous savez : « M’sieur Clémenceau, etc. »), ainsi qu’une interprétation inoubliable de la
chanson « Monsieur William » de Jean-Roger Caussimon et Léo Ferré. L’animal avait aussi été un acteur de Pierre Schoendoerffer…
L'interprète de "Mes Universités", chanson qui lui avait valu d'être catalogué à droite, avait joué pour la dernière fois au théâtre l'an passé dans "L'escale" de l'Autrichien Paul
Hengge au La Bruyère à Paris. Son dernier film était "Là-haut" de Pierre Schoendoerffer en 2004. Enfin, il apparaissait dans la série télévisée "La commune", diffusée actuellement sur
Canal+.
Outre "Mes Universités", sa chanson la plus connue, il avait notamment interprété "La complainte des apaches", générique de la série TV "Les brigades du Tigre" (musique de Claude
Bolling).
Philippe Clay, né Philippe Mathevet le 7 mars 1927 à Paris, a commencé à chanter au lendemain de la guerre, après avoir remporté un concours amateur auquel l'avaient inscrit des
copains au café "La colonne de la Bastille".
Avec pour tout bagage quelques leçons de comédie, il se lance dans la chanson. Mais sa carrière ne débute vraiment qu'en 1953, lorsqu'il rentre de trois ans en Afrique du Nord où,
dit-il, "j'avais rodé un vrai répertoire avec quinze chansons". Il connaît son premier "tube" avec "Le noyé assassiné", chanson écrite pour lui par Charles Aznavour.
"Les voyous", "Festival d'Aubervilliers" et "Le danseur de Charleston" sont aussi des succès.
Philipe Clay promène sa longue - 1,90 m - et maigre silhouette dans les plus grands cabarets où il interprète Charles Aznavour, Claude Nougaro, Jean-Roger Caussimon, Boris Vian,
Serge Gainsbourg, Jean Yanne, Léo Ferré, Jacques Datin, Jean-Claude Massoulier ou Bernard Dimey, qui sont ses amis.
Il sera balayé par la vague yéyé des années 60 mais il refait surface après Mai 68, avec quelques chansons anti-contestataires. "Mes Universités", qui oppose l'esprit de Mai 68 à
celui de la Résistance, le situe clairement à droite, d'autant plus qu'il s'engage au RPR.
Pour lui, sa chanson a été "politisée". "Or +Mes Universités", c'est une chanson autobiographique. A 15 ans et demi, je suis parti me battre précisément contre le fascisme",
souligne-t-il.
Artiste touche-à-tout, amateur de livres, de vieilles pierres et de bowling, Philippe Clay, marié et père d'un enfant, s'essaie également au cinéma et à la télévision, tournant
dans une trentaine de films et de nombreux feuilletons et téléfilms.
Au cinéma, il est souvent abonné aux seconds rôles. Sa silhouette lui vaut cependant d'incarner Valentin le Désossé dans "French Cancan" de Jean Renoir (1955). Deux ans plus tard,
il est Clopin Trouillefou, roi des voleurs, dans "Notre-Dame de Paris" de Jean Delannoy, au côté de Gina Lollobrigida et d'Anthony Quinn.
A la télévision, l'interprète de "La quarantaine" et de "Cigarettes, whisky et p'tites pépées" apparaît notamment dans le feuilleton "Le chevalier de Pardaillan" (1985), "Le
Gerfaud" (1988) ou "La Grande Béké" (1998).
Mais c'est la scène qui, dit-il, lui procure "le plus de plaisir". Don Quichotte (1966), Monte-Christo (1975), "Le barbier de Séville" (1988), "L'aiglon" (1993) ou "Visites à
Mister Green" (2001) témoignent de l'éclectisme et de la vitalité d'un artiste qui aimait cependant se dire d'"une fainéantise maladive".
La chasse aux
musiciens de droite est ouverte. C’est parti pour la chasse aux sorcières ! C’est parti pour la chasse aux Snark ! Qu’on se le dise ! On savait déjà que les Rita Mitsouko étaient passés, il y a quelques semaines, devant le grand tribunal du « Bien », et avaient du répondre dans l’hebdomadaire
Marianne de plusieurs chefs d’inculpation tels que : anti-communisme, sympathie sarkozyste passive, crainte des intégrismes religieux, amitié pour Maurice G. Dantec, etc. mais la fête
n’est pas finie.
L’opération de purification politique de l’aristocratie du spectacle n’est pas terminée. La manœuvre de liquidation des miasmes anti-progressistes est en cours. Le remplacement de toutes les
piquantes individualités politiques et philosophiques, par un monde d’« intermittents du spectacle » dominants, homogènes et obéissants, n’est pas achevé. Quelques boulons doivent être encore
resserrés.
Le grand « Show », fébrile et permanent, tonitruant et médiatique, qui soutient habituellement les artistes, n’hésite pas à les dévorer quand l’occasion se présente. Le grand Moloch médiatique, «
saturne africain », le bel Ba’al Hammon à carte de presse, réclame sa pitance sacrificielle. Le dieu cosmique carthaginois des réseaux d’information veut de la chair fraîche, du rocker
culte, du guitariste virtuose, du chanteur glamour… Il en veut toujours plus. Toujours ! Toujours ! Un jour, quoi qu’il arrive, il veut détruire, avaler, ravaler, reprendre ce qu’il a
construit…
Fred Chichin, des Rita Mitsouko, nous a quitté la semaine dernière, mais la presse française a trouvé dès ce week-end une
nouvelle cible « rock n’roll » à diaboliser : le formidable chanteur britannique Morrissey, ex-leader du groupe culte « The Smiths », et maître à penser glam de toute une génération.
L’excellent webzine de gauche Rue89.com, qui est en général une source d’information particulièrement intéressante, nous livre ce samedi un article dissonant qui règle son compte de manière un
peu expéditive, et sans plus d’enquête, au chanteur Morrissey : "Pour Morrissey, l'Angleterre
est "submergée" par les étrangers".
"Morrissey" en mode "pieds de poule" et "studio harcourt"
Les objets du délit ? Morrissey a donné une interview téléphonique au célèbre magazine britannique « NME » ( New musical express ), dans laquelle il tient des propos particulièrement « limites »,
à la marge de la xénophobie, sur la question de l’immigration en Grande-Bretagne. Pierre Rouchaléou de Rue89 écrit : "(Morrissey) s’est engagé dans un chemin bourbeux, en déclarant (…) que
l’identité britannique est menacée de disparaître, le Royaume-Uni étant "submergé" par les étrangers." Le chanteur déclarant notamment que : « (…) plus l'afflux d’étrangers est en hausse en
Angleterre et plus l'identité britannique disparaît. ».
Vivant entre Los Angeles et Rome, Morrissey n’est plus directement concerné par la situation migratoire britannique, dont il s’est éloigné. Il a notamment coupé le lien avec Leicester "première
ville du Royaume-Uni où les Blancs sont en minorité" comme le rappelle malicieusement l’article de Rue89. Morrissey, échaudé, déclare au magazine anglais NME : "Si vous voyagez en Allemagne,
c'est toujours absolument l'Allemagne. Si vous voyagez en Suède, celle-ci a toujours une identité suédoise. Mais si vous voyagez en Angleterre, vous n'aurez aucune idée où vous êtes."
Tiens, il ne parle pas de la Frnace… Poussières de xénophobie ? Traces ? Certainement. Et on le regrette, parce qu’on l’adore « Moz »… Mais « racisme » ? Certainement pas. Nulle part, dans
la presse ou sur le web, Morrissey n’a fait état de son allégeance à des théories raciales. Quoi d’autre ? Crainte paranoïde face au visage « hyper-tolérant », « ultra-diversifié » et «
super-ouvert » que la Grande-Bretagne a choisi de se donner depuis quelques années, et qui a notamment conduit au scandale du « Londonistan » ?
Avec une mauvaise foi exemplaire ( et un brin d’humour qui me fait quand même aimer Rue89… pardonnez-moi… ), l’auteur de l’article contre-argumente faiblement : « Lors de mon dernier séjour
Outre-Manche, on conduisait toujours à gauche sur l’Albert Bridge peint en blanc et rose, et les toasts, sandwichs, cheddar, puddings, fudge du "five o’clock tea" au Berners Hotel à Londres
étaient toujours, comment dire, plus ou moins inspirés. Mind the gap ! ».
« Mind the gap » : fameuse inscription jaune – mythique - sur les quais des stations de métro londoniennes, informant de la proximité des rails… « Attention à la bordure du quai », «
Attention danger ». « Attention Morrissey, tu deviens ‘limite’ » ? On aime bien l’approche du journaliste, mais on aimerait de la part du journaliste plus d’honnêteté. Loin de moi l’ambition de
justifier les propos de Morrissey, que je trouve globalement assez regrettables ( ne serait-ce que par le tort que cela va encore lui causer… ), mais il faut tenter de comprendre ce qu’est
devenue la Grande-Bretagne depuis quelques années… Il faut tenter d’approcher de l’esprit les prêcheurs radicaux musulmans, faisant l'apologie ( voilée, ou non… ) des attentats du 11 septembre
2001, à la Mosquée de Finsbury Park… Finsbury Park, tentez de vous approcher… Il faut tenter de le pénétrer ce « Londonistan » inquiétant, avec ses fidèles radicaux…. trop
longtemps tolérés par les autorités britanniques, et dont certains fidèles seraient tombés dans la clandestinité au cours des années 2003-2005, peu avant les attentats du 7 juillet 2005 à
Londres. Cela n’excuse en rien la xénophobie « téléphonique » de Morrissey, mais cela apporte des éléments de contexte au dossier…
"Une cravate est une corde au cou" ( Malraux )
On s’étonne de la conclusion de l’article du magazine britannique : « Si Morrissey fut jadis la voix d’une génération, aujourd’hui, elle ne l’est plus pour nous »… signe de la political
correctness du NME ou de la méconnaissance de Morrissey par le journaliste ? En réalité cela fait des années que l’on accuse Morrissey de faire de la provocation subversive sur le thème de
l’apologie de l’identité britannique… dans « National Front Disco » ( album « Your Arsenal », 1992, EMI ) il avait déjà provoqué l’indignation, en chantant « England for the English ! » ( dans
une chanson évoquant le parcours de jeunes britanniques désespérés « finissant » au National Front et dans le hooliganisme ) ; Morrissey avait également choqué avec « Bengali in Platforms » (
album « Viva Hate », 1988, EMI ) à propos de l’immigration pakistanaise. Qui saura faire la part des choses entre provocation subversive ( dans un temps de tolérance absolu ) et adhésion sincère
au nationalisme U.K ?
On reproche même au chanteur, ça et là, d’apparaître parfois sur scène enveloppé dans le drapeau britannique, l’Union Jack…on croit rêver… en furetant un peu sur le web on découvre que
l’un des sites du Nouvel Observateur, Obstyles ( le portail des nouvelles tendances ), n’hésite pas à écrire :
« (Morrissey) a toujours été proche de l’idéologie du mouvement skinhead, n’hésitant pas à apparaître lors de ses concerts enveloppé dans le drapeau Union Jack, symbole des
nationalistes. » Diantre. Voilà « Moz » skinhead ( Ces quatre ou cinq dingues aux crânes rasés qui sillonnent l’Île-de-France ? Vraiment ? ), et l’Union Jack devenu un symbole
fasciste… Peut-être est-ce là le crime intellectuel d’une jeune stagiaire de l’Obs... mais on ne saurait tout de même lui pardonner… et le drapeau français est-il devenu un symbole
pétainiste ? Vraiment ? Aïe… j’ai mail à mon cerveau…
On ne saurait effacer, à l’aune de ces différents éléments contradictoires et discordants, la dimension essentielle des chansons de Morrissey et des Smiths dans l’histoire de la pop musique
actuelle. Rien ne saurait effacer : « The Queen is dead », « Maladjusted », « Driving your girlfriend home », « Angel, angel, down we go together », « Piccadilly Palare », « Speedway », etc.,
etc., etc,...
On se délectera aussi de l’addenda qui a été prudemment mis en ligne, dès le lendemain de la publication de cet article par Rue89 : « Mise a jour 1 Dec 07 Morrissey a porté plainte
contre le magazine NME pour diffamation. Les avocats de Morrissey ont publié une mise au point sur le site www.true-to-you.net ».
Dont acte.
Alors simple xénophobie…. xénophobie « téléphonique » ? Passagère ? Injustifiée ? Simple accident d’interview ? Simple inadvertance idéologique ? Appel trop tardif ? Appel au saut du lit ?
Habituelles techniques journalistiques de piégeage ? Guet-apens en bonne et due forme ? On repense au texte de la sublime chanson « Speedway » : « I’ve always been true to
you…in my own strange way… I’ve always been true to you… in my own sick way… I’ll always stay true to you… ». Je serai toujours honnête avec vous…
Jusqu’où ira la chasse aux vieux Snark, délicieusement réacs et glamours, du « Rock n’Roll » mondial ? Qui sera la prochaine victime pop-culturelle de la néo-inquisition
politique des médias ? Quel innocent ? Mick ? Paul Mac’Ca’ ? Elton ? La chasse aux musiciens de droite est ouverte. C’est parti pour la chasse aux sorcières ! C’est parti pour la chasse aux
Snark ! Qu’on se le dise !
La fête n’est pas terminée ! Le procès est à venir ! Les procès sont à venir… et que – par pitié – pendant que les très dignes et brillants lawers britanniques engrangent leurs honoraires, le « rock » ne cesse pas de se faire, surtout pas… right side/left side… le rock n’a pas besoin
d’avocats, ni d’inquisiteurs syndiqués, fussent-ils « Maladjusted », ni même de chasseurs de Snark, ou de têtes, curieux ou malsains… le rock réclame un peu de silence médiatique à
présent. Le grand « Show » a besoin de se régénérer en silence, en neutralité, en discrétion…. dans l’écho d’un silence, ou dans l’ombre de l’ombre de géants tels que Morrissey…
*
* *
PS : en haut à gauche de cet article, c'est Jean Marais qui est face contre terre, la tronche dans l'eau, sous l'oeil photographique de Jean Cocteau... et
alors ?
Cette semaine l’hebdomadaire Marianne de Jean-François Khan, marqué à gauche, publie sur deux pages un article passablement désagréable, contre le groupe
mythique de Fred Chichin et de Catherine Ringer : « Gare aux Rita Mitsouko en politique ! » (édition du samedi 10 novembre 2007), sous la plume d’une certaine Stéphanie Marteau. (Une jeune
journaliste qui n’hésite pas - à l’occasion - à collaborer en tant que contributrice éditoriale au site de la banque américaine GE Money Bank... Je vous conseille notamment la lecture de « Les Conséquences financières de la fin d’une union libre » en écoutant Les Histoires d’A... des
Rita... ) J’ai lu son article trente fois ce week-end. Il n’y a vraiment rien à faire... Tu sais c’est comme cette fille qui voudrait que je me soigne, et qui abandonne son clebs au mois d’août
en Espagne... j’sens comme un vide... remets-moi Johnny Kidd !
Pochette de "Variéty", le nouvel opus des Rita Mitsouko
Soyons sérieux. Mme Marteau a donc écrit un article de deux pages pour dénoncer la dangereuse droitisation du plus sexy des couples rock « trash » des années 80... le surtitre est
évocateur : « Ils pensent comme Dantec, ils admirent Bruckner, ils adorent Sarkozy... » Ouh la la... Dantec, Bruckner, Sarkozy... Ouh la la... La présentation des Rita en tant que « quinquas
trash » en dit long, également. Des quinquas... des vieux cons quoi ! Ca sent le procès stalinien, la mise au pilori, l’émasculation, la mastectomie, la remise à plat des acquis culturels,
l’exécution publique.
Pour ceux qui auraient raté un épisode, petit rappel des faits : à l’occasion de la sortie de leur nouvel (et remarquable) album Variéty, en mai dernier, les Rita Mitsouko ont été entraînés dans
l’habituel vortex communicationnel de la promotion. A cette occasion ils se sont exprimés à plusieurs reprises sur des sujets périphériques à la musique, notamment dans les pages du Parisien où
ils ont apporté leur soutien discret à Nicolas Sarkozy : « On espère que cette société va se débloquer après des rêves socialo-communistes qui l’ont gangrenée. » Fred Chichin a même été plus loin
dans Télérama sur le thème de l’anticommunisme : « Tout jeune, j’étais confronté à une contradiction flagrante : mon père était un communiste fou de westerns, mais, à cause de ses convictions, il
voyait les westerns en cachette. Parce qu’officiellement il fallait détester le western américain, pur produit de l’idéologie impérialiste US. (...) J’ai appris le nihilisme et cette culture de
se construire dans la haine de ce que l’on est. Tout ce qui n’était pas blanc était formidable, tout ce qui était blanc était mal. » Sur le rap, le guitariste des Rita n’hésite pas à déclarer : «
Je suis resté deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C’est édifiant sur le niveau et la mentalité... Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable
catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme antiblancs, antioccidental, antifemmes... C’est affreux. » Voilà, en gros, les objets du
délit. La dénonciation de la persistance de l’idéologie communiste en France, sur fond d’histoire personnelle, et la critique musclée d’un genre musical parfois agressif.
Cela n’empêche pas Mme Marteau, de Marianne, d’instruire un authentique procès inquisitoire. On aimerait bien la rencontrer en vrai cette jolie petite fiancée idéale de Bernardo Gui. On aimerait
l’entendre chanter quelque chose sur scène... Elle répète à longueur d’article que les Rita Mitsouko ont de la « haine » à cracher (référence inévitable à leur tube des années 90, Y’ a de la
haine !), qu’ils sont racistes, intolérants, agressifs, inactuels, dingues, dangereux, etc. Halftime sociologue de bazar, Mme Marteau estime que le parcours des gens fabrique strictement leurs
engagements politiques, elle estime que nous sommes tous déterminés par le milieu dans lequel nous avons grandi et par les parents qui nous ont faits : « Aux yeux de tous, ce groupe emblématique
des années Mitterrand ne pouvait qu’être de gauche. Tout dans leur histoire, leur milieu, leurs combats semblait l’indiquer. Fred Chichin a grandi à l’ombre des tours d’Aubervilliers, élevé par
des parents communistes. Son père, critique de cinéma, a été exclu du Parti en 1967 pour maoïsme. Catherine Ringer, elle, est la fille d’un peintre juif polonais qui a survécu à la déportation. »
Le fils d’un communiste et la fille d’un artiste peintre ne pouvaient donc donner que des gens de gauche, de purs humanistes, progressistes, confiants en l’avenir radieux, optimiste en la vie et
les hommes...
Le couple infernal domine le quartier.
On avait pensé à : "Deux blancs sur le zinc", mais - vu le contexte - on a renoncé.
Stéphanie Marteau ne supporte pas que le groupe, engagé dans tous les combats médiatiques de la gauche durant les années 80-90, ait changé de bord : « ...la Ringer, diva punk
exubérante, et son mari, guitariste destroy et surdoué, étaient de tous les combats de gauche. Devant 100 000 personnes place de la Bastille, en 1986, avec SOS Racisme. Avec Jacques Higelin et
leur copine Josiane Balasko pour une soirée organisée par le DAL en 1993 dans un immeuble inoccupé de l’avenue René-Coty, pour empêcher l’expulsion de familles sans logis. » La journaliste donne
ensuite des gages documentés de la monstruosité des Rita Mitsouko.
En se reposant sur le témoignage (soumis à caution - car passablement haineux) du frère de Fred Chichin, Fabrice, elle indique que le couple aurait refusé d’héberger un sans-papiers... scandale !
Fred et Catherine n’ont pas voulu accueillir un type innocent, sauvagement pourchassé par les hordes policières françaises à la solde d’un Etat négrier et impérialiste... Quel scandale !
Le second gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est qu’ils n’ont pas accepté que la prestation scénique qu’ils ont offerte au Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), soit
reprise sur le DVD édité par l’association. La journaliste recueille le témoignage de Stéphane Maugendre, vice-président de l’association : « Les Rita sont les seuls à avoir refusé que leur
prestation soit reprise sur le DVD réalisé par l’association. » Quel scandale ! Vouloir garder un droit de regard sur l’exploitation de son image et de ses œuvres est certainement mal vu dans
certains milieux...
Le troisième gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est donné par un « proche » anonyme du couple, qui déclare : « Ils ont très peur de la montée de l’intégrisme musulman, confie un proche.
Depuis les attentats du 11 Septembre (2001), c’est un sujet qui les hante, qui les angoisse beaucoup, surtout Fred. » Frappé du sceau de l’anonymat ce témoignage est instructif... D’abord
il semble nécessaire de rappeler aux lecteurs de Marianne que le « 11 Septembre » est un événement qui s’est passé en 2001. Ensuite il est scandaleux, semble-t-il, pour un guitariste, de
s’inquiéter de la montée des intégrismes religieux...
Le quatrième gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est leur intérêt pour l’œuvre de l’essayiste Pascal Bruckner (qui a notamment - ô infamie ! - défendu l’intervention militaire américaine en
Irak).
Le cinquième gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est leur intérêt pour l’œuvre du romancier Maurice G. Dantec : « Comme leur copain, le romancier Maurice Dantec, qu’ils vont parfois voir au
Canada quand ce n’est pas lui qui leur rend visite à Paris, ils redoutent une guerre civile en France. »
Glam, glam, glam, glam...
Paranos et droitisants, donc, les Rita ? Je fais le point : il m’arrive de lire Dantec, je suis un lecteur occasionnel de Bruckner (qui ne me déplaît pas du tout quand il s’exprime
dans mon téléviseur secam couleur), je n’ai pas de « sans-papiers » sous la main, et je ne goûte pas particulièrement au rap... Je vis dangereusement... ?
Le sixième gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est que le site Occidentalis a repris en ligne certaines de leurs interviews. Diable ! Les Rita seraient donc responsables des récupérations
et reprises « extrémistes » de leurs propos... Où va-t-on ?
Pour finir, la critique de cette « dérive » politique des Rita Mitsuko est cautionnée, dans cet article, par le témoignage d’un ancien employé de Virgin, Thierry Planel, dont on ne sait pas très
bien s’il fut vendeur à mi-temps au rayon world music des Champs ou directeur artistique : « Leur intransigeance artistique s’est transformée en intolérance politique. » On craint pour les
prochaines productions de David Bowie ou de « Love-Symbol »-Prince... si l’intransigeance est un signe d’abomination droitisante... Ziggy Stardust et le kid de Minneapolis vont-ils virer
fascistes ?
C’est pas très rock’n’roll tout ça... Baby, j’sens comme un vide... remets-moi Johnny Kidd ! C’est même un joli tissu d’âneries tout ça. On n’a pas peur de cracher au visage de l’un des meilleurs
groupes français, de dévaloriser leurs créations, de s’asseoir sur leur patrimoine, pour la seule raison qu’ils seraient devenus « de droite »... On en oublierait même que le couple le plus glam
de la scène rock française est au centre du film Soigne ta droite de Jean-Luc Godard...
Et si on laissait les gens s’exprimer librement ? Et si on s’astreignait, dans la presse, à juger les artistes sur pièces ? Si on s’astreignait à ne juger les artistes que sur leurs œuvres ?
Et si on admettait que les créatifs peuvent aussi avoir des opinions conservatrices ?
Pourquoi pas ?
Hein ?
Addenda du 29/11 : Fred Chichin est mort hier. Dans le concert de louange médiatique, et d’hommages, Marianne2.Fr ( le site
web de l’hebdomadaire ) nous offre une petite perle de culture, un petit bijou d’auto-critique voilée : « Rita Mitsouko: les bien-pensants les avaient déjà enterrés » par Alain Léauthier, dans lequel
le journaliste écrit : « … les deux quinquas n'adoraient plus le veau gras d'une certaine vulgate progressiste approximative, figée sur les « acquis » et incapable de penser les nouveaux
défis contemporains.(…) On jugeait donc de mauvais goût leur regard vaguement intéressé sur Nicolas Sarkozy et carrément limite leur amitié avec l'écrivain Maurice Dantec, « grand malade » des
Lettres Françaises, obsédé par le déclin et l'islamisation supposée irréversible du vieux continent européen. Les Rita avouaient leur peu d'estime musicale et humaine pour la scène rap
française. Cela a suffi, semble-t-il, à les disqualifier auprès de quelques arbitres autoproclamés des élégances artistiques et morales. ».
Comme nous l’annoncions déjà dans un post du 29 juillet, le producteur et chanteur Bertrand Burgalat nous gratifie d’un nouvel album « Cheri B-B », déjà accessible en
dématérialisé sur le site du label Tricatel, et prochainement disponible en CD dans les bacs les plus respectables.
Bertrand Burgalat
Dans un papier récent, publié par Paris Match, le 15 août, « LES ÉCHECS RÉUSSISSENT À BERTRAND BURGALAT », on pouvait lire :
« Depuis trois ans il partage la vie de Vanessa, styliste chez Azzaro. Ils vivent dans un bel appartement à Paris, plein d'instruments bizarres et de livres d'art. Diabétique, opéré trois
fois des yeux, il ne boit plus et ne fume plus. « J'ai failli devenir aveugle. Quand j'ai recouvré la vue, je me suis calmé. » A la présidentielle, Bertrand a voté Bayrou, puis Sarkozy, même s'il
aurait préféré Jospin. Il n'a toujours pas d'enfants : « Je n'aurais pas fait tout ça si j'avais eu des enfants plus jeune. Maintenant, la seule chose qui m'effraie c'est d'en avoir au même âge
que mon père... »
Voici une nouvelle interview de Bertrand à propos de son nouvel – et splendide - opus.
Le quotidien Le Monde lui rend un vibrant hommage au coeur de l'été... ici.... ne soyons pas en reste, et saluons à notre tour ce petit génie du détournement d'image, qu'est
Mozinor.
Belmondo fait le guignolo pour Henri Verneuil dans "Peur sur la ville"
Dans cette vidéo, un "must", Mozinor détourne le film des 70's "Peur sur la ville"....
Le compositeur soviétique Khrennikov( 1913 – 2007 ) vient de s’éteindre à Moscou. Compositeur assez médiocre, et grand patron
de la musique Russe depuis plusieurs décennies, Khrennikov est connu pour avoir contribué à la persécution stalinienne de quelques uns des plus grands compositeurs du XX ème siècle tels que Serge
Prokofiev ou Dimitri Chostakovitch.
Nommé président de l’Union des compositeurs soviétiques, en 1948, par l'ignoble Jdanov, il mène le combat de normalisation esthétique de Staline et défendit ardemment l’application du
réalisme socialiste à la musique… ce qui se traduisit dans les faits par d’innombrables commentaires officiels contre les œuvres jugées trop «
modernistes » ou « formalistes », ainsi que par des harcèlements répétés contre les compositeurs Russe du XX ème siècle.
Tikhon Khrennikov, compositeur soviétique
L’information RIA Novosti n’a pas été reprise par l'AFP à ma connaissance.
Extrait de son opéra « La mère » de 1952 ( je crois )
Ironie de l'histoire ? Le communiqué du président Russe V. Poutine fait l’éloge sans réserve du compositeur stalinien… "La mort a frappé un compositeur de talent, un mélodiste
remarquable, un homme doué d'une grande créativité artistique. Bien connues et aimées du public de différentes générations, ses oeuvres magnifiques constituent tout une époque dans l'histoire de
notre pays. Tikhon Khrennikov n'est plus avec nous, mais son richissime héritage musical est resté, ainsi que le souvenir de ce Maître éminent"…
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