Mercredi 9 janvier 2008
baupin.jpgDans le contexte des élections municipales à venir, l’adjoint au maire de Paris a proposé, dans une interview au JDD, le lancement d’une inédite et impromptue carte « fruits et légumes » pour les « faibles revenus » parisiens.  Stupeur et tremblements. Est-ce le retour des tickets de rationnement de papy ?  A quand une carte « caviar et vodka » pour la upper-middle class ? A quand la fin de cette orthodoxie politique et morale de l’alimentation ? A quand la fin du ridicule ?




Denis Baupin est né en 1962, ce qui lui donne l’avantage de n’avoir pas connu les périodes de grandes pénuries de l’après seconde guerre mondiale. L’adjoint « Vert » au maire de Paris, Bertrand Delanoë, a éclos dans un chou ( garanti sans Ogm ), un petit matin tendre et virginal des années De Gaulle. Denis Baupin n’a donc pas connu les « tickets de rationnement », tels qu’ils ont circulé dans les familles françaises – sous diverses formes - entre 1941 et 1949. L’idée était bonne à l’origine : tenter une équitable répartition des denrées dans une période de pénurie grave, occasionnée d’abord par la période d’occupation puis par le désordre de l’immédiat après-guerre. Les tickets de rationnement donnaient accès à différents types de ressources, selon la catégorie à laquelle on appartenait : nouveaux-né,  jeunes , adultes, vieillards, etc. ( On notera au passage qu’en ce temps là on osait parler de « vieillards » - mot splendide, plein de noblesse - et que l’on ne se perdait pas dans les milles euphémismes modernes par lesquels on fait signe vers le grand-âge : personnes âgées, individus ayant accès aux avantages de la carte vermeille, « nouveaux » grands parents , etc. ) Bref, les français de l’après-guerre on du se rationner, se priver, partager la ressource…


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Tickets de rationnement ( 1947 )


Mais quel rapport entre Denis Baupin et les cartes de rationnement ? J’y viens. Dans un entretien au JDD ( 06/01/08 ), la tête de liste aux élections municipales de 2008, parfois qualifié de « Khmer vert » pour l’intransigeance de ses idées écologistes, a présenté les grands axes de son programme. L’adjoint aux transports est revenu sur ses obsessions habituelles : il souhaiterait rendre les autoroutes franciliennes et le périphérique parisien payants pour financer les transports collectifs, et il voudrait « réserver une voie aux bus, taxis, véhicules propres, covoiturage et véhicules d'urgence sur le périphérique et les autoroutes », etc. Le promoteur de la Fête nationale du vélo a fredonné sa banale « petite musique » écolo, sa coutumière ritournelle hyper-moderne branchée, son habituel déchaînement d’animosité contre l’automobile, l’un des ultimes symboles archaïques de puissance et d’individualisme, issu du monde « ancien ». ( Imaginez le topo aussi : on peut fumer dans sa voiture, manger gras, tromper sa femme, écouter le Sacre du printemps de Stravinsky en chantant, être grisé par la vitesse, etc. ) Comme d’habitude M. Baupin cherche donc à nous convaincre que l’automobile – encombrante, polluante, bruyante - est un archaïsme phallique du XX ème siècle, complètement vintage, aussi dépassé que les véhicules hippomobiles d’antan ou que le grand-Bi. Alors que les bus ( qui veulent nous faire « aimer la ville » selon le slogan de la RATP ), le Vélib’, le roller ou la marche à pieds en « bandes », façon « pride » ambulatoire, appartiennent vraiment au XXI ème siècle, à l’avenir du « vivre ensemble » collectif et citoyen, à la modernité victorieuse et imbue de son joyeux progressisme.


Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, le Président du Club des Villes Cyclables a eu une idée nouvelle, inédite, surprenante… il propose de remettre en circulation des « tickets de rationnement ». Entendons-nous bien, l’adjoint au maire ne cherche pas à gérer la pénurie de denrées alimentaires, mais il veut donner aux parisiens le goût des bonnes choses culinaires. Ecoutons M. Baupin : « Enfin, nous créerons une carte fruits et légumes qui permettra aux bénéficiaires à faibles revenus de pouvoir acheter 40 € de fruits et de légumes bio par mois. » La petite phrase n’a pas été beaucoup reprise par la presse, ni beaucoup commentée dans les médias, mais M. Baupin nous donne là un formidable exemple d’ingérence publique dans la vie privée. Sous des apparences de politique sociale généreuse ( encore faudrait-il définir ce qu’est, dans l’opulente capitale française, ce qu’est un « faible revenu » ), l’homme politique propose d’instaurer des règles éthiques en terme de consommation de masse : le pauvre est du côté du bien, il devra donc accéder à la « bonne » nourriture, celle qui est issue de l’agriculture « bio ». Partant certainement du principe que les personnes à « faibles revenus » ont une mauvaise alimentation, et de très vilaines habitudes de vie ( comme ne pas voter « Vert », ou même ne pas voter du tout… ), l’adjoint au maire propose de les remettre dans le droit chemin de la consommation « citoyenne » et « responsable ».


Certes, il serait malhonnête de nier que de nombreuses études ont souligné que les populations pauvres ont un accès plus difficile aux fruits et légumes ; une étude de l’INRA rapporte notamment : « Les boissons alcoolisées, le poisson, et dans une moindre mesure les fruits, sont les produits sous-représentés en proportion dans le budget alimentaire des ménages aux revenus les moins élevés. ». Mais cette réalité justifie t-elle ces grotesques « tickets de rationnement » à caractère « bio », destinés à donner bonne conscience au public bobo-branché des « Verts », à Paris ? Outre les inquiétants relents historiques de l’opération marketing, vous les imaginez les pauvres, à Paris, les vrais pauvres, les vrais de vrais, au rayon « agriculture équitable et biologique » du Monoprix de Saint-Germain des Prés… je ne parle pas des « précaires » de l’éducation nationale ou des « intermittents du spectacle » en « situation difficile », de retour du Festival de l’objet, de Blois, non… moi je parle des durs de durs… vous les voyez les vrais pauvres, les familles nombreuses, avec leurs huit mouflets et mouflettes, en train de présenter timidement leurs « tickets de rationnement » à la vendeuse de l’épicerie fine du coin, pour faire l’acquisition d’une petite salade « solidaire », aux concombres, issue de l’agriculture équitable ou pour se rendre propriétaire de 300gr de rutabaga destinés faire une petite purée « hype » à la cannelle et à la muscade ? Vous les voyez, avec leurs tickets, chez Fauchon, se rendre possesseurs de quelques tubercules de topinambours « bio » ? Mais, d’ailleurs, où diable pouvons-nous les rencontrer les produits « bio » ? Dans les quartiers pauvres ?


On me dira que la déclaration de presse, fantaisiste, d’un candidat à l’élection municipale, dont le parti politique ne totalise pas davantage que 5% des intentions de vote, ne mérite pas tant d’intérêt. Certes. Mais le brillant édile, infatigable militant de toutes les causes passant à sa portée ( contre la surpopulation carcérale, pour la libération d’Ingrid Bétancourt, pour le Sidaction, contre les lois Hortefeux, pour les familles de la rue de la banque – rue de la « banque » : quelle subtile symbolique ! -,  pour les vélos, contre les courants d’air, pour l’eau et le gaz à tous les étages, contre les moteurs diesel, pour la techno-parade thématique « sauvons la planète », etc. ), serait bien capable de faire avancer – avec toute la gravité dont il est coutumier - cette idée dans le débat public.


Devons-nous laissez Denis Baupin sortir de sa mono-thématique habituelle du « déplacement durable » ? ( Dans laquelle il excelle de drôlerie post-moderne précieuse et indignée – et fait le bonheur de tant d’observateurs amusés ). Devons-nous laisser les « faibles revenus » se faire ainsi humilier par la morgue néo-bourgeoise ambiante désireuse de les nourrir bio ? Désireuse de les intoxiquer politiquement ? Les fantasmes de la bobo-cratie parisienne -  il faut certainement une bonne alimentation pour circuler toute la journée en Vélib’…  – doivent-ils continuer à prendre appui sur des causes-prétextes ? Rien n’est moins certain.

Réponse dans les urnes, d’ici quelques mois…



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par Apocoloquintose publié dans : Politique
Mardi 25 décembre 2007
On ne l’avait peut-être pas remarqué, mais la campagne de l’élection présidentielle se poursuit durant les fêtes. Juste avant de partir en Egypte pour quelques jours de vacances, le président de la République Nicolas Sarkozy a rendu visite à de jeunes malades, à l’hôpital Necker, tandis que l’ex-candidate Ségolène Royal est venue au chevet de pensionnaires d’un centre d’hébergement social, à Paris. Accidentés du corps vs. accidentés de la vie ? Commentaire d’images.


A noël les français adorent contempler de belles images. Alors que Nicolas Sarkozy vient de rejoindre le sol Egyptien à bord d’un Falcon 900, fabriqué amoureusement par M. Dassault à l’intention de M. Bolloré ( son heureux propriétaire ), on découvre peu à peu les Saintes représentations de piété et de bonté qu’a laissé au bon peuple de France la Présidence – et toutes les diverses entités qui fonctionnent en « système » avec l’Elysée : le premier-ministre, les ministres, et l’opposition.

Pour les frères « Hospitaliers » médiévaux, la visite aux malades et aux pauvres était  strictement codifiée. Selon la règle de Raymond du Puy, lors de la visite aux malades, le frère hospitalier devait être vêtu de blanc et porter religieusement la communion. Il devait être accompagné d'un acolyte portant une lanterne et un goupillon d’eau bénite. C’était un autre temps…

Point d’acolyte ou de goupillon pour Nicolas Sarkozy lorsqu’il se rend à l’hôpital Necker, spécialisé dans les enfants malades. Alors que les médecins urgentistes sont en grève, le soir même du réveillon, le président Sarkozy promet des moyens supplémentaires pour les hôpitaux. Cash. Il déclare aux journalistes : "Je suis venu pour encourager les équipes qui travaillent un jour de fête, pour rencontrer les familles qui sont dans la douleur parce que leurs enfants sont malades, et rencontrer le personnel médical et paramédical qui fait un travail formidable". 




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Nicolas Sarkozy à l'hôpital Necker



Accompagnant la longue procession présidentielle, dans les couloirs de l’hôpital Necker, le photo-journaliste de l’AFP Antoine Gyori nous gratifie d’un cliché fort instructif, qui permet de ranger la visite guindée des hospitaliers médiévaux au magasin des accessoires. Elégant, beau ( « on est beau quand on est amoureux » m’a dit ma concierge ! ), détendu, et souriant, le président de la République semble badiner gaiement avec les journalistes. Emane de cette image un sentiment de profond bien-être. Devant quatre jeunes et jolies infirmières, et une belle maman avec son bébé, le président plastronne un peu, il frime. Si l’on prend pour acquis que les bébés habillés en rose sont des filles, le président apparaît à l’image auprès de non moins de cinq femmes et une autre en devenir. L’hôpital serait donc une histoire de filles ? Aucune trace des vieux docteurs-barbons à lunettes, avec leurs badges phalliques, marqués « Professeur » ; aucune trace des vieux médecins moliéresques en habits traditionnels, aucune trace de la gravité propre au lieu. Aucun mec, quoi. Nous ne sommes pas, là, dans la froideur et la gravité technique de la salle d’opération, ou de la salle de réveil, mais dans la bonne humeur et l’esprit « carabin ». Le père-noël s’est même invité sous les traits ravissants d’une infirmière blonde, dont le minois timide semble trahir le plus grand moment d’émotion de toute sa vie… et, pardonnez-moi, mais... l’on entend pouffer les anges sur cette photo.

C’est à tel point festif, comme image, que la jeune et jolie maman, à droite du cadre, n’a pas l’air bouleversée. Son bébé est-il malade ? On ne sait pas. On est pourtant à Necker. Ce n’est d’ailleurs le problème de personne sur ce cliché. Le bébé : on s’en fout. Tout le monde regarde Nicolas Sarkozy, tandis que la petite fille, elle, nous regarde…  « Il est né le divin enfant ( en rose ) », vous avez dit ?

On ne l’avait peut-être pas remarqué, mais la campagne de l’élection présidentielle se poursuit durant les fêtes. Alors que Nicolas Sarkozy jouait au « coq », à l’hôpital Necker, l’ex-candidate socialiste, « bécassine » auto-proclamée, a également rendu sa visite de noël aux malheureux, aux damnés de la terre. Ce fut également à Paris, mais dans un centre d’hébergement et de réinsertion sociale du Secours Catholique, à la Cité Saint-Martin. Ségolène Royal a déclaré aux journalistes : "Le jour de Noël, c'est là sans doute qu'on prend conscience de la façon la plus aiguë des inégalités criantes, qui loin de se réduire s'aggravent".



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Ségolène Royal au Secours Catholique



Le photo-journaliste de l’AFP Olivier Laban-Mattei a pris une image également assez significative. Ségolène Royal, plus souriante et rayonnante que jamais, est entourée exclusivement de femmes. Et, comme sur le cliché de l’AFP concernant la visite de Nicolas Sarkozy à Necker, un enfant focalise l’attention. « Il est né le divin enfant ( en rouge ) », vous avez dit ? C’est noël. Il faut entendre chanter les anges, que nous le voulions, ou non…

Mais à la différence du cliché sarkozien, la photo ségoliste est plus brouillonne. Un sentiment de désordre et d’évidente désorganisation s’en dégage. Là où la structure de l’image était claire chez Sarkozy ( l’œil va de gauche à droite, du Président à la jeune maman, en passant par ces médiatrices – rieuses - que sont les soignantes ) ; on ne comprend pas bien ce qui se passe chez Ségolène. L’ex-candidate socialiste bavarde soit avec des travailleuses sociales, soit avec des femmes en situation de précarité. C’est un peu le bordel… osons le dire en ces termes. Une bien charitable, et longue, dame brune, à l’arrière plan, semble même essayer de faire un peu la police ( parmi les journalistes ? ), en disant « Ecartez-vous ! », pour donner à cette visite davantage de solennité. Il fait un peu sombre. On est loin de la blancheur immaculée de la chambre d’hôpital de Nicolas Sarkozy. On est dans l’opposition, en somme…

En attendant,  les visites des autres « hospitaliers » qui fonctionnent en « système » avec l’Elysée sont passées inaperçues… Il n’y a guère que la très exhaustive AFP pour rapporter que François Fillon est allé, le soir de noël, à la rencontre de "gens qui souffrent", en visitant des familles dont l'immeuble s'est effondré samedi à Noisy-le-Sec après une explosion due au gaz. Seule l’AFP a rapporté que le fringuant locataire de Matignon s'est ensuite rendu sur la "Péniche du cœur" gérée par les Restos du cœur dans le Ve arrondissement, en présence de Véronique Colucci, veuve de Coluche. Seule l’AFP a rapporté que la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a visité les urgences de l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Seule l’AFP a rapporté que la ministre du logement, Christine Boutin, s'est rendue à l'église St-Leu-St-Gilles, près des Halles, à Paris, pour assister à une célébration de Noël avec des personnes démunies ou sans-abri. Seule l’AFP a rapporté que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, s'est rendu dans une résidence pour personnes âgées à Bry-sur-Marne…

Mais il est évident pour l’ensemble des français que toutes ces escapades hospitalières sont moins « glamour » que celle de Nicolas Sarkozy auprès de ses infirmières conquises, ou que celle de Ségolène auprès de ses femmes « dans la dèche », mais si sympathiques en leur confusion …


Les français, qui adorent contempler de belles images, remercieront certainement nos amis les politiques, et le Père Noël, pour tous ces clichés si finement signifiants et si subtilement  moraux… qui démontrent bien que le si festif « circus » politique contemporain n’a aucune raison de s’arrêter durant les fêtes. Face à un tel déchaînement de « belles images », on se dit que si une fonctionnalité, disponible sur les appareils professionnels des photographes d’agence, n’est pas prête de tomber dans l’obsolescence, c’est bien la rafale… On attend avec impatience, et gourmandise, les belles images du nouvel an, et les « bonnes résolutions » médiatiques circassiennes de nos dirigeants politiques…




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Mardi 18 décembre 2007
bruni.jpgL’exécutif offre au peuple français un chouette cadeau de noël : des images ravissantes du président de la République et de la chanteuse Carla Bruni. Sarkozy monte en gamme. Les médias vivent depuis quelques jours une érection continue, priapique… En attendant, tout le monde a déjà oublié la visite en France du leader libyen Kadhafi…

Par François-Xavier Ajavon


La République française est comme un passage à niveau : les trains qui passent, bruyamment, cachent toujours d’autres trains, et d’autres, et d’autres encore… toujours aussi longs que les précédents. La République française est toujours pleine de surprise. Au lendemain de la visite  du sinistre Colonel Kadhafi, autrement appelé "Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste", la France aborde les fêtes de fin d’année avec une nouvelle réjouissante : notre président de la République, Nicolas Sarkozy, disposerait d’une nouvelle compagne de voyage. Et pas des moindres…

Evidemment la presse et les agences s’enflamment. Les commentaires fusent ! Les dépêches jaillissent ! Les brèves giclent de toutes parts…  Les analyses suintent par tous les pores médiatiques… L’hebdomadaire l’Express a annoncé, dès dimanche soir, que le journal populaire Point de vue était sur le point de publier – ce mercredi – un reportage photographique concernant la relation amoureuse entre Nicolas Sarkozy et la chanteuse Carla Bruni. ( Il serait malvenu de préciser, ici, que l’Express et Point de vue appartiennent au même groupe Belge Roularta, évidemment. Nous n’en dirons rien. Inutile d’alimenter les ragots sur la dimension « organisée », « marketée » et « artificielle » de cette annonce… )   

Tous les zincs des Cafés du commerce vibrent, ce jour, à travers la terre de France… On nous dira, d’abord : « Mais Nicolas Sarkozy a fait le choix du ‘Mieux disant esthétique’ avec cette femme. Elle est splendide ! Un mannequin, quoi ! T’imagines ! T’as déjà approché un mannequin en vrai, toi ? ». On répondra : ok, d’accord. On nous dira : « Mais Nicolas Sarkozy rattrape ainsi son retard d’image auprès des artistes, des professionnels du spectacle, des professionnels du show médiatique, etc. » On répondra : ok, d’accord. On nous dira : « Mais Nicolas Sarkozy offre aux français une romance de qualité à l’approche des fêtes de noël… c’est positif. C’est un coup à gagner quelques points de croissance, ça, sans parler du moral des ménages… et du chômage, qui peut baisser aussi. On ne sait jamais ».

On notera, d’abord, que le Président de la République, invite la femme de son cœur dans un parc d’attraction. En effet, Nicolas Sarkozy a invité sa très récente conquête à Disneyland Resort Paris, le grand complexe festif touristo-industriel de l’est parisien, afin d’exposer son trophée féminin aux regards mornes et froids des objectifs photographiques. On notera donc que le Président de la République invite la femme de son cœur dans un espace dédié au plaisir codifié, au délassement organisé, à la festivité obligatoire, aux réjouissances entreprisées, au bonheur mesuré... Nous somme là dans un univers festif, dans l’hyper-« show » télévisuel et photographique, où chaque histoire d’amour peut se réduire à un clip vidéo. Marine Le Pen, imperceptiblement malveillante, parle d’un « conte de noël à petit budget », destiné à faire oublier aux français leurs problèmes quotidiens… la leader frontiste ironise même sur « Sarkozy de Monaco ». Référence inévitable au couple Rainier III – Grace Kelly. ( Espérons, au passage, que la talentueuse Carla ne subisse pas le syndrome Grace Kelly : une brillante interprète hitchcockienne tombant dans la fange des pages people, sans plus rien produire d’artistique jusqu’à sa mort… ) Alain Duhamel craignait, ce matin, à l’antenne de RTL, une « grimaldisation » de la politique française… François Hollande, du Parti Socialiste, a été plus sobre : « pas de commentaire ». On n’a pas idée d’inviter une femme comme Carla Bruni à Eurodisney, temple de l’anti-élitisme…  On aurait préféré les voir au Jardin des plantes, ou mieux… au méconnu Jardin tropical de Paris… dans un lieu qui fasse moins « décor », moins carton-pâte, moins « cheap »…



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Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt...


La République française est comme un passage à niveau : les trains qui passent, bruyamment, cachent toujours d’autres trains, et d’autres, et d’autres encore…  la « rose » est-elle destinée à nous faire oublier le dictateur ? Le sinistre leader arabe Kadhafi, autrement appelé « Botoxman », dans une hilarante chronique de Michèle Stouvenot du JDD de la semaine dernière, vient à peine de quitter le territoire national que le chef de l’état redonne un coup de fouet à la communication élyséenne : le Président ne fait pas que vendre des Airbus et des centrales nucléaires à des anciens terroristes notoires, il courtise aussi des anciens mannequins. Mickey et Minnie Mouse, souris anthropomorphes de l’hyper-spectacle cherchent donc à nous faire oublier la venue de Botoxman… Stouvenot note à propos de la venue en France de Kadhafi : « Le chef de l'Etat attendait un terroriste à la retraite, un dictateur repentant en quête de rédemption, et qu'at-il vu débouler ? (…) Une vieille rock star en quête de box-office. Un mix de Mick Jagger et de Michael Jackson. La bouche pulpeuse et lippue, siliconée à la Michel Sardou, le cheveu noir corbeau Régécolor à la Jack Lang, le visage comme rafistolé par un Picasso du scalpel, le poil au menton hirsute, la moustache maigre, c'était Botoxman. Au Louvre, Belphégor. A l'Assemblée, Dark Vador dans La guerre des étoiles . Il y a de quoi être saisi ».

En effet. Après le « Kadhafi tour », l’Elysée nous offre une nouvelle super-production du « Château » élyséen : le « Carla Bruni tour ». Il est permis de prendre des photos. Il est même permis de filmer. Il est permis, également, d’avoir des vertiges : à quelques mois de son élection le président qui promettait la liquidation de la culture de « Mai 68 », s’est rapproché de la Chine communiste, de la Russie de Poutine, de l’Algérie et de la Libye du sinistre Colonel Kadhafi… et comme signe de stabilité personnelle il a envoyé aux français le « signe » de son divorce. L’arrivée de la « rose » Carla, arrivera t-elle à faire oublier ces si nombreuses, et indignes, poignées de mains consenties à des tyrans ? Rien n’est moins certain. A propos de la venue en France de Kadhafi, Pascal Bruckner s’agaçait, dans Le Monde : « Ce devait être la rédemption du barbare venu réintégrer les rangs de la civilisation. Ce fut l'inverse : le barbare, plein de morgue, nous a fait la leçon.» Et Bruckner de terminer sur cette interrogation angoissante, qui ne semble plus être d’ailleurs qu’une question de calendrier : « A quand le tapis rouge déroulé devant M. Ahmadinejad ? »


Mais qu’importe l’orientation diplomatique que prend l’hexagone, si Mickey et Minnie se font des câlins, médiatiques et sucrés, à Marne la Vallée… Qu’importe que la France ait été bafouée par la visite du "Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste", tant que le grand show festif s’accomplit, et se déploie jusqu’à l’apoplexie. Nous avions tort de penser que le calendrier de Sarkozy était un calendrier politique, c’est un calendrier de l’avent…



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par Apocoloquintose publié dans : Politique
Mardi 27 novembre 2007
La France est au bord de la nouba sociale, de la grande quinzaine festive de l’automobile calcinée, de la médiathèque municipale Louis Aragon carbonisée, de l’école maternelle Georges Marchais consumée. Emeutes ? Emeutes ? En même temps la France pleure une étudiante en journalisme, atrocement assassinée dans le RER. Acte impardonnable. Impardonnable. On craint le retour de l’insécurité. On craint le désordre. On craint une vieille chienlit hivernale. Lourde. Plombée. Il fait froid. Les prix augmentent ( c’est ce que dit ma concierge ! ). Il y a des courants d’air. Mais le président de la République est heureux. Il fait le VRP en Chine, avec Rachida Dati… Commentaire d’image.



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Nicolas Sarkozy visite le site où se trouve l'armée en terre cuite à Xian, le 25 novembre 2007.
©AFP - eric feferberg



Il y a de superbes images qui tombent manifestement mal. Eric Feferberg, photo-journaliste de l’AFP, qui suit le président Nicolas Sarkozy durant sa visite en Chine a pris ce superbe cliché dimanche 25 novembre. L’image a été publiée par de nombreux sites Internet et par plusieurs journaux. On y voit le Président de la République, Rachida Dati et un officiel chinois. C’est ce que l’on appelle une plongée ( les sujets sont photographiés « de haut » : l’appareil de prise de vue surplombe ses sujets ). C’est là une première originalité de ce cliché : les grands de ce monde et autres porteurs d’écharpes officielles sont rarement représentés sous cet angle, légèrement « réducteur ». Ils sont plus fréquemment pris en contre-plongée ( le sujet surplombant l’appareil de prise de vue ), comme sur cet autre cliché de l’AFP, pris par le photographe chinois Goh Chai Hin, représentant Nicolas Sarkozy et le président chinois Hu Jintao, le 26 novembre 2007 à Pékin. La contre-plongée donne de l’importance et de l’épaisseur au sujet, alors que la plongée l’écrase, le contraint, le réduit.



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Nicolas Sarkozy et le président chinois Hu Jintao, le 26 novembre 2007 à Pékin.
©AFP - Goh Chai Hin



Mais revenons à l’image d’Eric Feferberg. Sur ce cliché Nicolas Sarkozy, qui fait face à l’objectif, a un regard extatique de petit garçon qui s’amuse, et la belle Rachida - gainée de fourrure - sourit à un ami quelconque, qui est hors-champ. Ca sent le bonheur. Ca sent la communauté amicale, chaleureuse. C’est pour ça qu’elle tombe mal cette image ; surtout cette semaine. Très mal. Et pour plusieurs raisons. D’abord la France s’est réveillée avec une méchante gueule de bois, lundi, en apprenant l’agression sauvage – et le meurtre au couteau - d’une étudiante en journalisme de 23 ans, Anne-Lorraine Schmitt, dans une rame du RER D, par un récidiviste d’origine turque. Ensuite la France est un peu groggy depuis quelques jours, en assistant à la reprise des affrontements télévisés entre « jeunes » des « banlieues » et policiers. Les violences semblent concentrées sur la zone de Villiers-le-Bel ( charmante bourgade bucolique et pittoresque du Val d’Oise ), mais chaque soir ce sont plusieurs dizaines de policiers qui sont blessés par des jeunes qui tirent à balles réelles sur les forces de l’ordre. On ne doute pas que la grande quinzaine anti-flic de 2005 va reprendre, sous les feux croisés des commentaires sociologiques et des scansions morales des « grands frères » et autres « directeurs de Mjc »… ( « C’est l’ennui, ma bonne dame, qui conduit à brûler des voitures ! Ce sont les contrôles d’identité, répétés, subis par les jeunes, qui leur donnent envie de bouffer du poulet ! C’est l’architecture, ma bonne dame, l’architecture… et oui, ça rend con l’architecture, ce sont les tours le problème… ça rend con les tours… regardez les Amériques ! Regardez New-York, ma brave dame ! » ).

Alors cette photo tombe mal. Très mal. Car l’homme du Karsher, celui qui promettait de nettoyer les quartiers de leurs « racailles », semble prendre des vacances loin de la France. Certes, il est au taf, il est au taquet, cela ne fait pas le moindre doute… il vend des Airbus, des usines Sanofi et des tas de trucs qui ne risquent pas de m’enrichir, mais il fait le touriste quand même. Le cliché de l’AFP laisse songeur. Pourquoi est-il si loin de nous, si loin de l’objectif… alors qu’on aurait aimé le voir consoler la famille déchirée ( "broyée" dit une proche dans l'Est Républicain ) d’Anne-Lorraine Schmitt, alors qu’on aurait aimé le voir en chef d’équipe auprès de son gouvernement, en chef de l’état auprès des policiers à Villiers-le-bel.

Pendant ce temps là, la Ministre de l'Intérieur, Mme. Alliot-Marie, lance des appels dans le vide : "Il faut que des mesures soient prises pour empêcher ceux qui tirent sur les policiers de le faire”. Qui doit prendre la responsabilité de telles mesures ? Suivez mon regard. Ou, non, suivez plutôt son regard sur la photo...

Sur le cliché il est loin, le Président, mais pas seul. Il est accompagné de la ministre de la justice, Rachida Dati. On se demande pourquoi. Evidemment, ça fait un peu couple présidentiel, mais elle est  juste ministre de la justice. C’est entendu. Tiens, une ministre de la justice… ça aurait été pas mal, en France, pour commenter le parcours du tueur d’Anne-Lorraine, criminel sexuel multirécidiviste, remis en liberté sans contrôle… Mais bon, on se dit : ils sont là-bas en copains, pour vendre des Airbus et faire des photos. D’accord. Ils sourient. D'accord. La France qui se lève tôt a le sourire. D’accord. Sont-ils heureux ? Ils seraient donc au moins deux. C’est un bon début. D'accord.

Sur le cliché d’Eric Feferberg l’arrière plan est constitué de l’un des plus célèbres chefs d’œuvres de la sculpture chinoise, l’armée en terre cuite de l’Empereur Qin, située à Xian. Ce site archéologique, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est composé de 6000 statues de guerriers – strictement singulières – mesurant environ 1M80. L’Empereur Qin, unificateur de la Chine, fit enterrer à côté de son tombeau une copie de son armée dans les positions traditionnelles du combat. C’était il y a plus de 2000 ans… On se demande, à l’heure où la poudrière de Villiers-le-Bel projette ses premières étincelles inquiétantes sur les villes voisines et les départements limitrophes, si Nicolas Sarkozy ne devrait pas les emporter dans la valise diplomatique, ces guerriers chinois de l’antiquité. Ces valeureux combattants. Ces soldats. On se demande si il ne devrait pas leur demander, à l’oreille, des conseils pour juguler les violences, dans les rames de RER comme dans les rues de certaines villes françaises. On se demande, absorbé dans une rêverie fantasque, si Sarkozy ne devrait pas prendre la tête de l’armée de Qin, et rentrer en France à cheval. A la tête d’une armée de chinois, en terre cuite, armés de Karsher…

Et puis non, finalement. On reprend la photo de l’AFP. On la regarde dans tous les sens. Il y a de superbes images qui tombent manifestement mal. Très mal. On se demande surtout pourquoi il n’est pas déjà en France, le Président… 



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PS: on lira avec profit le bouleversant hommage rendu par Frédéric Pons, de Valeurs Actuelles ( sur le blog de VA ), à Anne-Lorraine Schmitt, qui fut stagiaire au sein de l’hebdomadaire.



par Apocoloquintose publié dans : Politique
Dimanche 6 mai 2007
Par F-X Ajavon.



Ségolène Royal a été sévèrement battue. Dans un premier temps, avant de se féliciter de la victoire de Nicolas Sarkozy, il faut donc constater la mort cérébrale de la gauche française, que l’on peut certainement ranger au poussiéreux magasin des accessoires politiques amusants ou dans un cabinet de curiosités psychologiques. La France n’a pas connu de président de la République issu de la gauche depuis près de vingt-ans, et n’en connaîtra certainement plus jamais. Le parti communiste ne représente plus qu’une infime minorité de l’électorat hexagonal et le parti socialiste français, incapable de faire son aggiornamento, et de s’adapter au pays réel, est entré dans un état de coma profond… dont il n’est pas certain que les années d’opposition qui s’offrent à lui, ces cinq ou dix prochaines années, lui permettent de reprendre de la vigueur. Né en 1977, je me demande sincèrement si je n’appartiens pas à la dernière génération de français a avoir vécu sa prime jeunesse sous la houlette d’un président socialiste…


La victoire de Nicolas Sarkozy, à l’issue du second tour de l’élection présidentielle française marque un tournant dans l’histoire politique de notre pays. Sarkozy n’est pas un président comme les autres. Il n’appartient pas à une génération qui a été confrontée à la seconde guerre mondiale, et la fracture entre collaborateurs, résistants et bienheureux indifférents. Il est né au milieu des années 50, dans une Europe pacifiée, et n’a fait aucune guerre. C’est un président qui ne sait ni faire son lit au carré, ni ramper dans la terre boueuse sous les ordres d’un sous-off illettré, ni démonter puis remonter un Famas dans le noir, habillé en treillis… il tient sa virilité d’ailleurs, de l’action politique et de ses actions publiques, mais certainement pas d’un primitif imaginaire de légionnaire en perm. Rares étaient, avant lui, depuis le Général De Gaulle, les présidents à n’avoir pas joué sur leur passé de résistant ou de soldat…


Nicolas Sarkozy est l’un des seuls présidents de la République française à n’être pas sorti d’une grande école ( Chirac est énarque, Giscard polytechnicien, Pompidou était normalien… ). S’il entre à Sciences Po, il en rate l’examen final… Avocat, militant, il est pourtant parvenu à atteindre l’élite politique française, sans entrer dans les circuits de discrimination de classe de ces grandes écoles… Et puis la vie familiale de Nicolas Sarkozy ressemble à celle de beaucoup de français : divorcé et remarié, il est à la tête d’une famille recomposée, et son couple vacille parfois sous les yeux cruels et amusés de la presse…  Ecce Homo en somme… c’est un vrai homme, un homme vrai… entre tentation de la puissance et failles de brisure…


Enfin, Nicolas Sarkozy est l’un des premiers présidents de la République a avoir composé avec les médias depuis le début de sa carrière. Quand De Gaulle est arrivé au pouvoir en 1958, il n’y avait qu’une seule chaîne de télévision et il avait la main dessus. Quand Pompidou a pris le pouvoir en 1969 il y avait deux chaînes, dont il avait aussi le contrôle. Sous Giscard d’Estaing est née FR3, la chaîne des régions, qui était également dans le giron d’un état plutôt censeur. L’ère Mitterrand a vu l’efflorescence des chaînes de télévision privées, mais les médias restaient sous contrôle, entre censure et auto-censure. Le papa de Mazarine avait d’ailleurs placé l’un de ses meilleurs amis, André Rousselet, à la tête de Canal+… le si fameux « esprit canal » pouvait donc éclore, et la chaîne privée commencer une longue opération de soutien du pouvoir socialo-communiste, contre l’opposition de droite. Si Jacques Chirac a été le premier président d’un « paysage audiovisuel français » ouvert et pluraliste, Nicolas Sarkozy est le tout premier président français de l’ère Internet… il est le premier a devoir composer vraiment avec les multiples canaux d’information du web, depuis les forums jusqu’aux blogs militants, en passant par les sites d’information et les plates-formes vidéos. Voici le premier président de la République qui est presque dans l’impossibilité d’organiser une propagande d’état…


Nicolas Sarkozy est le premier président a jouer autant avec les médias. En réalité, sa campagne présidentielle a commencé en 1993, quand il a contribué à la neutralisation d’un malade mental qui tenait en otage les bambins dans une école maternelle. Mais oui… souvenez-vous… Ministre du budget et maire de Neuilly-sur-Seine, Sarkozy n’avait pas hésité à dialoguer avec « Human Bomb », pour faire sortir quelques gosses de la « nasse », avant que le Raid face place nette. Rétrospectivement, ces images d’archive nous parlent beaucoup…  c’est certainement ce jour-là que Nicolas Sarkozy a gagné cette élection et qu’il a signé un pacte avec les français. Qu’aurait fait Ségolène Royal, d’ailleurs, face à « HB », avec ses escarpins à 1000€ et son sourire Colgate… aurait-elle proposé un « débat » ? Un débat « participatif » ?








Mais Nicolas Sarkozy, arrivé au sommet de l’état, porté par une large majorité de français, dont beaucoup de jeunes, a beaucoup plus de responsabilités que ses illustres prédécesseurs à la magistrature suprême. Le Général de Gaulle devait gérer une vigoureuse croissance d’après-guerre et une France de « veaux » heureux ; Pompidou devait gérer l’après-68, apporter un peu de poésie dans le gaullisme et soigner ses métastases. Giscard devait moderniser la France. Mitterrand devait répondre au désir d’alternance des français, et soigner ses métastases. Chirac avait pour seule responsabilité d’expédier les affaires courantes en attendant que ça se passe, avec l’obsession de ne jamais lâcher la barre – tout en serrant la main à David Douillet.


Pour Nicolas Sarkozy c’est différent. Bien des choses sont différentes. Sa responsabilité écrasante, mais exaltante, sera de liquider les dernières traces de pensée et de pratiques soixante-huitardes dans l’hexagone. Ce n’est pas rien de se poser en pourfendeur des idéaux de 68. La mission politique de Nicolas Sarkozy, en somme, est presque philosophique : il doit faire subir à la France une incroyable révolution copernicienne…la révolution qui doit remettre en cause des dogmes poussiéreux qui sont autant de tumeurs malignes dans notre société, depuis la nouvelle pédagogie jusqu’à l’idéologie libérale de l’amour libre ( et son sinistre corollaire, la diabolisation du couple ), en passant par un puéril relativisme culturel qui voudrait nous faire croire que tout vaut tout, que tout est dans tout, et que la culture n’est pas une écume d’excellence, mais le varech puant du quotidien.


Ce soir quelques lueurs d’espoir sont visibles dans le crépuscule de la terre de France. Le ciel de Paris est orageux, l’ambiance est électrique, et l’atmosphère est superbe… il commence même à pleuvoir. Ce soir, le peuple de gauche pleure la défaite de sa jolie petite passionaria qui n’a rien compris à la France, les centristes affûtent sobrement leurs arguments pour les élections législatives, la plupart des partisans du Front National sont secrètement heureux de l’arrivée au pouvoir de l’homme au « kärsher »… et les militants de l’UMP et des « Jeunes Populaires » n’en ont pas fini de se repasser en boucle le film de la victoire. Ce soir quelques lueurs d’espoir sont visibles dans le crépuscule de la terre de France, parce que Nicolas Sarkozy s’est engagé à renouveler profondément la politique française.


Lors de sa première prise de parole à la salle Gaveau, quelques minutes après l’annonce officielle des résultats, Nicolas Sarkozy abordait déjà frontalement certaines thématiques qui étaient strictement interdites sous l’ère Chirac : soutien aux amis nord-américains, exaltation de l’identité nationale française, condamnation de la logique de l’éternelle repentance envers les communautés, qui est une « haine de soi », appel à la refondation du pays par des valeurs immortelles… dont le travail et la nation… et je sais déjà que certains nervis gauchistes se demandent déjà si Nicolas Sarkozy a pour ambition de réhabiliter le triptyque pétainiste travail-famille-patrie… ce serait bien mal connaître le nouveau président, qui ne va certainement pas entamer à son âge une carrière de dictateur, ou même de Maréchal.







La victoire de Nicolas Sarkozy, à l’issue du second tour de l’élection présidentielle française marque un tournant dans l’histoire politique de notre pays. Espérons que ces déclarations d’intention audacieuses présagent d’un quinquennat original et actif, tourné vers la jeunesse… une image a marqué bon nombre de français ce soir… le vainqueur du scrutin, sur le siège arrière d’une Renault VelSatis, en compagnie de deux ravissantes jeunes-femmes blondes mal connues… Judith et Jeanne-Marie, les filles de son épouse Cécilia. Image étonnante de fraîcheur et de jeunesse, qui n’est pas sans rappeler le documentaire de Raymond Depardon « Une partie de campagne », concernant la victoire de Valery Giscard d’Estaing aux élections présidentielles de 1974… où il était souvent accompagné de sa jolie et jeune fille, Valérie-Anne, qui avait à peine 20 ans. Images fugaces et futiles, certes, mais tellement symboliques…


Espérons que Nicolas Sarkozy, à l’instar du VGE des années 70, saura porter un espoir collectif de renouveau, un espoir de remise à plat des pseudos « acquis » de la culture de Mai-68, et qu’il saura se situer intelligemment dans la recomposition en cours du paysage politique français… entre effondrement total du socialisme post-ségolien, et émergence d’un « Parti démocrate » centriste puissant, mené par un François Bayrou, sagace et inspiré… qui deviendra dans les semaines à venir la principale figure de l’opposition. Et il faudra compter sur son sympathique bégaiement et ses chevaux racés…


Mais n’anticipons pas… et dans l’attente des élections législatives, célébrons ce soir avec candeur et naïveté les funérailles de l’ancienne France… de l’ancien régime.


Et comme disait Chénier… « La victoire en chantant nous ouvre la barrière… la liberté guide nos pas… et du Nord au Midi la trompette guerrière… a sonné l’heure des combats… la République nous appelle… sachons vaincre ou sachons périr…».





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par Apocoloquintose publié dans : Politique
Mercredi 21 mars 2007

Quoi… le nazisme aurait sombré dans les ruines d’un bunker berlinois, avec le suicide d’une petite brune complexée et de son boyfriend moustachu, artiste-peintre raté ? Foutaise…

 

 

Les nazis refont surface... tremblez !

 

Au cœur de la campagne de l’élection présidentielle française, alors que toute la grande presse agite la menace d’un retour au fascisme… Ah ! Sarko et son ministère de l’identité nationale ! Ah Le Pen et ses éternelles facéties ! Regardons les choses en face… regardons l’atroce visage du commando des zombies SS « Shock waves » qui revient hanter un occident insouciant, habité par le culte du plaisir et du bonheur. L’occident libéral est en danger, la France est en danger, la société ouverte est face à ses ennemis… tremblez, innocents ! Le nazisme est à notre porte…

 

 

"SHOCK WAVES"

Film américain de 1976. ( Bande-annonce allemande… ).

 

 

 

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par Apocoloquintose publié dans : Politique

F-X AJAVON

Jusqu'à preuve du contraire, je suis François-Xavier Ajavon, né en 1977.

Au-delà du blog, lisez mes publications dans les domaines de la philosophie et de la littérature.


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