F-X AJAVON

Jusqu'à preuve du contraire, je suis François-Xavier Ajavon, né en 1977.

Au-delà du blog, lisez mes publications dans les domaines de la philosophie et de la littérature.






 

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Pour information : voici un nouveau papier dans la série "Chroniques de la philosophie médiatique" sur Actu Philosophia, consacré à Michel Onfray....





Je m'y moque gentiment des poses involontairement comiques de celui qui se prétend partout "libertin et libertaire", et notamment sur le plateau de l'une des émissions les plus débilitantes du service public "Thé ou café"…




Vous y découvrirez aussi le "mug" Nietzsche dans lequel Onfray boit quotidiennement le café lui donnant toute l'énergie nécessaire à la bonne tenue de sa croisade anti-chrétienne...

Bonne lecture.



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J'ai commis un article facétieux sur la vidéo qui enflamme actuellement le web... celle d'un infâme petit provocateur bourgeois à écharpe - du genre Christophe Barbier - se faisant agresser par une demi-douzaine de norvégiens. La séquence est trash (je pense que vous l'avez tous vu : ASI la diffuse et on peut la trouver un peu près partout)… j'en ai donné un compte-rendu complètement décalé pour le RING. Me moquant à la fois de ces jeunes agresseurs brutaux qualifiés de "syldaviens" et des différentes voix "sociologiques" et "explicatives" qui se sont exprimées depuis la mise au jour de cette séquence... Je note, aussi, qu'il s'agit là d'un pur scoop "web" que les médias traditionnels n'auraient certainement pas relayé de prime abord.... Bonne lecture de "Orange mécanique station magenta", et en espérant que cela pique votre curiosité !








Je publie, aussi, cette semaine, ma toute nouvelle « Chronique de la philosophie médiatique » sur Actu Philosophia, dédiée à l’intervention fatigante de Bernard-Henri Levy lors d’un procès d’Assise toulousain…






Sans parler du fait que moi aussi j'ai été pote avec Léautaud... comme tout le monde !! Ou presque... Pourquoi pas !





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Pour info, voici un nouveau papier de la série « Chroniques de la philosophie médiatique » (Actu Philosophia), consacré cette fois-ci à l'émission de Raphaël Enthoven, diffusée par Arte, "Philosophie". Dans cet article je reviens, aussi, sur le grand engouement médiatique et populaire, du milieu des années 90, en faveur de la philosophie… (Qui avait permis à Mme. Jospin de montrer son cul sur les remparts de Varsovie… de faire de la tv quoi ! ) Sombre époque.








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Voici une nouvelle contribution à la rubrique « Chronique de la philosophie médiatique » du site web Actu Philosophia. N’hésitez surtout pas à me soumettre/proposer de nouvelles séquences vidéos pour cette chronique mensuelle.


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Allez, je relance le blog… Bang ! Je commence par signaler ma collaboration régulière avec le très sérieux site Actu Philosophia, pour lequel je rédige chaque mois (enfin, j’essaie…) une très légère et sarcastique « Chronique de la philosophie médiatique ».




En ligne, vous pouvez déjà trouver quelques textes :

Ciel ! Mon coach est un sophiste ! (21 septembre)
Bac Philo : et si le marronnier cachait la forêt ? (18 juin)
Robert Redeker devant le tribunal du people (19 mai)
Bernard-Henri, Gaston, la télé et moi (17 avril)
Portrait du Philosophe en anti-joggeur (2 avril)






D’autres textes sont à venir… promis !




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 « Le Prisonnier », mystérieuse - et cultissime - série télévisée britannique de la fin des années soixante, fête en 2007 ces quarante-ans…. A cette occasion Jérôme di Costanzo, correspondant à Londres du RING, rend un hommage précis à passionné au personnage profondément « anar de droite » du Numéro Six de cette série… individu total, absolu, et catholique…. confronté à la dictature abjecte du « Village » collectif, collectiviste et hyperfestif… dont on ne peut pas s’échapper…. Jérôme di Costanzo rend aussi hommage, dans cet article, à Patrick Mc. Goohan, l’acteur irlandais qui incarna à l’écran cet individualiste intégriste… amoureux de la liberté… Une fois n’est pas coutume, Apocoloquintose-and-Co. s’ouvre à un auteur ami, que nous remercions.




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Elections au Village : le N°6 est candidat...




NUMBER SIX… prisonnier de la télévision britannique…

Par Jérôme L.J di Costanzo

 

Patrick Mc Goohan est un acteur, surveillé, observé, sous contrôle, disséqué et épié. Il n’y a pas une de ses  apparitions,   interviews ou mots qui ne soient analysés afin d’y déceler quelques allusions ou messages cachés, nous révélant la réelle identité du N°1, ou bien nous donnant quelques mystérieuses clefs, afin que l’entière vérité nous soit enfin révélée sur l’allégorique série télévisée des années 60 : « le Prisonnier ».

Un acteur réservé aux initiés, amateurs de complots, de men in black, paranos socialistes à la sauce «je suis partout ». Il incarne désormais dans l’histoire universelle de la télévision  « le supérieur inconnu », maître absolu de tout ésotérisme cathodique.

Pure spéculation ! D’autant plus surprenante, que notre « tant fantasmé » Mc Goohan est un Catholique Romain pratiquant. Et l’oindre de cette odeur de souffre revient à sacrifier, pour quelque cavalcade spiritualiste ou quelque théorie de complot profondément onanique, la réalité de cet artiste prodigieux.

Il est né en 1928 aux USA, à New York, de parents irlandais qui immigreront par la suite en Angleterre, à Sheffield. Cette ville du nord, industrielle, fut un des points de chute de la diaspora catholique irlandaise, main d’œuvre bon marché par excellence. En 1937, George Orwell déclara à propos de la cité industrielle : « Sheffield, je suppose qu'elle pourrait être appelée à juste titre, la plus hideuse ville de l’ancien monde ».


Hideuse, certes, mais un bouillon de culture où prolifère des bactéries de talent : Joe Cocker, Def Leppard, les leaders de Pulp, l’acteur Sean Bean, l’inquiétant Donald Pleasance, ainsi que Bruce Dickinson, Iron Maiden ( qui consacrera une chanson au « Prisonnier » )… ils sont tous originaires de Sheffield. C’est aussi dans cette industrieuse cité que se déroule l’action du film « Full Monty ». C’est dans cette ville catapultée de son 19éme siècle sordide, digne de Dickens que notre « Suprem Unknown » a grandi entre misère humaine et foi catholique.  Sa mère le destine à la prêtrise. Il abandonnera cette voie pour devenir acteur, il n’en restera pas moins fortement imprégné par sa foi catholique et cela influencera indéniablement ses choix de carrière.


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Patrick Mc Goohan, acteur et réalisateur

 

Il débute sur les planches dans les années cinquante. Il incarnera « Star Buck » dans le « Mobby Dick » d’Orson Welles. Ce dernier avoua même avoir été intimidé par le talent du jeune acteur. Les deux personnages ne manquent pas de points communs, d’ailleurs : un certain style, un génie atypique et fulgurant, un culte autour de leur personne, ainsi qu’un certain goût pour les mystères et le trompe-l’œil.

Pour cette période de gestation de notre comédien, remarquons le film « Hell driver » de Cy Enfield, où il incarne un ténébreux et machiavélique conducteur de camion aux côtés de Stanley Baker (réalisateur et interprète du monolithique « Zulu »),   Herbert Lom (qui sera cristallisé peu après dans le rôle du commissaire Dreyfus de la panthère rose), Sid Harris (le Francis Blanche anglais, fidèle serviteur des comédies « Carry on… »), Ainsi que, que Jill Ireland (Madame Charles Bronson), David Mac Callum (cultissime agent très spécial Illya Kuryakin) et, et…… Un beau gosse aussi rustique qu’honnête, avec un fort accent Ecossais : Sean Connery. 

« Every government has its secret service branch, America it’s CIA, France 2éme Bureau, England M15, NATO also it’s own. A messy job? Well that’s when call on me. Or someone likes me. Oh yes by the way, my name is Drake, John Drake »

Notre acteur a une particularité, né aux USA, de parents irlandais, et ayant grandi à Sheffield, il a un accent neutre et il peut jouer aussi bien les Britanniques que les Américains. C’est sur cette caractéristique que certainement les producteurs de « Dangerman » ont fait leur choix concernant le rôle de John Drake, agent secret de l’Otan dans la série.  Quatre saisons, plus de 70 épisodes entre 60 et 68, sur une idée originale du légendaire Ralph Smart, un scripte de George Markstein, deux poids-lourds du monde de la série britannique des sixties. Drake est à  l’origine un agent indépendant intervenant sur des cas sensibles voire douteux. Les premiers  épisodes veulent le présenter comme un savant mélange d’espion et de privé à la sauce Chandler. Il hérite du style narratif du genre en faisant de l’Espion le propre conteur de ses aventures.

C’est sous l’influence de Mc Goohan que le personnage et la serie évoluent. Il le fait boire plus modérément, évite de lui faire sortir son arme pour un oui ou un non afin de « dézinguer » des agents-doubles et ne le fait pas rejoindre l’héroïne dans son lit. Et cela sous le prétexte qu’étant catholique, il ne veut pas se faire le propagandiste, aux yeux du public, de ce genre de vice. Il transforme Drake en un moine-soldat multi-facettes, au service de l’OTAN et plus tard dans la série au Service du MI9.

« Mio amore e sta Lontano » : Angelica

Avec l’affaire Profumo et le succès de l’adaptation de Dr No à l’écran, le style « Spy » explose dans les sixties, avec des séries comme : « The advangers », « Department S », « Men of the Uncle », la trilogie « Harry Palmer » avec Michael Caine. Dangerman, se place dans le style aventure d’espionnage subtil, intelligent et sacrément proche de la réalité. Il est vrai que toutes les crises géopolitiques, les tensions diplomatiques, les affaires d’espionnage et faits-divers de l’époque sont illustrés dans la série. Comme dans l’épisode « Journey ends halfway » qui s’inspire de l’affaire du docteur Petiot. « Such men are dangerous » nous décrit les rapports étroits de la pègre et de l’extrême droite au milieu des années soixante. « The mercenaries » aborde le cas des « affreux » ou soldats de fortune en Afrique. « The man on the beach » nous décrit une île qui ressemble trait pour trait à l’HaÏti des Duvalier. Pour cet épisode, il est accompagné de la sulfureuse Barbara Steele, éternelle déesse des enfers de la Hammer Production. Il faut souligner aussi que tout le petit monde des acteurs de télévision de l’époque va faire une apparition dans Dangerman : Delhom Elliot, Lois « Money Penny » Maxwell, Donald Pleasance, John Lemesurier, Ronald Fraser, etc… et souvent avec récurrence, jouant ainsi deux personnages différents dans une même saison.


C’est là, que McGoohan va se lancer dans ses premières réalisations. Au fil des saisons, et grâce aux talents conjugués des différents réalisateurs, comédiens, techniciens, et scriptes, on en oublie les « décors bidons » redondants, les cascades à « deux balles », les bagarres mimées péniblement, pour être pris sous le charme indéniable de la série. Car il y a une ambiance dans Dangerman. Drake a affaire non pas comme dans James Bond à des mégalos maîtres du monde mais à des « ouvriers spécialisés » de l’espionnage, à des laborieux du renseignement, petits agents, minus gangsters, maquereaux, fonctionnaires corrompus.

Les femmes ? Ce ne sont pas des vamps, mais des femmes mariées, qui, pour un gigolo, vendent des renseignements à l’Est, et des comtesses, ex-tapins, qui enfument le network. Bref, du tout-venant de l’espionnage… c’est du renseignement qui sue dans sa chemise et qui sent le tabac.

Quatrième saison, 1967 : deux épisodes se déroulant au Japon, Mc Goohan travaille déjà sur le projet du Prisonnier. Il donne sa démission et quitte le costume de John Drake.

 





Where am I? In the Village,
What do you want? Information,
Whose side are you? That would be telling…We want information,
You won’t get it. By hook or by crook… We will.
Who are you? The new number two,
Who is Number One? You are Number Six
I am not number… I’m a free man!


(Rire tonitruant de Leo McKern, le N°2)


On retrouve la même « dream team », sur le projet du Prisonnier que sur « Dangerman », Mc Goohan, Markstein, Smart et Chaffey. À L’attention de ceux qui s’acharnent à démontrer quelques points de concordance ou clins d’œil entre les deux séries, je dirais que le monde de la série de l’époque est un « Village », et que les castings sont assez standards : vous cherchez un vieux marin, vous prenez Frederik Piper, un Playboy sulfureux et diabolique : Peter Wyngarde. Vous cherchez un décor Baroque,   pour une ville de la riviera italienne, comme dans « Dangerman  view from Villa » ? Vous choisissez le village délirant  de Portmeiron Gwynedd sur la côte du pays de Galles.

Il y a un parfum de vacances dans ce « Village », quelque chose de léger, festif, oui ! Une société très festive. Une fanfare, jouant uniquement « la marche de Ratzinski », des costumes chamarrés, Boating style ? Ou bien quelque chose d’estudiantin anglais, tous avec le même uniforme et aux couleurs de l’institution. On peut faire du bateau au « Village », mais vous ne quitterez jamais la plage, une « nef des fous » ! Il y a dans ce carnaval perpétuellement surveillé, par ces sphères, ces rôdeurs, rebondissant sur le rivage, quelque chose de Jerome Bosch, nous sommes bien là dans son « jardin des délices ».  Tout le monde est apparemment heureux, aussi heureux et enthousiaste que les candidats d’un show de la télé réalité.

16 épisodes, c’est une Œuvre Artistique télévisuelle indiscutable. Un condensé d’Orwell, Huxley, HG Wells, Dante Allighieri, influencé dans son esthétisme par un « fahrenheit 451 » de Truffaut. Mais aussi dans cette omniprésente surveillance, il y a du « Huis clos » de Sartre. Aussi, on reconnaîtra dans le singularisme et l’absurdité, le héros de « l’Etranger » de Camus. 

C’est là une critique acerbe et non sans ironie de notre société « moderne » ne pouvant qu’offrir le plaisir en compensation d’une inaccessible et parabolique liberté abstraite. L’obsession  sécuritaire, pour rassurer et pour compenser le fait que la science, par son observation, n’a pas tout expliqué et résolu. Alors, on contrôle, on épie, on analyse, non plus la nature mais l’humain. La paranoïa comme équilibre et moteur d’une société. Pour le Village  du Prisonnier, un numéro est bien mieux qu’un nom, au moins on peut vivre dans l’illusoire certitude d’avoir une place et évoluer dans un ordre. Idée merveilleusement oppressante ! Être un numéro sans histoire, sans passé, sans géniteur, sans mémoire.


« Once Upon a time », l’avant-dernier épisode du prisonnier a pour sujet justement la mémoire. Le numéro 2, interchangeable à volonté durant le cours de la série, est incarné par Léo McKern. Un « John Falstaff » qui s’est mis en tête de faire céder le numéro 6 grâce à une confrontation psychanalytique et le faire régresser pour le faire avouer. Un épisode théâtral, trois acteurs, McGoohan, Mc Kern et Angelo Muscat, le fidèle serviteur muet – et nain - du N°2. Un affrontement rhétorique sans merci, frôlant le théâtre d’avant-garde. Le numéro 6 avoue ! Une pirouette ! Il a démissionné par « paresse ». Il tient et domine ici le numéro 2 qui devient lui-même prisonnier et dépendant de la réponse du 6. Y avait-il vraiment « information » à divulguer? Tout cela nous apparaît comme une farce… la prison représentée par le village perdrait ici tout son sens d’exister. Le château de carte s’est effondré. Une ascarade de plus… C’est le moment pour le numéro six de connaître son triomphe.


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Dans « Fall out », le dernier épisode, Numéro 6 a dépassé le système. Il est reçu parmi les élus, on lui rend son indidualité. Plus de numéros, mais « Monsieur ». Le combattant de la liberté a vaincu, et cela au son des trompettes ironiques de « All you need is love » par les Beatles. Il est reconnu et apprécié pour son combat. Il est mis sur un trône, invité d’honneur, aimé, respecté…

« Its easy ! ».

Il ne s’agit là d’un traquenard qui a pour but d’aliéner sa subversion par la glorification. Il n’est en fait pas plus écouté que ça, son discours est couvert par les acclamations et les applaudissements de juges Masqués. C’est une Mascarade, un rituel, le système honoré pour mieux aliéner, il n’y a plus de prophètes, de rédempteur, ou de sauveur possible… il n’y a que des idiots égocentriques étouffés à coups de reconnaissance. C’est le moment précis pour le numéro 6 de rencontrer le numéro 1 qui se trouve dans une fusée. Il s’approche d’un homme masqué, en toge, qui tient une boule de cristal où se reflète le visage du prisonnier. Ce dernier arrache le masque, une grimace simiesque apparaît, il arrache encore un nouveau masque, et…  il découvre son propre visage. Le numéro 1 c’est lui. Une farce, un leurre pour appâter son ego. Il s’aperçoit alors qu’il a été attiré à l’intérieur de la fusée pour être envoyé lui et sa subversion dans l’espace. Avec l’aide de Léo Mc Kern et d’un autre prisonnier, il entame un carnage dans les rangs de ses geôliers, cela sur l’air écœurant « All you need is love », « Its easy ! ». « Un » n’existe pas, « un » c’est vous, il n’y  a  plus de contrainte, de loi ou de tabou, il faut faire table rase, détruire le système, détruire le village, tuer et éliminer toute survivance du passé. Il fuit enfin ce « Village », le Prisonnier retourne à son domicile londonien, il y retrouve son confort, la porte se referme sur lui automatiquement comme au village. Il n’est pas plus libre, tout autant sous contrôle, sa révolution lui a juste permis de changer de cercle, de changer de geôle. Le Prisonnier n’est qu’un idiot égocentrique.

Cette parabole  met en évidence l’interdépendance qu’il existe dans notre société si moderne  entre notre  envie de Révolte et la volonté d’Ordre. Mc Goohan cyniquement et pertinemment en dénigre son héros, en le rendant corruptible et violent. Il nous montre l’impasse dialectique de notre système oscillant entre révolution et autorité, carnaval et contrôle d’identité.

L’esotérisme et la complexité du dernier épisode déconcertèrent une grande partie des spectateurs, un sentiment mêlé de déception, d’interrogation, et un certain ressentiment à l’encontre de Mc Goohan, qui part tout d’abord en Suisse pour se remettre de ses émotions, puis à Hollywood. On le voit tenir des rôles divers et variés comme celui d’un agent britannique dans « Ice station Zébra », il tient le rôle de Fouquet dans une adaptation du « Masque de fer ». Mais c’est en 1974 qu’il entame sa troisième contribution à une série culte : Columbo.

« By  Dawn’s early light », et sa première apparition.  Il incarne un général dirigeant une école militaire à l’image de West Point, il participera à l’écriture du scripte et recevra un Emmy Award pour son interprétation. Cela sera suivi du génial et théâtral, « Identity crisis », où il est réalisateur et acteur. Il y incarne un agent double qui élimine un maître chanteur joué par Lesley Nielsen. Columbo le démasquera, mais la CIA interdira à ce dernier de l’arrêter. On reconnaît là l’empreinte de Mc Goohan, déconcertant son public, certes, mais révélant une facette ignorée du sujet. Columbo en échec : MAJONG ! À la fin de la saison 5, les producteurs, à court d’argent, pensent arrêter définitivement la série. Ils confient la direction de « l’ultime Columbo » à Mc Goohan. C’est un chef d’œuvre, où encore une fois il s’amuse à mettre en échec l’enquêteur à l’imperméable crasseux. Comme s'il trouvait drôle que l’on fasse "fermer sa gueule" à Socrate. Pour jouer le suspect il fait appel à un « agent très spécial » Robert Vaughn. Encore la marque de fabrique Mc Goohan est là, déconcertant, un jeu de miroir troublant, faux-semblant, bref , un chant du cygne plus que réussi, pour ce prestidigitateur de la réalisation et de l’écriture du scripte. Il participera en tant qu’assassin à deux autres « Columbo » : « Agenda for murder » qu’il met en scène et réalise avec son ami Peter Falk et « Ashes to Ashes ». Il conclut sa collaboration à la série par la réalisation de l’avant-dernier épisode « Murder with to many notes ».

On apercevra sa silhouette longiligne dans « Braveheart » et d’ailleurs il me tira, par son interprétation, de la torpeur que m’avait procurée l’incarnation du héros écossais William Wallace par Gibson. Il prêta sa voix à un épisode des Simpson. Il fut pressenti pour le rôle de Gandalf dans « Le seigneur des anneaux », mais les compagnies d’assurances ne suivront pas. J’aurais aimé voir cet acteur catholique servir un tout aussi catholique Tolkien….  On parla aussi de lui pour « Harry Potter ».

Bref, Mc Goohan n’est pas oublié ou cantonné au seul rôle du Prisonnier. Depuis des années on parle d’une adaptation de la série culte à l’écran. Cela me refroidit un peu quand je vois ce qu’on a fait de « Mission impossible » et des « Advangers ». Je suis pris d’un certain désespoir quand des rumeurs parlent d’un « Amicalement votre » avec Ben Styler... Ne touchez pas au « Prisonnier » ! Par contre je verrais bien Mc Goohan incarnant un Talleyrand, un diable boiteux, un évêque relaps ?

Ainsi revenons en conclusion sur le catholicisme de Mc Goohan en le rapprochant d’un autre Catholique anglo-saxon : Graham Green.  Il y a dans John Drake quelque chose de Rollo Martins, le héros du « Troisième homme ». J’aurais bien vu un jeune Patrick Mc Goohan tenir le rôle masculin dans « The end of the affair ». Ou bien en Thomas Fowler du « The quiet american »… Mc Goohan aurait dépassé dans l’interprétation, d’un vieux journaliste, expatrié et cocu, un Michael Caine étant sans surprise, le remake de lui-même. Aussi constatons dans l’absurdité et la facétie d’un Prisonnier, le goût du retournement d’un Green.  Un style concis mêlant culpabilité et colère, vérité et trompe-l’œil, une éternelle circonvolution obsessive  autour d’un sujet, où chaque angle d’observation dénie le précédent. Ni à gauche et ni a droite, mais athée rencontrant Dieu.  Que de bizarreries chez ces deux artistes !

On s’en trouvera à chaque ligne décontenancée, remis en question dans le plus profond de son âme.  Leur foi en  l’absolu ne fait que constater le paradoxe total de la condition humaine, l’interdépendance des opposés. Harry Lime & Rollo Martins, un démon & un ange,   le numéro 2 & le numéro 6, un homme & une femme,   un jeune & un vieux, Columbo & le suspect, une histoire…

McGoohan est Culte. Mais, faites attention à ne pas l’idolâtrer, ce serait vexer cet Irlandais, catholique, et quelque peu facétieux.

"Ezekiel connected dem dry bone
 I Hear the word of the Lord"


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Liens :
- le Rôdeur. Fan-club français.
- le Six of One. Association britannique.



 

Un très court article publié récemment dans Le Mensuel de l’Université :


L’eugénisme est une théorie, et une pratique, visant à améliorer les caractères héréditaires de l’humanité, par une sélection des meilleurs reproducteurs, par la discrimination des plus faibles, ou même par l’exécution de nouveau-nés malformés. Mais quelle origine donner à ces thématiques ?

La logique eugénique d’amélioration de l’humain repose certainement sur une immémoriale tendance de domestication du vivant et donc de domination de l’homme sur son environnement. Une multitude de textes antiques, relatifs à l’amélioration des races de chevaux ou de chiens, existent chez Homère, Platon ou encore chez Varon et Sénèque. La majorité des discours eugéniques sont introduits par une analogie entre la domestication des troupeaux animaux et le biocontrôle des humains par les politiques et les médecins. En effet, les auteurs, de Platon à Galton, et jusqu’au XXe siècle, se demandent pourquoi nous appliquons nos connaissances sur l’hérédité aux bêtes et non aux hommes eux-mêmes.


La suite ici.




 
Régles pour le parc humain, etc...



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Discours d'André Malraux.
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