Samedi 22 novembre 2008

Eric Zemmour est au cœur d’une nouvelle polémique pour son usage du mot « race » dans un débat télévisé sur le métissage. La fachosphère et blogosphère anti-raciste sont en ébullition. Faut-il envoyer Zemmour casser des cailloux à Cayenne ? Faut-il le priver de télé ? Faut-il le pendre ou simplement le lyncher ?




Etait-il bien prudent d’inviter Eric Zemmour à un débat sur le thème « Demain tous métis ? » C’est pourtant l’expérience baroque qui a été tentée sur l’antenne de Arte...

Savourons joyeusement, sur Causeur.fr , les différents visages de l’indignation associative anti-raciste…






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par Apocoloquintose publié dans : polemique pure
Vendredi 31 octobre 2008
Voici un nouveau papier sur les horripilants Don Quichotte, qui envahissent les écrans de cinéma – et de télévision - depuis la semaine dernière.





Je me moque surtout de la figure religieuse de Saint-Augustin-Legrand. J'ai exhumé notamment un papier de la République du Centre, qui évoque (quinze jours avant le début du mouvement des Don Quichotte), sa volonté de faire un film documentaire "à la Michaël Moore" sur l'exclusion…

On s’amusera aussi des commentaires des lecteurs de Agoravox : « (…) l’abbé Pierre, Soeur Emmanuelle, Coluche ont dû se heurter eux aussi à des gens comme vous ou par ex. la fouine de Zemmour qui sont encore foutus de faire du cynique sur des situations pareilles. » ou encore « le nuisible c’est vous » mais aussi « cet homme vous ferait-il de l’ombre ? » sans oublier « François Xav... ça fait XVI ème !! ANP(auteuil,neuilly, passy) » et encore « C’est drole j’ai l’impression que les articles sont de plus en plus orienté reac serais ce parce que les facho ont annexé la partie moderation ? ? »



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par Apocoloquintose publié dans : polemique pure
Mardi 4 décembre 2007
Mais que font Josiane Balasko et Carole Bouquet face à un tel scandale ? Il arrive parfois que l'AFP nous amuse...



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La police française chasse les "sans papiers"



 ©AFP Général - Mardi 4 Décembre 2007 - 20:24 - Heure Paris (363 mots)

Animaux-cirque-insolite

Un hippopotame sans papiers envoyé en Afrique du Sud

    Aldo, un jeune hippopotame de 13 ans né en France et détenu illégalement par un cirque du Gard, a été remis mardi à la Fondation 30 Millions d'Amis avant son transfert vers une réserve d'Afrique du Sud, a constaté un journaliste de l'AFP.
Serge Landri, directeur du cirque de Venise, anciennement cirque de Monaco, n'a jamais obtenu les certificats de capacité que la préfecture du Gard, dont le cirque dépend, aurait dû lui délivrer pour posséder légalement un tel animal sur le sol français.
La préfecture estimait que les conditions de détention de l'hippopotame ne respectaient pas ses besoins physiologiques. Le tribunal de grande instance de Valence lui a donné raison en mars.
Le transfert de l'animal, né au parc zoologique de Maubeuge (Nord), a eu lieu à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) entre la famille Landri et la Fondation 30 Millions d'Amis, qui finance le transfert de l'animal vers le sanctuaire de Sanwilde Wildlife dans le parc Kruger en Afrique du Sud, où il évoluera en semi-liberté après une période de quarantaine.
Sous contrôle vétérinaire, l'animal doit être acheminé par camion à Amsterdam (Pays-Bas) par une société belge spécialisée dans le transport d'animaux exotiques. De là, il prendra l'avion, jeudi, pour Johannesburg. Le coût total de l'opération est de 40.000 euros.
Après trois ans de procédure entre la famille et la préfecture, le jugement définitif de l'affaire sera rendu le 18 décembre. Serge Landri encoure une amende pour détention illicite d'une espèce non domestique protégée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).
Jean-François Legueulle, délégué général de la Fondation 30 Millions d'Amis, présent lors du transfert, espère que "cette histoire servira de base à d'autres sauvetages" d'animaux.
bur-ppy/DS



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Hippopotame égyptien (vers 1820 avant J.-C.)



par Apocoloquintose publié dans : polemique pure
Dimanche 18 novembre 2007
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Le dimanche 18 novembre s’est tenue, place de la République, une grande contre-manifestation rassemblant les usagers des transports en commun, victimes de la paralysie des lignes RATP et SNCF, ainsi que les étudiants opposés au blocage des universités.

"Je ne suis pas inquiète", assure la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, alors que la coordination nationale étudiante est réunie ce week-end à Tours pour décider de la suite à donner à la contestation contre la loi d'autonomie des universités. Qui sont ces enfants immatures qui jouent à faire la grève ?


Par François-Xavier Ajavon.

Les étudiants opposés à la loi Pécresse, qui bloquent actuellement de nombreuses universités françaises, sont intéressants à observer et à écouter. Il faut les scruter en tournant le bouton de son poste de télévision, mais aussi en descendant sur le terrain, dans les rues de Saint-Michel, à même les dalles bétonnées des campus de banlieue ou sur les bancs des « amphis » transformés en tribunes politiques. Ces groupes d’étudiants ressemblent à des bandes d’amis un peu turbulents, sympathiques et rigolards. On pense aux « Pieds Nickelés », à « Quick & Flupke » et surtout à l’univers du « Petit Nicolas » de René Goscinny, avec la belle Marie-Edwige de l’UNEF, « Elle est chouette, elle a des cheveux jaunes, des yeux bleus, et elle est toute rose… je crois qu’on va se marier plus tard… » ; avec Clotaire de la LCR, « C’est le dernier de la classe. Quand la maîtresse l’interroge il est toujours privé de récré » ; avec Alceste de la CNT, qui possède une batte à clous « C’est mon meilleur copain, un gros qui mange tout le temps »….et puis avec Agnan de l’UNI, qui est quand même un bon copain parce qu’il a une voiture, mais que l’on tabasse à la sortie du campus parce qu’il est de droite. Sans parler du Bouillon, le surgé, un appariteur musclé, qui râle tout le temps quand on fume de l’Afghan dans les couloirs. Des gosses un peu trop criards, mais indubitablement « jeunes » et « beaux ». On a l’impression, d’AG en AG, qu’ils font l’école buissonnière ou qu’ils vivent une fête ininterrompue... On a l’impression qu’ils travaillent à vivre une expérience…

A travers la France, le mouvement de contestation étudiante risque de tenir au moins jusqu’à mardi prochain, date de la grande manifestation des fonctionnaires. Il est à craindre que les campus restent bloqués durant quelques jours ou quelques semaines encore. Une insidieuse concurrence médiatique s’est d’ailleurs installée entre les revendications des agitateurs étudiants ( opposés à la loi Pécresse sur la modernisation de l’Université ) et celles des cheminots de la RATP et de la SNCF ( opposés à la modernisation de leur régime de retraite ). Communauté d’intérêt dans la lutte contre le président Sarkozy ? Certainement. Mais les étudiants attirent particulièrement l’attention…




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Jean de La Bruyère



On ne relit pas assez Jean de La Bruyère ( 1645 – 1696 ), surtout en temps de grève. Je le dis comme ça, au passage, mais c’est une réalité. Demandez à des jeunes-gens sortis des lycées publics : ils ont étudié des textes de Pierre Perret, de Pascal Sevran, de Jean Daniel et de MC  Solaar, en classe de français, peut-être de Victor Hugo ou de Emile Zola, au mieux, mais certainement pas de La Bruyère…  Ok, ok, on me dira qu’ils ont suivi un stage de « slam » sponsorisé par la mairie, mais bon… ! Cependant, on devrait relire La Bruyère… car il s’est longuement penché dans ses « Caractères » sur la situation de l’enfant. L’enfant contestataire. L’enfant révolté. L’enfant qui réclame son dû imaginaire. L’enfant colérique. L’enfant insupportable. L’enfant qui – telle une Salomé mythologique – réclame à son papa la tête de « Jean-Baptiste » sur un plateau… on extrapole, on extrapole… on voit bien Bruno Julliard réclamer à Sarkozy la tête de Valérie Pécresse sur un plateau ( de télévision ? ) ! Sa tête sur un plateau ! Sa tête sur un plateau ! L’enfant colérique et gâté par la vie… le chenapan ! On voit moins bien la danse des sept voiles, mais bon…

On ne relit pas assez Jean de La Bruyère ( 1645 – 1696 ), surtout en temps de grève. Le moraliste du XVII ème siècle a réservé aux enfants ( dans son chapitre « De l’homme », au sein  de son œuvre unique, les « Caractères » ) une place significative. Lucide, La Bruyère résumait ainsi l’homme : « Il n’y a pour l’homme que trois événements : naître, vivre et mourir. ». Evoquant la prime-enfance des hommes, La Bruyère écrit : « Il y a un temps où la raison n’est pas encore, où l’on ne vit que par instinct, à la manière des animaux, et dont il ne reste dans la mémoire aucun vestige ».

En voyant les étudiants révoltés, réclament la tête de Valérie/Jean-Baptiste, sur un plateau ( de télévision ? ), on ne peut s’empêcher de repenser à La Bruyère : « Les enfants sont hautains, dédaigneux, colériques, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés…. » Reposant un temps le volume sur ses genoux on pense, ému, aux interventions télévisées du leader estudiantin, et militant socialiste rentré, Bruno Julliard. Mais on poursuit : « Ils ( les enfants ) rient et pleurent facilement ; ils ont des joies immodérées et des afflictions amères sur de très petits sujets… ». Reposant à nouveau le volume de La Bruyère on pense, ému, au contenu de la loi Pécresse… Mais on poursuit : « Ils ne veulent point souffrir de mal, mais aiment à en faire : ils sont déjà des hommes. Les enfants n’ont ni passé ni avenir, et, ce qui nous arrive guère, ils jouissent du présent. ».

On sait que l’actuel mouvement étudiant, opposé à la loi Pécresse, se nourrit de la récente mythologie anti-CPE. On se replonge dans le volume de La Bruyère : « Les enfant ont déjà de leur âme l’imagination et la mémoire (…) et ils en tirent un merveilleux usage pour leurs petits jeux et pour tous leurs amusements ». On revoit les bandes de copains étudiants, soudés aux portes des facultés… Et la Bruyère tance : « L’unique soin des enfants est de trouver l’endroit faible de leurs maîtres, comme de tous ceux à qui ils sont soumis : dès qu’ils ont pu les entamer, ils gagnent le dessus et prennent sur eux un ascendant qu’ils ne perdent plus ».

On revoit en boucle les images de ces étudiants portant des pancartes contestataires, refusant en bloc le capitalisme, l’occident, la France, le coca à 1€ au distributeur, Valérie Pécresse, l’impérialisme américain, la situation des indiens du Chiapas, les suicidés de chez Renault, Chirac, Sarkozy, Cécilia, la télé poubelle, les courants d’air, Adolf Hitler, Ivan le Terrible et même René Bousquet. La Bruyère me répond : « Aux enfant tout paraît grand, les cours, les jardins, les édifices, les meubles, les hommes, les animaux… ».

On songe toujours à Bruno Julliard et à la ravissante Sophie Binet, leaders syndicaux étudiants plébiscités par les médias, et on lit chez La Bruyère :  « Les enfants commencent entre eux par l’état populaire ; chacun y est le maître, et, ce qui est bien naturel, ils ne s’en accommodent pas longtemps, et passent au monarchique : quelqu’un se distingue, ou par une grande vivacité, ou par une meilleure disposition du corps, ou par une connaissance plus exacte des jeux différents  et des petites lois qui les composent ». Nous voilà donc au mode monarchique…




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Fausse manif de droite


Et puis on songe, finalement à la gauche, et notamment au Parti Socialiste, qui instrumentalise au quotidien le mouvement étudiant, et l’on entend résonner en soi les mots de l’auteur des Caractères : « Qui doute que les enfants ne conçoivent, qu’ils ne jugent, qu’ils ne raisonnent conséquemment ? Si c’est seulement sur de petites choses, c’est qu’ils sont enfants et sans une longue expérience, et, si c’est en mauvais termes, c’est moins leur faute que celle de leurs parents ou de leurs maîtres ». 

On me dira : encore le clash entre les vingtenaires et les trentenaires… encore le clash entre de pseudo-jeunes, agités, passablement instables et de pseudo-vieux, trop intégrés, déjà trop  immergés dans la « vraie » vie, engrenés dans les miasmes de l’indépendance… encore le clash entre les 18-24 ans ( qui ont massivement voté contre Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle ) et les 25-35 ans ( qui ont massivement voté pour le président qui est en place )…  Balivernes ! La rupture est entre certains étudiants immatures ( ceux qui ne veulent pas quitter un monde enfantin et infantile ), et ceux qui veulent (se) grandir, et étudier…

On ne relit pas assez Jean de La Bruyère ( 1645 – 1696 ), surtout en temps de grève. A travers la France, le mouvement de contestation étudiante risque de tenir au moins jusqu’à mardi prochain… Les minots opposés à la loi Pécresse, qui bloquent actuellement de nombreuses universités françaises, sont intéressants à observer et à écouter. Il faut les scruter en tournant le bouton de son poste de télévision, mais aussi en descendant sur le terrain… En les voyant on songe aussi aux mots de La Bruyère : « Il y a une espèce de honte à être heureux à la vue de certaines misères »… En les voyant, on se demande : et si le « supérieur » était malade de ses enfants ?





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Photo de l'étudiante : Reuters.



par Apocoloquintose publié dans : polemique pure
Mercredi 14 novembre 2007
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Vous êtes fatigué à cause de cette journée sans transports en commun. Vous avez marché, vous avez rampé dans la terre boueuse et vous avez fait du vélo. En somme vous avez fait du sport Vous rêvez du service minimum, mais vous ne savez plus pour qui voter afin qu’il soit mis en œuvre… Mais ce soir à la télé on vous a expliqué avec pé-da-go-gie que la grève vous a amusé en réalité : vous avez fait des rencontres humaines intéressantes sur les quais bondés, vous avez loué votre premier Vélib’, votre entreprise vous a fait bénéficier d’un dispositif sympa ( organisation du co-voiturage, etc. ), on vous a appris que vous êtes solidaires des cheminots, qu’au fond vous les aimez…On vous a même fait le coup de Jean Gabin dans la Bête Humaine… et là, franchement, comment résister ?

Mais vous avez des doutes, vous êtes courbaturé, vous avez mal aux mollets, vous avez posé une RTT alors que vous n’aviez rien à faire chez vous en milieu de semaine et que votre femme a pu aller bosser. Aujourd’hui le cheminot vous a fait mal. Aujourd’hui le cheminot est votre bourreau…


On me fera remarquer que ce n’est pas très moral de se moquer de ses bourreaux. On raconte d’ailleurs que lorsque l’on tendit à Jean Moulin un bloc-note afin qu’il y inscrive les informations qu’attendaient les Allemands, il a dessiné la caricature de son bourreau. On connaît la suite…

Allez, un classique… "Le train pour Pau..."






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par Apocoloquintose publié dans : polemique pure
Mercredi 14 novembre 2007
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Le Figaro attire notre attention, en ce jour de grève, sur les pratiques d’intimidations et de menaces de certains syndicalistes envers les jeunes recrues dans les entreprises publiques. Voici quelques témoignages éloquents de machinistes RATP ou SNCF, opposés à la grève, qui ont été victimes d’attaques diverses.


Un conducteur de métro déclare : «En 1995 aussi, j’étais contre la grève. Mais des collègues ont crevé les pneus de ma voiture…». Une jeune machiniste RATP confirme : «On faisait pression sur moi pour que je ne travaille pas. C’étaient des menaces verbales, des intimidations d’autant plus dures que nous sommes peu de femmes dans cet univers très masculin, explique-t-elle. On me disait que je ne serais pas commissionnée ( embauchée définitivement ) si je ne faisais pas grève alors que, justement, je voulais travailler pour être intégrée !»


Un syndicaliste confirme également : «On a notamment vu des saccages de véhicules, des oppositions à la sortie des bus, ainsi que des menaces de s’en prendre aux biens personnels des non-grévistes, du type “on va te péter ta bagnole”»


Instructif…



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par Apocoloquintose publié dans : polemique pure
Samedi 10 novembre 2007

Par François-Xavier Ajavon

 

 

 

Une grève reconductible commence mardi soir dans les transports publics. Les universités françaises sont à nouveau bloquées par des étudiants minoritaires opposés à la « loi Pécresse ». Tout est en place, la grève peut commencer… Mais qu’est-ce donc que la grève ? Voici quelques notes sur la grève…

 

 

 

Dans l’ancienne France le mot « grève » avait du panache, il avait de la profondeur, il avait de la cuisse. Certains de nos plus grands poètes n’hésitaient pas à l’employer ouvertement, tel Victor Hugo dans une évocation échevelée de l’océan :  « Oh ! que de vieux parents qui n'avaient plus qu'un rêve / Sont morts en attendant tous les jours sur la grève / Ceux qui ne sont pas revenus ! », ou bien Paul Verlaine : « J'ai vu passer dans mon rêve / Tel l'ouragan sur la grève / D'une main tenant un glaive / Et de l'autre un sablier / Ce cavalier… ». A cette époque on n’hésitait pas à faire rimer grève avec rêve. La grève était une plage, un petit banc de sable… On y regardait volontiers les jolies baigneuses étendues, on s’y allongeait parfois pour s’enivrer de vin de palme en écoutant chanter le vent…

 

 

 

Mais la grève a changé, c’est certain. Mais qu’est-ce qu’une grève aujourd’hui ? J’avoue que je ne sais pas vraiment, ignorant que je suis. Dans le doute je vais me documenter à la médiathèque de Saint-Malo... Dans le compte-rendu sténographié du Congrès national de la SFIO de 1913 ( On dira que j’ai de bien étranges lectures… ), le « citoyen » Dewinne n’hésitait pas – déjà - à parler de la grève comme d’un acte de dignité et même de « virilité »…Diantre ! De la virilité ! Faut-il donc en manquer à ce point pour en voir jusque dans l’arrêt de travail… Dans un dictionnaire contemporain on découvre bien des facettes de la grève, qui semble être une activité très festive, très « sympa »… c’est un délassement aux mille visages : la grève, qui est donc une cessation de travail, peut être « générale », « surprise » ( sans préavis ), « sauvage » ( décidée directement de la base ), « tournante » ( affectant alternativement divers ateliers d’une usine ), « sur le tas » ( s’accompagnant de l’occupation des locaux ), « du zèle » ( visant au ralentissement de l’exécution d’un travail ), « perlée » ( interruptions régulières de la production ), etc.

 

 

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Voilà des définitions très liées au monde de l’industrie de transformation, au secteur « secondaire », aux usines, aux cheminées fumantes dans l’azur, aux machines-outils vibrantes et hennissantes de plaisir, façon « La ligne générale » d’Eisenstein… « Virilité » quoi ! Au-delà on pense au « Germinal » de Zola, à Etienne Lantier, à la révolte de mineurs… On pense aux barricades. Ca sent la sueur. Ca sent la pénibilité du travail, l’exploitation de l’homme par l’homme. On pense aux grandes grèves qui ont suivi mai 68. On pense aussi à Jean-Sol Partre sur son baril de pétrole à 100$, devant les usines Renault de Billancourt, en train de haranguer la foule ouvrière…  Il y a du romantisme, donc, dans la grève. De la référence historique et littéraire. Du « gras » culturel. De la matière… La médiathèque de Saint-Malo ferme ses portes. En sortant j’entends la mer gémir au loin. J’en sais un peu plus sur l’imaginaire révolutionnaire des grévistes, mais je ne parviens pas à saisir le rapport entre leurs revendications et le monde moderne, avec le confort social français, avec l’eau et le gaz à tous les étages dans les grandes villes hexagonales, avec le paiement des jours de grève, etc. Je rentre chez moi et j’interroge mes amis sur Facebook : qu’est-ce donc qu’une grève les gars ? Ils ne savent pas… ce sont de rustres travailleurs du privé pour la plupart. Un talon cassé du capitalisme ? Un grain de poussière qui bloque la machine ? Une sardine dans le port de Saint-Malo ? Un jeu sadique de petits enfants gâtés ? ( Vous voyez, une atmosphère à la Simenon, avec des fils de notables qui vont harceler le petit peuple, représenté par des gens aussi dégueulasses qu’eux… ) Cela ne m’avance pas beaucoup. Mais tout est en place. La grève peut commencer…

 

 

 

Je compulse un peu la presse pour en savoir plus. Xavier Bertrand, Ministre du travail et des relations sociales, n’hésite pas à déclarer dans le Figaro à propos de la semaine mouvementée à venir : « Chacun des usagers doit se préparer à une grève qui peut durer ». L’exécutif tremble…les préavis de grève qui ont été déposés à la SNCF, à la RATP à EDF et à GDF sont reconductibles. Autant dire que la France s’achemine vers un engluement sérieux…  La « grogne syndicale » ( un simple « hoquet rectal » me souffle une amie malintentionnée, mais j’en doute ) porte sur la question de la réforme des « régimes spéciaux », ( alignement des régimes spéciaux sur celui des fonctionnaires ), mais tend – en réalité - à un objectif politique nettement plus défini : la lutte contre Nicolas Sarkozy et contre l’action du gouvernement Fillon. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT et sémillant ex-leader chevelu des grandes manifs de 1995 ( Ouch… douze ans dans les dents, au passage, et pas un cheveux blanc ! ), espère bien transformer la « grogne » de ces derniers jours en glorieuse révolution prolétarienne… et il compte bien passer à la télé une vingtaine de fois par jour pour répéter que le temps du « mépris » est révolu, que les types qui portent des Ray-Ban Aviator, même par ciel nuageux, ne peuvent pas régner sur la France – surtout si ils viennent de se faire augmenter, de se faire plaquer par une femme superficielle et que leur nom se termine par un « i » grec ! L’opposition socialiste espère que la France se retournera soudainement contre le président qu’elle a élu et contre le système alternatif qu’elle a démocratiquement appelé de ses vœux ( communication, réformes égalitaires, liquidation des miasmes intellectuels de « mai 68 », réalisme économique, etc. ). Bruno Julliard, prometteur patron d’une UNEF qui fête cette année ses 100 ans dans l’indifférence générale, est dans les starting-block : et si les étudiants minoritaires, qui bloquent actuellement une vingtaine d’universités françaises, se ralliaient au mouvement général ? De son côté la ravissante secrétaire d’état à l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, appelle les étudiants opposés aux blocages à se manifester… On rêve d’un tête à tête romantique - au Fouquet’s ou chez Lipp - entre Bruno Julliard et Valérie Pécresse, devant un vieux Dom Pérignon et des toasts au saumon. Tout est en place. La grève peut commencer…

 

 

 

La grève s’assimile donc à de l’agitation sociale ? Bien. La grève est l’apanage de ceux qui ne travaillent pas encore et des employés du secteur public… Bien. La grève est donc une pratique récréative de nature socialement déterminée, segmentée, particulière. Bien. C’est encore le coup du village gaulois rigolo, aux guerriers un peu crados, minoritaires, bornés, irrésistiblement burlesques… les résistants à une Rome rationnelle et moderniste. Mais René Goscinny n’est plus là pour écrire les blagues. Il est en grève. Il est mort le mec ! C’est un peu « Asterix » mais sans la rythmique implacable des gags. Ca doit être tristounet un local syndical du métro parisien, un jour de grève… même si les types ont de la moustache et des glaives d’apparat. Surtout à quelques mois des élections municipales. Pas certain que ça ressemble à un village gaulois de fantaisie, avec son marchand de poissons pourris, son barde, son chef enveloppé, son livreur de mégalithes, etc. On voit bien les murs recouverts de carrelage froid. Il fait froid d’ailleurs. On imagine bien les posters sur les murs… un portrait de Che Guevara, de la réclame pour la prochaine Fête de l’Huma, une photo dédicacée de Georges Seguy, à côté d’une autre de Manu Chao, etc. On imagine bien les machinistes, en habits décontractés, mais griffés ( cf. la grille de salaires de la RATP… un conducteur de métro gagne davantage qu’un gendarme… j’ai jamais compris ça moi… ), en train de voter à mains levées la poursuite de la grève, contre la pénibilité de leur travail, contre la pression patronale, contre le pouvoir de la finance, contre les courants d’air, contre le cancer du poumon, contre celui de la prostate, contre les mecs qui se jettent bourrés sur les voies pour en finir avec la vie et les grèves, contre la mort, contre les mecs qui se garent en double file, contre les Velib’ qui sont le cauchemar quotidien des chauffeurs de bus, contre la ligne automatisée « 14 », qui rend ses usagers heureux...  C’est triste et beau. Tout est en place. La grève peut commencer…

 

 

 

Ecrivant aux 160.000 cheminots dont elle est la muse parfumée, Anne-Marie Idrac, patronne de la SNCF, craint dans cette nouvelle grève un « divorce ( des cheminots ) avec les français »… Les « français » ? Lesquels ? Certainement ceux qui n’ont pas la possibilité pratique de faire grève, ceux qui travaillent dans le secteur privé, ceux qui se lèvent tôt, ceux qui se couchent tôt, ceux qui n’ont pas la culture de la lutte sociale…  Bien entendu, dans les jours à venir, on verra à la télévision des reportages très favorables à la grève, avec des micro-trottoirs bidouillés ne faisant intervenir que des gens « cool », et même « beaux », qui sont « solidaires » des grévistes. Essentiellement de jolies étudiantes, idéalement souriantes, plutôt blondes et attirantes, qui diront : « Ouais j’attends mon train depuis trois heures, mais c’est pas grave… je suis solidaire avec les grévistes… il faut lutter contre Sarkozy qui reconduit à la frontière de l’ADN et des intermittents sans papier d’Arménie. En plus avec son salaire payé en dollar par Bush, il se prend des vacances au Tchad… C’est un scandale ! Grève générale ! Et demain j’enlève le bas ! ». Les types agacés par la grève passeront pour des crétins. Des barbons moliéresques. Ce seront essentiellement des hommes, des quadras et des quinquas un peu brutaux, en costume-cravate, à lunettes, exprimant leur indignement dans un langage distingué mais ferme, les caractérisant comme psychorigide notoires. Tout est en place. La grève peut commencer…

 

 

 

Mais les pays ont vraiment les grèves et les grévistes qu’ils méritent.

 

 

 

Pendant ce temps là, de l’autre côté de l’océan Atlantique… alors que les petits frenchies s’amusent avec des grèves de machinistes ferroviaires, de fonctionnaires gaziers, et d’étudiants ( la notion de « grève » d’un usager d’un service public d’éducation m’a toujours laissé pantois ), d’autres pays plus importants sont confrontés à des grèves autrement plus sérieuses…   Les Etats-Unis vivent en ce moment une crise sans précédent : les scénaristes hollywoodiens, membres du syndicat de la Writers Guild of America ( la Guilde des auteurs d'Amérique ) sont en grève depuis plusieurs semaines : ils demandent une meilleure rétribution sur la vente des DVD ( 8 cents l'unité au lieu de 4 actuellement ) par les studios – cinéma et télévision – pour lesquels ils travaillent. Les chaînes de télévision ont des épisodes de série en avance, mais seulement de quoi tenir jusqu'en décembre, peut-être même janvier. Mais après ? « Desperate Housewives », « CSI », « Heroes » ou « Grey's Anatomy » devront peut-être s'effacer du petit écran. Pas de scénario, pas d'histoire. Pas d'histoire, pas de tournage possible. Pas de série TV, pas de temps disponible pour Coca-Cola… Au même moment les machinistes des théâtres de Broadway se sont également mis en grève…  « En raison d'un mouvement de grève du syndicat des machinistes, il n'y aura aucun spectacle aujourd'hui samedi dans de nombreuse salles et théâtres de Broadway », a indiqué Charlotte St. Martin, directrice-générale du groupement professionnel « League of American Theatres and Producers », dans un communiqué. Tout est en place. La grève peut commencer…

 

 

 

C’est là que l’on s’interroge… qu’est-ce qui touchera le plus les français ? La paralysie durable des transports en commun, ou l’arrêt de la diffusion de certaines de leurs séries télévisées favorites ? Alors « virile » la grève ? En sortant de cette déambulation sur la capacité des français à s’auto-mutiler et à se nuire mutuellement, je repense – étendu sur la grève - à ces vers du grand Gérard Manset…

 

Marchand de rêves,
Va t'en plus loin, toujours
Avec ta barque sur la grève.
Marchand de rêves
Laisse tomber au fond du sac
Les têtes coupées
Qui chantent encore.
Y'a plus personne debout
Dans les rues d'Angkor.

 

 

 

 

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par Apocoloquintose publié dans : polemique pure
Lundi 10 septembre 2007

Figure flamboyante des années 70, le juge François Renaud, dit « Le shériff », ancien résistant et formé dans la « Coloniale » au métier de magistrat ( magistrat dans la coloniale c’est : apprendre à être flic+juge+gardien de prison+aventurier… ) était respecté des milieux policiers et foncièrement détesté par toute la pègre lyonnaise… c’est certainement pour cette raison qu’il fut exécuté froidement.

Avec sa gueule de séducteur, à mi-chemin entre Romain Gary et Carry Grant, le juge Renaud n’avait pas peur de brutaliser les gangsters de sa juridiction de « shériff »… c’était un authentique provocateur, ennemi du juridiquement-correct qui règne de nos jours ( « Les pauvres petits anges ne sont pas vraiment responsables de leurs violences, c’est la société inégalitaire, injuste et violente qui les a poussé à faire ceci et cela, etc. et blablabla » ) … Le juge Renaud, lui, n’avait pas peur de prendre des décisions efficaces et rudes, telles que le mandat de dépôt à la barre ou encore la pression psychologique à l’encontre des familles de mis en examen… ( gardes à vue, incarcérations, etc. ) pas le genre de mec à prendre sa carte au Syndicat de la Magistrature, quoi… 


 

 

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Le juge François Renaud


 

Jeudi 3 juillet 1975, 2 h 45. Après avoir passé la soirée chez des amis, François Renaud, premier juge d'instruction au tribunal de Lyon, a regagné à bord de sa BMW son domicile de la montée de l'Observance, sur les pentes de Fourvière. Il fait très doux et, après avoir garé sa voiture, le juge et l'amie qui l'accompagne cheminent jusqu'à la tour La Vigie, où il habite. Lorsque la vitre du conducteur d'une Audi 80 en stationnement s'abaisse et qu'apparaissent les silhouettes de trois hommes, François Renaud réalise brusquement le danger. Il s'enfuit avec son amie, un coup de feu claque, le juge est atteint dans le dos. Il parvient à se traîner derrière une VW coccinelle et s'y recroqueville avec sa compagne. Un homme masqué s'approche, et tire deux balles dans la nuque du blessé.

 

 

 

Pour la première fois en France, un juge en exercice vient d'être assassiné. Le crime est le point d'orgue d'une décennie furieuse. Enlèvements, règlements de comptes, braquages... Lyon est alors surnommée " Chicago-sur-Rhône ".

 


 

La série documentaire « Faites entrer l’accusé » de France 2, présentée par Christophe Hondelatte, a consacré au personnage, et aux très troubles circonstances de son assassinat, un numéro assez intéressant. Le voici.




 

 




Voici la seconde partie.



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par Apocoloquintose publié dans : polemique pure

F-X AJAVON

Jusqu'à preuve du contraire, je suis François-Xavier Ajavon, né en 1977.

Au-delà du blog, lisez mes publications dans les domaines de la philosophie et de la littérature.


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